Ranallo-Bozzini : un programme aride

Le Conservatoire de musique.... (Photo: André Tremblay, archives La Presse)

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Le Conservatoire de musique.

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Claude Gingras

Fin de saison très inhabituelle à la Société d'art vocal de Montréal. Le contemporain occupait tout le programme, un quatuor à cordes y prenait autant de place que le chanteur invité et se voyait même confier une oeuvre de 26 minutes. En plus d'être contemporaines, c'est-à-dire non immédiatement accessibles, les deux oeuvres les plus longues étaient de caractère sombre et même très sombre...Résultat : il n'est venu que 75 personnes.

La Société d'art vocal ne doit pas regretter son geste pour autant. Il faut renouveler les programmes, prendre des risques, présenter des oeuvres inconnues. Ainsi, pour le Notturno du Suisse Othmar Schoeck, il s'agissait très certainement d'une première locale. C'était le choix du jeune baryton Vincent Ranallo, qui avait d'ailleurs pris la peine de traduire le texte allemand en français pour faciliter l'audition.

Presque entièrement de Nikolaus Lenau, ce texte. C'est-à-dire qu'il est mélancolique et pessimiste, le fait d'un être solitaire et misanthrope. Il est chanté, en fait presque dit, par une voix grave souvent proche du murmure, et le quatuor à cordes, tout autour, lui fait écho sur le même ton et joue seul de longues séquences entre les cinq mouvements.

M. Ranallo avait manifestement mis beaucoup de lui-même dans cette prestation et le Bozzini s'est montré à la hauteur de l'exercice. Mais l'oeuvre de près de 40 minutes demeure extrêmement aride. Ranallo et les Bozzini y retourneront, la travailleront encore dans le détail, et pourront même en tirer un enregistrement, la discographie du Notturno étant, pour l'instant, très mince.

Pour le centenaire de la naissance de Britten, le Bozzini avait programmé son troisième Quatuor, daté de 1975 et considéré comme un adieu. Britten mourut en effet un an plus tard.

Comme le Schoeck, l'oeuvre est en cinq mouvements (que le programme remis à la porte n'indiquait malheureusement pas). Le Bozzini en offrit une bonne lecture, un peu lente à convaincre cependant. En fait, l'impression la plus forte vint de l'imperturbable violoncelle scandant le rythme de la Passacaille finale.

Chanteur et quatuor ouvrirent le concert avec une «création mondiale» (pour citer le programme) : Pater noster de Pétar-Krésimir Klanac, compositeur montréalais d'origine croate et élève de Gilles Tremblay (présent au concert).

Sauf pour quelques petits sauts aigus des violons et quelques notes du chanteur en voix de tête, ces huit minutes sont mesquinement figées dans une intervalle de quelques notes et dans l'esprit du minimaliste Arvo Pärt.

VINCENT RANALLO, baryton, et QUATUOR À CORDES BOZZINI : Clemens Merkel et Mira Benjamin (violons), Stéphanie Bozzini (alto) et Isabelle Bozzini (violoncelle).

Dimanche après-midi, Conservatoire de musique.

Présentation : Société d'art vocal de Montréal.

Programme : Pater noster, pour voix et quatuor à cordes (2013) (création) - Klanac Quatuor à cordes no 3, op. 94 (1975) - Britten Notturno, pour voix et quatuor à cordes, op. 47 (1933) - Schoeck

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