Cabaret du Casino: Tony Bennett n'a fait que passer...

Chantant d'une voix chevrotante, le crooner américain n'était... (PHOTO OLIVIER JEAN LA PRESSE)

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Chantant d'une voix chevrotante, le crooner américain n'était pas au sommet de sa forme.

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Daniel Lemay
La Presse

Après cinq longues années de rénovations, le Cabaret du Casino de Montréal se faisait une fête, hier, de rouvrir ses portes en présentant le vénérable Tony Bennett, «légende vivante de la musique».

La voix chevrotante, incapable de soutenir les finales, le grand crooner américain a interprété sept chansons puis, après San Francisco, il a invoqué une laryngite avant de quitter la scène où il avait passé moins de 35 minutes.

Juste avant, l'artiste de 89 ans, un invité régulier du Festival de jazz de Montréal, avait exprimé son plaisir de retourner dans la ville où il avait fait ses débuts: «C'était en 1950, ici même à Toronto...»

L'expression «semer la consternation» a transcendé le cliché hier.

Aux premières notes, il était clair que M. Bennett n'était pas au sommet de sa forme et, malgré l'ovation de bienvenue et les applaudissements subséquents, on sentait un malaise palpable chez certains des 600 invités qui emplissaient le «nouveau» Cabaret.

Antonia Bennett avait ouvert le spectacle, accompagnée de l'orchestre paternel, un quatuor de belle tenue : piano (qu'on avait oublié de polir), guitare, batterie, contrebasse. Voix nasillarde, marchant coude à coude avec la fausse note, Mme Bennett ne rejoindra pas son célèbre père dans les pages d'or du Great American Songbook. Sympa néanmoins. «Je voyage à travers le monde avec mon père. It's a nice job ! Surtout que, chaque soir, sans s'en rendre compte, il m'apprend des choses...» Et la chanteuse de dédier à son daddy la chanson Lucky Guy, de Billie Holiday.

Avant le spectacle, entre deux photos avec ses fans - quelle gentillesse! -, le chanteur Michel Louvain avait expliqué à La Presse combien il était heureux d'être au Cabaret: «Tony Bennett a toujours été mon idole, mais je ne l'ai jamais vu chanter!»  M. Louvain, 78 ans, a souligné par ailleurs qu'il avait donné le premier spectacle du Cabaret du Casino, à l'automne de 1997.

AU PROGRAMME

Alain Dumas, lui, se produira au Cabaret au début d'octobre avec son spectacle 100 ans de Sinatra. «Ça va très bien. Les gens sont surpris parce qu'ils ne m'attendaient pas là du tout! Mais le fait est que je ne me suis jamais si bien senti sur une scène...» Et Tony Bennett? «Il est le dernier survivant de la grande époque des Frank Sinatra...»

La grande fête du Cabaret du Casino - une belle salle, mais difficile d'accès par les temps qui courent (pas vite) - aura peut-être lieu ce soir, alors qu'André-Philippe Gagnon, l'homme aux 1000 visages, continuera la programmation spéciale de réouverture. Demain, le chanteur Gino Vanelli, un crooner d'un autre type, pourra à son tour mettre à profit le système psychoacoustique 3D du Cabaret, les 800 000 watts d'éclairage et les 44 coupoles suspendues de projection multimédia.

Le Cabaret lance sa programmation régulière mercredi prochain avec Cabaret burlesque, «néo-burlesque», en fait, expliquait un producteur cette semaine,  «un mélange de Madonna, de Michael Bublé et de Ray Charles».

Hier, au Casino, la tristesse se mêlait à la déception devant ce qui sera peut-être le dernier concert de Tony Bennett à Montréal. Mélange auquel s'ajoutait probablement la surprise, chez les gens de Loto-Québec, qui avaient appris dans la journée la nouvelle de la retraite de Gérard Bibeau, le PDG de la société, qui quittera son poste en mars, six mois avant la fin de son mandat.

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