Taylor Swift au Centre Bell: première de classe

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Note: La Presse a décidé de ne pas envoyer de photographe au concert de Taylor Swift au Centre Bell en raison des conditions exigées par l'équipe de la chanteuse.

Il y a longtemps que nous n'avions pas entendu autant de cris résonner au Centre Bell. C'est même la source de tous ses hurlements qui l'a dit, Taylor Swift. La star pop se produisait devant 16 000 personnes - en majorité des fillettes et des adolescentes - , mardi soir.

Exit ce qu'était Taylor Swift lors de sa précédente visite au Centre Bell, en 2011. L'enfant prodige du country s'est hissée parmi les plus grandes stars pop. Elle a préservé sa fraîcheur angélique tout en devenant une femme sexy capable d'autodérision et d'opinions (au point de faire plier le géant Apple).

Taylor Swift peine à ajouter un peu de subversion à son image sage, même si son album 1989 et la pièce d'ouverture de son spectacle, Welcome to New York, symbolisent l'émancipation de la fillette de Nashville dans la Grosse Pomme.

Peu importe. C'est avec sa candeur en quête de rébellion que son public l'aime. Son sourire, ses grands yeux brillants et sa joie contagieuse. Son effet feel-good, comme on le dit si bien dans son pays.

«Bonsoir, Montréal. Je m'appelle Taylor. J'adore le Québec. Je t'aime», a lancé à la foule en français la star de la soirée, au beau milieu de sa chanson New Romantics.

Une longue passerelle a permis à Swift de se balader d'un côté à l'autre du Centre Bell en se déhanchant comme un mannequin.

Une dizaine de danseurs la suivaient de près pour une bonne partie du spectacle. Pendant le tube I Knew Your Were Trouble, métamorphosé en pièce sombre et sexy, ils étaient au service de Swift, torse nu. L'un des numéros les plus réussis de la soirée, avec des jets de fumée pendant le refrain.

Taylor Swift a remercié le public montréalais de lui être resté aussi fidèle alors que son dernier spectacle à Montréal datait de cinq ans. Entre-temps, elle a écrit son cinquième album, 1989, qui relate les tribulations «d'une jeune femme célibataire de 25 ans à New York». Une entrée en matière judicieuse pour sa chanson I Wish You Would dans laquelle elle regrette à deux heures du matin d'avoir raccroché la ligne au nez à son bien-aimé.

Il y avait de quoi être agacé par la dimension trop égocentrique de son spectacle, des entrevues préfilmées avec Taylor Swift à l'entracte (où elle dit pourquoi avoir fait ceci et cela) jusqu'aux témoignages des Lena Dunham, Selena Gomez, Jamie King, Haim et Cara Delevingne pendant ses changements de costume qui racontent essentiellement comment la chanteuse est belle et gentille. Mais surtout quand elle a longuement parlé de son «amitié» avec son public montréalais grâce aux réseaux sociaux. Après tout, a-t-elle expliqué, il ne faut que deux éléments pour que le public ait son amitié: il doive aimer Taylor Swift et vouloir passer du temps avec elle.

Racoleur... Mais passons et n'oublions pas que le public de Taylor Swift est majoritairement composé d'adolescentes. D'où les interventions convenues de la chanteuse - sans doute répétées soir après soir - sur l'estime de soi, les médias et le pouvoir rassembleur de la musique au-delà des différences.

Impeccable, mais...

Après un changement de costumes, le public a eu droit en début de spectacle à un segment à la Singing' in the Rain avec une pluie étoilée dans le Centre Bell (grâce aux bracelets lumineux remis aux spectateurs). Pendant All You Had To Do Was Stay, quatre choristes placées à la Motown accompagnaient Swift alors qu'elle a interprété seule à la guitare en «duo» avec le public Your Are In Love. Swift s'est alors élevée grâce à un levier caché dans la passerelle. «Magnifique!», a-t-elle lancé. Toujours en rotation dans les airs, elle a revisité au clavier sa chanson Love Story, écrite quand elle avait 17 ans.

Soulignons la qualité esthétique des projections pendant Clean. Et de l'enchaînement d'une redoutable efficacité jusqu'à la finale. Une ambiance nocturne et des costumes de cuir pendant Bad Blood, une version rock de We Are Never Ever Getting Back Together, et de la finale multicolore de Shake It Off.

Du corps longiligne de Taylor jaillit une voix puissante et un grand talent de musicien. Rodé au quart de tour avec une machine de production impeccable, son spectacle généreux de deux heures sans temps mort est celui d'une première de classe. Aucun faux pas, mais un léger manque de fantaisie.

Vance Joy en première partie

En première partie de Taylor Swift, la foule du Centre Bell a applaudi Vance Joy. L'auteur-compositeur se produit au Festival d'été de Québec jeudi soir.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer