Francis Cabrel: l'art du travail bien fait

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La communion qui régnait lors du premier de trois concerts de Francis Cabrel au Grand Théâtre de Québec, jeudi dernier, ne laissait aucune place au doute: les années passent, mais la complicité qui unit Francis Cabrel à son public québécois, elle, est plus forte que jamais.

«Ça faisait longtemps. Trop longtemps, et c'est ma faute», s'est excusé Cabrel en début de soirée.

Vrai que les fans s'étaient ennuyés: Cabrel a non seulement rempli la salle Louis-Fréchette trois soirs de suite, mais il y reviendra en septembre dans le cadre d'une tournée qui passe par la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, à Montréal, les 8 et 9 mai et le 6 octobre.

Il faut dire que le chanteur français sait entretenir la flamme à renfort de musique et de travail bien fait. Il est débarqué avec un généreux programme de deux heures réunissant 23 chansons.

L'homme de 62 ans s'est échauffé sur La voix du crooner, l'une des pièces de son récent album, In extremis.

Peu à peu, on a pu apprécier l'apport de ses complices, qu'il s'agisse de Freddy Koella (guitare, violon), Denis Benarrosh (batterie), Nicolas Fiszman (basse, contrebasse, guitare) ou Alexandre Léauthaud (claviers, accordéon).

Mais pour cette tournée, Cabrel ne voulait pas se limiter à un quintette. Notre homme a en effet recruté un choeur féminin, composé de Muriel Lefebvre, Himiko Paganotti et Amanda Malela Mbuyi. Les femmes ont fait leur entrée sur Mandela et l'on a pu constater combien elles venaient apporter de nouvelles couleurs, chaleureuses, à l'univers de Cabrel.

Exécution impeccable

Quand on écrit que le chanteur aime le travail bien fait, c'est sur tous les plans. L'écriture et la composition, en premier lieu, l'exécution ensuite, qui était impeccable, mais également la structure même de son spectacle. Il a su exactement quand livrer ses gros canons. Mieux: il a varié les plaisirs.

Ainsi, dans le premier tiers, on a eu une C'est écrit avec des accents latins, voire reggae, suivie d'Encore et encore, simplement appuyée par la contrebasse et le choeur, après quoi L'encre de tes yeux, où les trois femmes se sont jointes au leader, armé de sa seule six-cordes pour une livraison fort sensible.

La soirée s'est déroulée ainsi, parsemée de quelques interventions où Cabrel cabotinait légèrement, et, surtout, d'interprétations où l'on se plaisait à varier les configurations - ce qui faisait que le choeur pouvait partir ou que des titres se faisaient aux piano-guitare-accordéon, par exemple.

Au nombre des bons coups, African Tour, qui demeure tristement d'actualité, la nuancée Hors saison ou La corrida, qui avait des airs funky. À travers le lot, les incontournables Petite Marie ou encore Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai n'ont pas manqué de soulever la foule et de la faire chanter.

Cabrel avait deux rappels en poche et il s'en est servi. «Je n'allais quand même pas partir sans faire Rosie», a-t-il lancé, avant de conclure avec sa reprise de Desjardins, Quand j'aime une fois, j'aime pour toujours, qui résume à elle seule l'union complice entre le chanteur d'Astaffort et ses fans.

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À l'Étoile de Brossard le 4 mai et le 28 septembre; à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts les 8 et 9 mai et le 6 octobre.

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