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Beyoncé stupéfie l'Amérique avec son militantisme

Beyoncé lors de sa prestation au Super Bowl.... (PHOTO USA TODAY)

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Beyoncé lors de sa prestation au Super Bowl.

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Shaun Tandon
Agence France-Presse
New York

Beyoncé a déclenché une tempête médiatique avec son spectacle à la mi-temps du Super Bowl, la finale du championnat de football américain, avec une performance en forme d'hommage au mouvement Black Lives Matter et à l'héritage afro-américain, loin de son registre consensuel ordinaire.

La superstar a interprété devant 111,9 millions de téléspectateurs, troisième record d'audience de la télé américaine, sa chanson Formation entourée de danseuses en bérets noirs et poings levés comme les membres des Black Panthers, mouvement radical noir de lutte pour les droits civiques.

Ce nouveau titre sorti par surprise samedi et son clip dénoncent le sort des habitants noirs de La Nouvelle-Orléans pendant l'ouragan Katrina et les brutalités policières, tout en célébrant la beauté noire et la culture afro-américaine.

La diva-pop de 34 ans, qui avec son mari le magnat du rap Jay Z est à la tête d'un empire musical estimé à un milliard de dollars, n'avait jamais été aussi loin dans les messages politiques, surfant d'ordinaire sur un registre oscillant entre féminisme, autocélébration et odes à l'amour.

Dans Formation, Beyoncé se décrit comme «une Bill Gates noire en devenir», référence au milliardaire cofondateur de Microsoft devenu philanthrope.

«J'ai gagné tout cet argent mais mes racines ne m'ont jamais quittée», poursuit dans Formation celle qui est née à Houston, au Texas, de parents originaires de Louisiane et d'Alabama, deux États du sud-américain au passé esclavagiste.

La vidéo de Formation fait aussi référence aux manifestations du mouvement Black Lives Matter qui agitent les États-Unis depuis un an et demi et la mort de Michael Brown, un adolescent non armé tué par la police à Ferguson, suivie d'une série de cas similaires à travers le pays.

«Arrêtez de tirer»

«Arrêtez de nous tirer dessus», lit-on sur un tag dans le clip, tandis qu'un enfant danse façon Michael Jackson face à une rangée de policiers en tenue anti-émeute.

Ces derniers lèvent lentement les mains comme le faisaient les partisans de Black Lives Matter, dont le cri de ralliement est devenu «Hands Up, Don't Shoot», (Mains en l'air, ne tirez pas).

Message plus fugace dans le clip réalisé à La Nouvelle-Orléans par Melina Matsoukas: un homme lit un journal où apparaît en Une le leader du mouvement des droits civiques Martin Luther King avec le titre «Plus qu'un rêveur», référence à son célèbre discours «I have a dream».

Au moment où la caméra se tourne vers sa fille de quatre ans aux cheveux afro, Blue Ivy, Beyoncé chante son idéal de beauté: «J'aime mon nez nègre avec des narines à la Jackson Five».

Les médias américains étaient légion lundi à noter le virage politique de la superstar, en particulier lors d'un Super Bowl, spectacle d'ordinaire très consensuel avec des artistes populaires et apolitiques comme Katy Perry, Bruno Mars ou Coldplay, le groupe invité vedette de cette année.

Beyoncé s'est attiré beaucoup de louanges mais aussi de critiques pour sa performance. Sur Facebook, des membres de l'Association nationale des shérifs ont dit avoir baissé le volume et tourné le dos au téléviseur dimanche lors d'une convention pendant sa prestation, en signe de protestation.

L'ancien maire républicain de New York, Rudy Giuliani, a regretté que la chanteuse n'ait pas tenté de faire passer un message d'unité et d'appeler la communauté afro-américaine à respecter plus la police.

Opal Tometi, cofondatrice de Black Lives Matter, a en revanche rendu hommage à la star sur Twitter.

Les orientations politiques de Beyoncé et Jay Z sont loin d'être un secret. Ils ont publiquement soutenu le président Barack Obama et organisé des levées de fonds pour sa campagne de réélection en 2012.

Ils ont toutefois été critiqués par le passé, notamment par l'acteur et chanteur militant pro-droits civiques Harry Belafonte, qui affirmait en 2012 que le couple fortuné avait «tourné le dos à ses responsabilités sociales».

La polémique n'a en tout cas pas fait perdre le sens des affaires à Beyoncé, qui, quelques instants après le Super Bowl, a annoncé une tournée de 40 dates en Amérique du Nord et en Europe.

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