Décès de Patrick Bourgeois: le deuil d'un groupe

Patrick Bourgeois, le chanteur des BB, a été... (Photo Edouard Plante-Fréchette, Archives La Presse)

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Patrick Bourgeois, le chanteur des BB, a été emporté dimanche par un cancer, après des mois de combat.

Photo Edouard Plante-Fréchette, Archives La Presse

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L'émotion était encore vive hier, au lendemain de l'annonce de la mort de Patrick Bourgeois, qui a marqué toute une génération avec les chansons des BB. Nous avons parlé avec Alain Lapointe et François Jean, en deuil du pilier de leur trio.

«C'est sûr qu'on s'y attendait, mais on ne pensait pas que ce serait aussi rapide», confie Alain Lapointe, claviériste des BB, encore sous le choc de la nouvelle. «Il avait plein de projets en tête, il n'avait pas abdiqué», précise le musicien qui a appris la nouvelle alors qu'il était au salon funéraire, parce qu'il venait de perdre sa belle-mère.

«Je n'arrive pas à prendre du recul. Je pense que c'est avec le temps que je vais le réaliser. On a tellement d'histoires entre nous, c'est une vie d'amitié. On pourrait écrire deux livres sur ce que nous avons vécu», ajoute-t-il.

«Je suis foudroyé et chaviré, admet pour sa part François Jean, qui était le batteur des BB. J'ai appelé Alain tout de suite et on a jasé très longtemps. On a déroulé ensemble le fil de tous les grands événements vécus. Je revoyais les moments heureux.»

François Jean n'élude pas la question des différends financiers qu'il a eus avec Patrick Bourgeois en 2015. «Les dernières années, on ne s'était pas vus. J'en ai fait une dépression, c'était une peine d'amour qui a pratiquement duré un an et demi. Comme toujours, on s'est chicanés très fort. Habituellement, une semaine après, c'était pardonné, mais là, le légal était là-dedans. Ça n'effacera jamais ces moments heureux; l'argent ne peut pas venir à bout de ce que nous avons vécu et partagé.»

La locomotive des BB

Pour François Jean, Patrick Bourgeois a été celui par qui le rêve est arrivé. «Nous, les Beatlemaniaques, avons souvent fait des comparatifs quand, dans les premières rangées de nos shows, on voyait les filles qui pleuraient et tombaient dans les pommes.»

«On sentait que ça allait marcher, mais jamais comme ça. C'est devenu un phénomène de masse. J'ai réalisé mon rêve avec lui.»

Pour Alain Lapointe, ce succès était un privilège. «On battait des records de foule, tout le monde connaissait toutes nos tounes par coeur», dit-il en se souvenant en particulier des prix récoltés par les BB à l'ADISQ, d'avoir fait la première partie de Patrick Bruel à Paris à l'époque et d'avoir sillonné la France.

Les BB avec Michel Rivard (au centre), qui... (Photo Robert Nadon, archives La Presse) - image 2.0

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Les BB avec Michel Rivard (au centre), qui animait le Gala de l'ADISQ en 1990. De gauche à droite, Alain Lapointe, Patrick Bourgeois et François Jean.

Photo Robert Nadon, archives La Presse

Les deux membres orphelins des BB reconnaissent avec chaleur le talent de leur ami. «Patrick, c'était un surdoué, estime François Jean. J'ai plein de gratitude pour la locomotive qu'il a été pour ce groupe, pour son don à fabriquer des mélodies accrocheuses. Tu peux être un super bon musicien, mais pas un bon mélodiste. C'est inné. J'ai pu bénéficier de ce don qu'il avait et je ne le remercierai jamais assez.»

«Il était mon lien avec la musique»

«Sa mort met un terme à ma carrière, croit Alain Lapointe. Il était mon lien avec la musique; ma seule activité musicale était de travailler avec Patrick. C'était un personnage unique, un gars bourré de talent, il maîtrisait tout et devenait bon très rapidement. Patrick avait le don de mettre les bonnes notes à la bonne place avec les paroles. C'était efficace.»

Ce qui leur manquera aussi, c'est le sens de l'humour de Patrick Bourgeois, sur lequel tout le monde s'entend. «C'est la personne la plus drôle que j'ai rencontrée de ma vie, confirme François Jean. Il était d'une grande spontanéité, vif d'esprit, il avait toujours le mot pour rire. C'est un gros morceau de ma vie que je perds.»

«Son sens de l'humour était complètement fou, on riait tout le temps, conclut Alain Lapointe. On pouvait avoir des différends, mais comme deux frères. Je n'en reviens pas qu'il soit parti. J'avais un petit espoir au fond de moi qu'il surmonte la maladie. Je ne réalise pas.»




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