Jean-Pierre Ferland: plein de tendresse

Jean-Pierre Ferland fêtait ses 80 ans en grand,... (Photo: Olivier Jean, La Presse)

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Jean-Pierre Ferland fêtait ses 80 ans en grand, hier soir, avec l'Orchestre symphonique de Montréal.

Photo: Olivier Jean, La Presse

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Caroline Rodgers

collaboration spéciale

La Presse

Tendresse et joie. C'est ce que l'on retient du concert de Jean-Pierre Ferland, qui fêtait ses 80 ans en grand, hier soir, avec l'Orchestre symphonique de Montréal et Florence K, sous la direction de Simon Leclerc, à la Maison symphonique. Un vrai concert cadeau, en toute simplicité.

Arrivant doucement sur scène vêtue d'une robe noire, Florence K avait misé, avec classe et modestie, sur la sobriété. Elle a interprété quatre chansons, dont deux en s'accompagnant au piano, sans forcer sa voix ni tenter d'épater la galerie, donnant le ton d'une soirée sans artifices, belle et de bon goût.

Élégant dans son complet gris, Jean-Pierre Ferland a soulevé des applaudissements nourris par sa seule entrée sur scène, et nous a donné douze chansons d'une voix solide. En plus de l'orchestre, il était entouré de deux choristes (Lynn Jodoin et Julie Anne Saumur) et d'Alain Leblanc, guitariste et pianiste. Des chansons douces comme Maman ton fils passe un mauvais moment, des chansons extravagantes comme Sing Sing, et des chansons «100 % chair de poule garantie» comme Un peu plus haut, un peu plus loin, avec Lynn Jodoin, une voix profonde et riche. À la fin d'Une chance qu'on s'a, on sentait que le chanteur était ému. Et le public aussi. 

Entre lui et les spectateurs, on pouvait deviner un respect véritable et cette forme de tendre affection qui ne peut naître que d'une très longue fréquentation.

Ferland, c'est l'amour de la langue et le plaisir des mots. Mais c'est aussi le génie des infimes détails dans la façon de les chanter. Le mordant au détour d'une phrase, l'étirement d'une syllabe, l'accent inattendu sur une autre, la pause, la respiration, le soupir, et aussi tout ce qui n'est pas musical; ces froncements de sourcils, ces arabesques magiques de la main droite, ces sourires contagieux, ces étincelles de malice un peu partout et ces bras levés comme pour soulever la salle entière. Bref, tout ce qui donne son sens aux termes «personnalité» et «interprétation».

Autour de ce matériau humain et musical, le chef Simon Leclerc a démontré une véritable intelligence du texte dans des orchestrations enveloppantes soulignant les contours des chansons et les moments d'émotion avec sensibilité, prenant de l'ampleur et de l'intensité exactement où il le fallait, nous procurant ici et là des frissons. Nombre d'idées savoureuses, comme une finale à la Gershwin pour Le petit roi ou des couleurs impressionnistes ailleurs, auraient mérité une deuxième écoute pour que l'on puisse en saisir toutes les subtilités.

La soirée s'est terminée en douceur par La musique, en duo avec Florence K. Malgré de longs applaudissements, il n'y a pas eu de rappel. On est repartis sereins, avec l'impression d'avoir été nourris.

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Jusqu'à demain à la Maison symphonique.

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