Nana Mouskouri impatiente de retrouver la scène

Nana Mouskouri en spectacle à Hambourg en 2014.... (PHOTO ARCHIVES AP)

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Nana Mouskouri en spectacle à Hambourg en 2014.

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Jean-François Guyot
Agence France-Presse
Paris

La chanteuse grecque Nana Mouskouri, en convalescence après une intervention chirurgicale qui l'a contrainte à interrompre une tournée internationale, attend avec impatience de retrouver la scène, sa vraie «maison»: ce sera le 5 mars à Bucarest, première étape d'une quinzaine de concerts en Europe.

«Il y a quelques mois, je suis tombée malade et j'ai dû reporter ma tournée. Après une opération de la vésicule, tout est rentré dans l'ordre et je suis impatiente de retrouver mon public au printemps», explique à l'AFP Nana Mouskouri, figure de la chanson grecque à l'étranger et superstar des ventes de disques dans le monde avec plus de 350 millions d'albums en douze langues, selon sa maison de disques.

«Face à la maladie, personne n'est évidemment à l'abri. Et puis, j'oublie toujours que j'ai 81 ans!», ajoute l'interprète de L'enfant au tambour et de Je chante avec toi Liberté, qui annonce «de nouvelles chansons et sans doute un nouvel album l'année prochaine».

En 2008, Nana Mouskouri avait pourtant fait ses adieux lors d'un concert mémorable à l'Odéon d'Hérode Atticus, en Grèce, sur les terres de son enfance: «À l'époque, je me sentais vieillir, mais ne plus chanter m'a coûté beaucoup et m'a profondément déprimée, avec le sentiment d'être inutile. J'étais tous les jours malade, alors j'ai décidé de repartir sur les routes».

«La scène, c'est ma maison. Mon père était projectionniste. Toute petite, je montais sur la scène du cinéma, face à la salle vide, et je rêvais de me produire, mais je n'imaginais pas faire carrière et encore moins avoir une carrière internationale», dit-elle.

Sa tournée va l'emmener en France, en Belgique et au Luxembourg d'ici juin.

«Confiante» pour la Grèce

«Par-dessus tout, j'aime chanter l'amour et la paix. La musique est une langue universelle, d'amitié et de liberté. Et très vite, mon public s'est retrouvé dans mes chansons. Ma plus grande satisfaction, c'est l'amour et la fidélité des gens. C'est très émouvant», ajoute Nana Mouskouri.

«Quand j'ai quitté la Grèce, il y avait la dictature. J'ai cherché la paix ailleurs. Je suis toujours grecque et je le serai toujours. J'ai appris plusieurs langues car je n'avais pas le droit de vivre dans un pays sans parler la langue. Je n'avais pas le droit non plus d'apporter mes propres misères», confie la chanteuse qui vit entre Genève et Paris.

Ambassadrice itinérante de l'Unicef depuis 1993, Nana Mouskouri ne cache pas une inquiétude sur l'état du monde: «Aujourd'hui, il n'y a que la haine. Il faut s'entendre les uns les autres. Le plus triste est le monde que l'on donne à nos enfants et nos petits-enfants». Mais veut rester «optimiste»: «Si on ne l'est pas, on n'a pas le courage d'améliorer les choses. Il ne faut jamais abandonner. Il faut de la sagesse et beaucoup d'humanité».

Ancienne eurodéputée grecque (1994 à 1999) dans les rangs du parti conservateur Nouvelle Démocratie, Nana Mouskouri reste également «confiante» sur la possibilité de la Grèce de sortir de la crise économique: «Le pays a longtemps été en retard. Il y a encore beaucoup de travail avec des remises en questions nécessaires, mais les capacités et le courage sont là».

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