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Clandestin de Boom Desjardins: cette fois-là au chalet

« On a passé 10 jours dans un chalet,... (PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE)

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« On a passé 10 jours dans un chalet, c'était sans prétention et même pas dans l'idée de faire un album. Je l'ai fait clandestinement et sans influence », explique Boom Desjardins, pour justifier le titre de son nouvel album, Clandestin.

PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE

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Hugo Meunier
Hugo Meunier
La Presse

Un « trip de boys ». C'est de cette façon que le chanteur Boom Desjardins résume la création de son nouvel album Clandestin - son cinquième en solo et premier en cinq ans -, en vente depuis vendredi.

En fait, le terme « solo » colle très peu à l'ancien membre de La Chicane, qui a toujours su s'entourer. « Même si je m'appelle maintenant Boom Desjardins, j'ai toujours été un band », résume le principal intéressé, rencontré mardi au studio d'enregistrement Planet, avenue Papineau.

Il était d'ailleurs accompagné de ses vieux comparses et artisans du dernier album, le bassiste Éric Maheu (Kaïn, La Chicane, Noir Silence), le guitariste Étienne Joly (David Jalbert) et le batteur Yanick Boivin (Yelo Molo). « Boom est très loyal avec ses chums », louange ce dernier, qui suit l'interprète de J'reviens chez nous comme une ombre depuis des années. Devant la lentille de notre photographe, Boom Desjardins ne cachait d'ailleurs pas son malaise à l'idée d'être immortalisé seul.

Son équipe de promotion avait organisé une séance d'écoute de l'album en présence des musiciens et d'une poignée de journalistes, dans la salle de mixage feutrée aux sofas confortables, où de la bière, des chips et des crudités étaient servis.

Des extraits des 12 pièces du nouvel album ont été joués et commentés en direct par le chanteur. À l'aide d'un téléphone, une membre de l'équipe de promotion diffusait également la séance en direct sur Facebook.

« On a passé 10 jours dans un chalet, c'était sans prétention et même pas dans l'idée de faire un album. Je l'ai fait clandestinement et sans influence », lance d'entrée de jeu Boom Desjardins, pour justifier le titre de l'album.

Ce dernier s'est d'ailleurs tenu loin de la scène ces dernières années. Il a même entrepris une carrière en immobilier dans son Abitibi natal en tant que directeur du développement des affaires pour la société Devcore. « La situation économique en Abitibi rend le développement difficile en ce moment », explique le chanteur, qui a l'intention de reprendre du service.

Le premier titre, Paris, Quévillon, accrocheur avec son banjo, grimpe déjà tranquillement dans les palmarès. Un clip a d'ailleurs été tourné au chalet où les gars montrent un côté cabotin, à l'image de l'album. « Des chansons simples du quotidien », décrit le chanteur à l'aube de ses 45 ans, qui tourne le dos au rockeur tourmenté des albums précédents.

«Je vis du positif. En vieillissant, on s'en fait moins.

»

Boom Desjardins

Il qualifie son album de country-folk, avec des sonorités de bluegrass.

Sentiment étrange toutefois d'écouter les chansons de l'album en présence de ses auteurs.

Autre étrangeté : la responsable du Facebook Live qui intervient à l'occasion pour rendre compte des interactions avec les centaines de fans à l'écoute éparpillés aux quatre coins de la province. « Maryse va acheter l'album vendredi », rapporte-t-elle.

Chouette, Maryse.

L'écoute de l'album s'étirera sur environ une heure.

On apprendra notamment que l'entraînante pièce D'est en ouest a été écrite sur le napperon d'un truck stop, que Villes en villages est la plus country de l'album (une vraie « plaignarde », qualifie Boom Desjardins) et que le refrain de Holly Mary se qualifie pour devenir un vers d'oreille.

Boom Desjardins a aussi ressuscité la chanson J'ai trop bu, écrite à l'époque de La Chicane sans être endisquée et popularisée par Kaïn.

Avec Embarque dans mon char, le chanteur a fait un bon coup en proposant un duo avec Stéphanie St-Jean, un an avant qu'elle ne remporte La voix. « Je pensais la faire connaître avec cette toune-là », souligne Boom Desjardins, qui l'a découverte à Gatineau où il vit actuellement. « Ce que vous avez vu à La voix, c'est rien », encense-t-il au sujet de l'interprète couronnée.

L'écoute prend fin. Les quelques journalistes ont visiblement apprécié.

« C'est sans artifice et sans prétention », lance le gars du magazine culturel Alternative Rock Press. La journaliste du blogue Web et Mascara en profite pour faire un selfie avec Boom Desjardins, après que la journaliste radio - accompagnée de deux agentes de promotion avec des manteaux aux couleurs de la station - lui eut demandé comment il parvenait à concilier sa vie de famille (il a quatre enfants) et sa carrière. Un thème à la mode ces jours-ci.

Sur la petite controverse qu'il avait créée dans une entrevue il y a deux ans en affirmant n'avoir rien entendu qui se démarque en musique au Québec depuis Kaïn, Boom Desjardins assure n'avoir voulu vexer personne. Plusieurs artistes québécois avaient alors vivement dénoncé ses propos, notamment Les soeurs Boulay et Vincent Vallières. « Des artistes que j'adore et que je trouve parmi les plus originaux m'ont critiqué, alors que je voulais justement dire qu'il manquait de place pour eux », explique l'artiste originaire de Val-d'Or, qui n'a pas la langue dans sa poche. Il ajoute avoir toujours senti une forme de snobisme envers un son plus « régional ».

«Ce qui m'a touché le plus, c'est de voir à quel point l'opinion de ti-Boom Desjardins avait dérangé.

»

Boom Desjardins

À une époque où on parle des artistes de catégorie A, Boom Desjardins constate que si les mêmes visages reviennent souvent sous les projecteurs, il est néanmoins de plus en plus difficile de se tailler une place en musique. « Au début de ma carrière, on devait être 65-80, aujourd'hui il y a des centaines de chanteurs qui roulent. Difficile parfois de savoir qui est qui », estime Boom Desjardins, en référence notamment aux nombreux artistes produits par la téléréalité.

Il invite dans la foulée les gens à acheter l'album complet et pas seulement deux ou trois chansons, à l'heure où les ventes de musique en formats physique et numérique périclitent. « Il faut soutenir notre culture, notre patrimoine. On est distinct et c'est ce côté qu'il ne faut pas perdre », laisse tomber Boom Desjardins.

Mais si on se fie à une des agentes de promotion venues entendre son album, le chanteur n'a aucune raison de s'inquiéter.

« Je pense que ça va être un succès, honnêtement ! », lance-t-elle avant de sauter dans la voiture aux couleurs de sa station de radio.

Voilà qui est rassurant.

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