Jean-Willy Kunz: dans un état proche du jazz

«Jean-Willy Kunz se montre capable d'improviser et d'insuffler... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE)

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«Jean-Willy Kunz se montre capable d'improviser et d'insuffler un esprit jazz à son instrument, même s'il n'a pas la fluidité des organistes de jazz», écrit notre critique.

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À la suite d'une prestation pour le moins impressionnante de Christian Lane, que d'aucuns considèrent comme l'un des interprètes-clés du répertoire contemporain consacré à l'orgue, le Montréalais Jean-Willy Kunz a repris hier à la Maison symphonique la matière d'Impressions, album de tendance jazzistique paru récemment chez Atma Classique; Impressions est aussi le titre d'une pièce incontournable de John Coltrane incluse dans cet album et prévue au programme de cette soirée sous la bannière «L'orgue dans tous ses états».

Dans un état proche du jazz, en fait. En témoigne ce programme constitué de standards du jazz et de pièces traditionnelles des Balkans de sources tziganes ou juives ; Grana Od Bira, adaptée par le jazzman français Bojan Z, Shalom Aleichem de Bela Kovacs, le standard Fly Me to The Moon, thème jazzifié de Paganini, Impressions de Coltrane, In Spirit de Frédéric Alarie, Spain de Chick Corea (dont l'introduction reprend un fragment du Concerto d'Aranjuez), Guataca City du saxophoniste cubain Paquito d'Rivera, on en passe.

Comme on l'imagine, l'orgue de la Maison symphonique sert normalement aux musiques de tradition classique occidentale, alors... voyons voir comment Jean-Willy Kunz l'exploite dans un contexte jazzistique. À l'évidence, nous ne sommes pas chez Joey DeFrancesco, Brother Jack McDuff ou Barbara Dennerlein, tous virtuoses du Hammond B3. Nous nous trouvons néanmoins à un carrefour où les cultures jazz et classique se trouvent des atomes crochus. Et font la démonstration qu'elles tendent à multiplier les rencontres comme celle-ci.

Ainsi, Jean-Willy Kunz se montre capable d'improviser et d'insuffler un esprit jazz à son instrument, même s'il n'a pas la fluidité des organistes de jazz - on le note d'entrée de jeu lorsqu'il reprend le standard Les feuilles mortes de Joseph Kosma. Le clarinettiste André Moisan est aussi capable de tricoter de belles impros et fait preuve d'une recherche timbrale - il est particulièrement à l'aise dans les musiques d'Europe de l'Est. Un peu moins aguerrie dans l'impro, la tromboniste Hélène Lemay excelle dans les thèmes et dans l'exécution de ces pièces rythmées, et elle peut aussi contribuer au son jazzy de ce quintette que soutiennent rythmiquement le batteur Camil Bélisle et le contrebassiste Frédéric Alarie, certes le plus avancé de tous ces musiciens dans cette esthétique.

Proche du jazz...




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