Andy Stott: croire aux (esprits) étrangers

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Avis aux festivaliers de MUTEK qui viendront entendre Andy Stott ce soir au Métropolis, ou encore samedi dans le cadre du tandem Millie&Andrea: ils risquent de ne pas reconnaître grand-chose de ses opus encensés par la critique, comme ce fut le cas lors de son passage à la SAT il y a deux ans.

Joint dans la région de Manchester, où il vit depuis sa naissance, le compositeur et réalisateur électro justifie cette différence marquée entre l'enregistrement et le concert:

«Ces deux aspects de mon travail ont évolué de manière parallèle. Mes interventions sur scène sont plus énergiques; la facture peut être plus corrosive, voire hardcore. Lorsque j'ai terminé un travail en studio et que je pars en tournée, je n'ai pas pas envie de me répéter. Je m'impose donc de nouvelles variations. Et, vu la longueur de mes sets, je finis par ne plus raconter la même histoire. Je m'adapte aussi à l'endroit où je vais jouer: le lieu, le public, l'heure du concert ont un impact sur ma musique. Vous pourrez donc distinguer des éléments de mes albums, sans plus.»

Fidèle à l'esthétique électronique, Andy Stott n'opte pas pour la performance hybride, c'est-à-dire à la fois électronique et instrumentale.

«Je pourrais donner des spectacles plus proches de mes albums et en imaginer les transpositions pour instruments électriques ou acoustiques, mais cela exige beaucoup de temps et de planification. Pour l'instant, mes horaires de tournée ne me le permettent pas.

«Sur scène, j'utilise mon ordinateur, un échantillonneur numérique plutôt capricieux (appelé Octatrack), une boîte à rythmes, des pédales d'effets. En studio, c'est un peu plus complexe, mais j'utilise très peu d'instruments. Dans Faith in Strangers (2014), il y a de l'euphonium sur une piste, un peu de basse électrique (que je joue moi-même, tant bien que mal) sur une autre. Je ne ressens pas le besoin de maîtriser un instrument pour aller de l'avant. Il me suffit de savoir les notes dont j'ai besoin!»

S'affranchir des genres

Sur l'album Luxury Problems (2012), comme sur Faith in Strangers, la voix humaine, en l'occurrence celle d'Alison Skidmore, est remarquablement utilisée.

«Elle m'avait donné des leçons de piano quand j'avais 14 ou 15 ans. Nous avons gardé contact, et j'utilise depuis des échantillons de chant qu'elle me fait parvenir. Mais, de manière générale, je construis moi-même la musique à partir de mes sources.»

D'abord associé au dub, au jungle et au drum&bass, Andy Stott s'est progressivement distancié des styles qui ont forgé son identité.

«Lorsque je suis devenu fan de musique, j'étais friand des versions lentes et hardcore de type jungle et drum&bass, résume-t-il. J'ai ensuite découvert Aphex Twin, Autechre, des artistes visionnaires d'Angleterre. J'ai été aussi très influencé par les esprits fondateurs de la techno de Detroit - Juan Atkins, Kevin Saunderson, Derrick May, etc. -, puis par la house de Chicago: Frankie Knuckles et ses successeurs, sans compter les fameux enregistrements du Radiophonic Workshop de la BBC. Désormais, j'estime que ma musique est éloignée de ces genres, même si elle y fait sans cesse référence.»

Où donc Andy Stott veut-il en venir avec ce son qui ne ressemble à rien d'autre?

«Avec de nouveaux outils, il m'arrive de produire des sons insoupçonnés. Je les accueille et les encadre avec les équipements que je connais mieux. Parfois, ces trouvailles émergent en quelques minutes; parfois, je peux rester bredouille pendant des heures. J'essaie de deviner, je ne sais pas exactement ce que je cherche... jusqu'à ce que ça se produise.»

Comme l'indique le titre de son récent opus, il lui faut croire aux (esprits) étrangers pour que vienne l'inspiration!

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Au Métropolis ce soir, dès 22 h, dans le cadre de MUTEK. Andy Stott se produira également à MYTEK demain, 22 h, dans le cadre du duo Mille & Andrea.

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