Entre deux eaux: jokes de gars

Les artistes de cirque Gonzalo Coloma, Philippe Dreyfuss... (PHOTO ULYSSE LEMERISE, COLLABORATION SPECIALE LA PRESSE)

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Les artistes de cirque Gonzalo Coloma, Philippe Dreyfuss et Andy Giroux ont passé leur vie sur la route avec différentes troupes dans de nombreux spectacles.

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Mario Cloutier

La troupe La barbotte a cassé la glace, hier, avec son tout premier spectacle, Entre deux eaux, au festival Montréal complètement cirque. Un titre qui convient bien à cette prestation qui valse entre sushi et queue de poisson.

Les artistes de cirque Gonzalo, Philippe et Andy sont immensément sympathiques, doués et... vieillissants. Ce qui, convenons-en dès le départ, représente un obstacle majeur dans le monde du cirque, où la grâce des corps rime avec des numéros tous plus impressionnants les uns que les autres.

Mais les trois compères utilisent ici cette difficulté à leur avantage. Les trentenaires sont loin de la perfection quand ils s'exécutent, mais ils sont si méritants qu'on en oublie les balles qui leur échappent et les blagues faciles.

Le Québécois Andy Giroux reconnaît, dès son premier numéro d'équilibre, qu'à 36 ans, ce père de famille n'est plus capable de sauter sur une main; le Suisse Philippe Dreyfuss confie qu'il a tout fait en cirque, mais pas assez de ce qu'il adore, la jonglerie; enfin, Gonzalo Coloma avoue qu'il est difficile de voyager quand on vient d'un pays pauvre comme le Pérou.

Car les trois amis ont passé leur vie sur la route avec différentes troupes dans de nombreux spectacles.

En nous racontant les péripéties d'une vie circassienne, ils nous font prendre conscience des hauts et des bas de cette vie de bohème.

Mais ils nous parlent aussi des joies et, surtout, de la fierté qu'ils ressentent toujours à créer à leur «âge avancé».

Les numéros de jonglerie sont ici les plus originaux, que ce soit avec des balles ou avec des quilles. Notamment celui où Andy Giroux se joue des clichés masculin-féminin et se déguise en femme pendant que ses complices s'exécutent.

Quant aux autres numéros - planche Ambroise, roue Cyr, magie, main à main, acrobaties -, ils ont l'avantage d'être courts et nous remettent toujours face au désir de se surpasser de ces artistes physiquement moins habiles, mais volontaires et sans inhibition.

Le numéro de karaoké servant de pièce de transition vers la fin manque d'intérêt, mais les longueurs ressenties lors de la première d'hier soir devraient se dissiper dès que les poissons de La barbotte se seront acclimatés à leurs eaux tièdes.

Ce spectacle de cirque-réalité, pourrait-on dire, ne déborde pas d'effets spectaculaires ni ne fait preuve d'une originalité débridée, mais Andy, Philippe et Gonzalo sont les plus aimables des circassiens de leur âge. Des oiseaux rares, finalement.

On les voudrait comme amis, qu'ils nous montrent un truc ou deux et qu'ils nous fassent sourire avec leurs jokes, parfois plates, de gars. Avec, en prime, une leçon de simplicité et d'humilité.

C'est déjà ça.

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Entre deux eaux est présenté au Théâtre de Quat'sous jusqu'au 10 juillet.

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