Chance the Rapper: faire du bruit pour aller au paradis

Chance the Rapper... (PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE)

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Chance the Rapper

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À Montréal, ressent-on le méga buzz états-unien à l'endroit de Chance the Rapper, sacré « nouvel artiste de l'année » au dernier gala des Grammy, avec en prime une paire de rutilantes statuettes pour l' « album rap de l'année » et la « performance rap de l'année »?

Jeudi soir en tout cas, il fallait être au Centre Bell pour prendre la pleine mesure de ce tonitruant Be Encouraged Tour, mis en oeuvre par le nouvellement célèbre MC de 24 ans, débarqué sur scène de 21 h 37 à 23 h 01. Et constater l'ascendant qu'il exerce sur ses fans nouvellement conquis, malgré le caractère  échevelé, touffu, inachevé de ce spectacle ambitieux à n'en point douter.

Quoi qu'il en fût, on aura saisi que le personnage de Chancelor Bennett (de son vrai nom)  laissait mijoter en lui une potion inaccoutumée de spiritualité fervente, de testostérone active, de forte inclination au party enfumé et plus encore.

Comme prévu, il était fringué T-shirt, jeans et basquets, la tronche coiffée d'une calotte affichant le numéro 3 - ce qui, selon ses dires (dans le magazine GQ), désigne son excellent mixtape Coloring Book, troisième projet d'importance qui lui a valu trois trophées Grammy. Et, comme prévu, il avait le feu au derrière.

Entre les (trop nombreuses) pétarades d'usage, nous avons goûté à sa médecine, furieux croisement de hip hop, de soul/R&B, de gospel et même de jazz. Choeur, batterie, trompette, claviers, projections audiovisuelles étaient à son service, sidemen et vidéastes compétents comme il se doit.

Aurez-vous deviné que Chance the Rapper a mis son public dans sa casquette, et ce malgré des exécutions approximatives,  son chant approximatif, ces moult excès paroxystiques (détonations et cris franchement superflus) et cette sonorisation plus que discutable.

Ainsi donc, vous aviez devant nous un mec surexcité, aussi brouillon que brillant (oui oui, il a beaucoup de talent),  et qui vous recommandait de « faire du bruit si vous désirez aller au paradis ». Manifestement, la réputation et les moyens de ce MC from Chicago ont connu une croissance extrêmement rapide,  plus rapide que sa capacité à maîtriser une machine de cette taille. Au paradis des effets spéciaux, pas grand-monde ne s'en plaint, remarquez...

Au cours de la longue, trop longue séance de réchauffement de ce spectacle, gracieuseté de DJ Oreo et du MC King Louie, on a observé une quantité non négligeable de sièges vides... qui se sont remplis à la dernière minute. Était-ce le signe que cette nouvelle superstar du hip hop avait encore à faire afin que son art explose dans le marché montréalais ?

Normalement, un des principaux gagnants des Grammy ne devrait-il pas remplir un aréna plusieurs semaines avant son arrivée? Chose certaine, cette propulsion éclair a permis à 8600 amateurs conquis, adolescents et très jeunes adultes en majorité absolue, de se procurer des billets sans se bousculer et investir le Centre Bell.

Pour les amateurs de titres, on aura eu droit à un menu essentiellement constitué du mixtape Coloring Book (les deux versions de Blessings, Angels, Smoke Break, D.R.A.M, Sings Special (avec une belle contribution des choristes), All We Got, No Problem, All Night, Juke Jam, Same Drugs,etc.

Chancelor Bennett aura aussi pigé dans son mixtape Acid Rap pour balancer Lost, Cocoa Butter Kisses, Chain Smoker.

On aura également pu se farcir des reprises de Kanye West (condensé de Waves, Father Stretch My Hands, Ultralight Bean), de DJ Khaled (I'm the One) ou du groupe Donnie Trumpet and the Social Experiment auquel il a participé (Sunday Candy).

Hormis la déferlante audiovisuelle au programme, une longue passerelle fut déployée au centre de l'amphithéâtre au moment où le MC interprétait Same Drugs, avant de redescendre sur scène et entonner Blessings dans une pluie de confettis ... pour finalement s'éclipser.




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