Batèches : onze percussionnistes... rapaillés

«Nous avons fait de l'orchestre classique et nous... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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«Nous avons fait de l'orchestre classique et nous sommes tous fans de musique contemporaine. Nous faisons tous de tout!», affirme Fabrice Marandola.

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Pas simple de rapailler onze percussionnistes de Montréal et de Lyon, soit fusionner deux orchestres pour ainsi servir Batèches, oeuvre d'un compositeur français s'inspirant d'un poète québécois. C'est néanmoins ce à quoi auront droit cette semaine les férus de percussion contemporaine, à Montréal comme à Québec.

À l'instar de l'auteur-compositeur-interprète Gilles Bélanger et ses collègues, L'homme rapaillé de Gaston Miron a stimulé l'imagination de Patrick Burgan. Ce dernier a composé une oeuvre pour un orchestre de percussions réunissant deux formations réputées mondialement : L'Ensemble à percussion Sixtrum et les Percussions Claviers de Lyon.

Précisons que l'ensemble montréalais est aujourd'hui constitué de Julien Grégoire, Philip Hornsey, Kristie Ibrahim, Noam Bierstone, João Catalão et Fabrice Marandola.

«Nous avons fait de l'orchestre classique et nous sommes tous fans de musique contemporaine. Nous faisons tous de tout!» résume Fabrice Marandola. D'origine française et Montréalais d'adoption, notre interviewé est professeur de percussion à l'École de musique Schulich de l'université McGill, en plus d'être l'un des six interprètes de Sixtrum. 

Pour sa part, le quintette lyonnais se compose de Raphaël Aggery, Sylvie Aubelle, Jeremy Daillet, Gilles Dumoulin et Dorian Lepidi.

«Cette formation a près de 30 ans, indique Fabrice Marandola. Elle est reconnue pour sa spécialisation dans les instruments de percussion à claviers, c'est-à-dire toutes les percussions mélodiques - xylophone, vibraphone, marimba, glockenspiel, etc. Un peu partout, nous croisons ses interprètes, la famille mondiale de la percussion contemporaine n'est pas si grande après tout! Il y a 5 ans, nous les avions reçus à Montréal pour un concert et une classe de maître. Nous nous avions alors souhaité faire quelque chose ensemble... et voilà».

Les deux formations ont convenu de créer ensemble une oeuvre originale. Pour ce, un compositeur français et un poète québécois seraient sélectionnés : Patrick Burgan et feu Gaston Miron.

«Le compositeur a beaucoup écrit pour la voix, il est aussi un excellent orchestrateur. Patrick Burgan a adoré lire L'Homme rapaillé! Il a choisi de s'en inspirer afin de se donner une trame narrative à Batèches, bien que sa musique soit autonome par rapport au texte», explique Marandola avant de souligner à quel point il est difficile de composer pour la percussion. 

«Patrick Burgan estime que c'est aussi complexe que d'écrire pour un orchestre symphonique! Pour le compositeur en cours de création, le problème était de sans cesse passer en revue tous les sons possibles de chaque instrument. Même les changements de baguettes produisent des sonorités différentes! Au bout du compte, il a réussi à faire apprécier la grande diversité des instruments de  percussion à travers Batèches. C'est d'ailleurs une occasion unique de voir à l'oeuvre un orchestre de percussions aussi considérable».

Comment tout cela se traduit-il sur scène?

«Nous avons au centre les percussions-claviers de la formation lyonnaise, autour desquels nous avons disposé six stations de percussions non mélodiques jouées par Sixtrum -  timbales, gongs, caisses claires, grosses caisses, tambours sur cadre, tambours chinois, blocs de bois, claves,etc. Parfois, les musiciens lyonnais jouent sur nos instruments et nous faisons de même sur les leurs.»

Pour étoffer la performance vivante, une mise en scène de l'oeuvre a été imaginée par Michel G. Barette:

«Avec le compositeur, souligne Fabrice Marandola, il a fait d'abord le travail de mise en contexte. Il a construit une trame narrative visuelle avec plusieurs éléments du manuscrit et images suggérées par le texte, puis le graphiste Jérémie MacKenzie a conçu les illustrations projetées en spectacle. Sauf un court extrait vidéo de Gaston Miron qui explique sa démarche au début du concert, on part dans l'oeuvre de Patrick Burgan. Il n'y a donc pas de narrateur, les projections suffisent à créer la trame poétique de la musique». 

Batèches a été créée en France l'an dernier, cinq concerts ont été donnés à Lyon, Paris et Toulouse. Voici venir le Québec. 

«C'est assez lourd comme orchestration! s'exclame Marandola. Gros, compliqué, magnifique, et différent de ce que nous avons présenté jusqu'à maintenant.»

***

Batèches est présenté à Montréal mardi et mercredi, 20h, au Gesù, puis samedi à Québec, 20h, au Palais-Montcalm. Les concerts au Gesù sont présentés par Le Vivier

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