Une comète nommée Sam Smith

Sam Smith, qui souffre d'un trouble obsessionnel compulsif,... (Photo Phil McCarten, archives Reuters)

Agrandir

Sam Smith, qui souffre d'un trouble obsessionnel compulsif, n'a surtout pas le profil de la supervedette instantanée.

Photo Phil McCarten, archives Reuters

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Il y a moins d'un an, Sam Smith devait chanter dans l'intimité du Belmont. Ce soir, ils seront plus de 10 000 fans à accueillir le chanteur anglais au Centre Bell. Retour sur une ascension fulgurante.

Personne n'a été surpris quand on a annoncé, la semaine dernière, que Sam Smith partait grand favori en prévision du gala des Brit Awards, qui aura lieu le 25 février, avec cinq nominations. Son premier opus, In the Lonely Hour, est deuxième au classement des albums les plus vendus de 2014 au Royaume-Uni. Avant même la parution du disque en mai dernier, Smith avait été élu Choix des critiques aux Brit Awards de 2014, et la BBC avait fait de lui l'incarnation du Sound of 2014.

Impressionnant, en effet. Mais ce qui l'est davantage, c'est le succès sans équivoque de Sam Smith aux États-Unis, où il a récolté six nominations en prévision de la soirée des Grammy du 8 février prochain. Et pas les moindres: découverte de l'année, chanson de l'année, meilleure performance pop solo et enregistrement de l'année pour Stay With Me, ainsi que meilleur album pop chanté et meilleur album de l'année. Seule la superstar américaine Beyoncé a décroché autant de nominations cette année.

On a vu Sam Smith dans toutes les émissions qui comptent, chez Jimmy Fallon comme chez Ellen aussi bien qu'aux MTV Awards et aux American Music Awards, d'où il est reparti avec le trophée du meilleur artiste pop-rock. Mais la véritable consécration a pris la forme d'une invitation à Saturday Night Live, qui a provoqué l'annulation du concert qu'il devait donner au Belmont de Montréal en mars dernier. «SNL a changé ma vie», a d'ailleurs dit Smith à une radio new-yorkaise, en juin.

«C'est très impressionnant de voir un artiste capable de vendre un show de club et de faire un Centre Bell quelques mois plus tard, fait remarquer Nick Farkas, vice-président aux concerts et événements d'evenko. Je trouve ça hallucinant qu'un artiste comme Adele, Sam Smith ou Lana del Rey puisse toucher autant de monde si rapidement. Il y a 10 ou 15 ans, il n'y avait qu'une manière de découvrir un artiste: si tu n'avais pas un succès à la radio tout de suite, ça prenait du temps et tu faisais le Centre Bell après trois ou quatre albums.»

Le Centre Bell pourrait afficher complet ce soir comme l'a fait le Madison Square Garden de New York jeudi.

Un parcours accidenté

Les Britanniques ont découvert la voix exceptionnelle, riche, puissante, capable de toutes les acrobaties et pourtant étonnamment maîtrisée de Sam Smith à la fin de 2012 dans le succès Latch du duo électro Disclosure, une chanson que reprend Smith en formule dépouillée dans la version «de luxe» d'In the Lonely Hour.

L'année suivante, Smith a obtenu son premier numéro 1 au palmarès britannique avec la chanson La La La de Naughty Boy. Un succès qu'il allait répéter lui-même avec le premier tube de son album à venir, l'irrésistible Money On My Mind. Et, bien sûr, Stay With Me, le mégasuccès à saveur gospel qui lui a servi de tremplin sur la scène internationale.

Malgré son ascension aussi rapide que vertigineuse, Sam Smith ne l'a pas eue facile. Décelant son talent précoce, ses parents l'ont inscrit à des cours de chant et il a appris à l'école les rudiments de la composition jazz et du théâtre musical.

Mais à 19 ans, un peu tanné de laver les chiottes dans un pub, il a bien failli laisser tomber cette improbable carrière qui ne débloquait pas. Jusqu'à ce que, dans ce même pub, il soit repéré par l'auteur-compositeur et réalisateur Jimmy Napes, qui l'a présenté aux frères Lawrence, de Disclosure.

Smith, qui souffre d'un trouble obsessionnel compulsif, n'a surtout pas le profil de la supervedette instantanée. Ce gentil géant bien en chair de 1,93 m raconte à qui veut l'entendre qu'il n'a jamais eu de relation amoureuse, d'où le titre et le thème des chansons d'amour à sens unique de son album In the Lonely Hour. «Mes chansons sont toutes autobiographiques», a-t-il dit fréquemment dans ses interviews - qui se font de plus en plus rares, comme a pu le constater La Presse, dont les deux rendez-vous téléphoniques avec Smith ont été annulés à la dernière minute la semaine dernière.

Récemment, Sam Smith a publié sur son compte Instagram des photos prises avec sa flamme du moment, le mannequin Jonathan Zeizel, qui était figurant dans son vidéoclip Like I Can. L'an dernier, Smith a dit à un journaliste qu'il était gai, une réponse toute naturelle à une question directe plus qu'un coming out, que le chanteur dit avoir fait «vers l'âge de 4 ans». Parce que, en plus de son immense talent, Sam Smith a un sens de l'humour, un naturel et une simplicité qui expliquent en partie l'attachement que lui voue un public sans cesse grandissant.

Au Centre Bell lundi soir, 19h30. Première partie: George Ezra.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer