Virée classique: Pierre Lapointe, d'un naturel saisissant

Pierre Lapointe se produisait samedi avec l'organiste Jean-Willy Kunz à... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE)

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Pierre Lapointe se produisait samedi avec l'organiste Jean-Willy Kunz à la Maison symphonique, à l'occasion de la troisième Virée classique.

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

Caroline Rodgers
La Presse

On ne l'aurait pas imaginé, mais la première impression qu'a laissée l'alliance inusitée de Pierre Lapointe avec l'organiste Jean-Willy Kunz, samedi soir à la Maison symphonique, est qu'on a assisté à la chose la plus naturelle du monde. Comme si les orgues à tuyaux et les chanteurs populaires jouaient ensemble depuis la nuit des temps.

Le concert, qui faisait à peine 45 minutes, se déroulait dans le cadre de la troisième Virée classique, qui a attiré un monde fou à la Place des Arts pendant toute la journée. Pour l'occasion, la Maison symphonique était bondée.

L'organiste en résidence du Grand Orgue Pierre-Béique de l'OSM s'est avancé le premier sur scène, prenant place à la console mobile de l'instrument pour étonner l'auditoire en entamant ce qui est sans doute le morceau d'orgue le plus connu de la galaxie: la Toccata et fugue en ré mineur de Jean-Sébastien Bach.

Il allait l'interrompre après quelques minutes pour laisser toute la place à la vedette de la soirée: Pierre Lapointe, vêtu d'un long manteau brun, qui a poursuivi avec La date, l'heure, le moment. Une chanson poignante dont l'atmosphère tragique s'insérait parfaitement dans l'ambiance créée à l'orgue par l'oeuvre de Bach. Alors que le chanteur terminait sur les paroles « pour trahir son mari et tuer ses enfants », Jean-Willy Kunz a repris une partie du Bach pour conclure le tout de façon dramatique.

Semblant aussi à l'aise à la Maison symphonique que s'il était dans son salon, Pierre Lapointe a enchaîné avec Place des Abbesses, Monsieur, Nous restions là et Le columbarium. Il s'est ensuite attaqué à un monument de la chanson, La complainte de Mackie, version française de Die Moritat von Mackie Messer, que l'on connaît mieux dans sa version anglaise, Mack the Knife, et qui est tirée de L'opéra de quat'sous de Kurt Weill et Bertolt Brecht.

Son interprétation sage et polie nous donne envie de lui dire qu'il pourrait se permettre de lui donner une tournure plus canaille, mais il reste tout de même convaincant et agréable à entendre et, surtout, très charismatique.

Les arrangements de Kunz sont bien dosés: ni trop chargés ni trop simples, et très variés.

À la fin de ce trop court concert, on aurait eu envie qu'ils continuent longtemps. C'est la révélation du jour: l'orgue est un habillement sonore génial pour la chanson populaire, au point qu'on se prend à espérer que ce duo Kunz-Lapointe lancera une nouvelle tendance. En choisissant soigneusement des artistes dont les oeuvres sont bien écrites et comportent un côté théâtral, une série de concerts « chanson et orgue » pourrait bien faire un malheur!




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