Vingt-cinq ans de Présence autochtone

André Dudemaine, fondateur de Présence autochtone, dans ses... (PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE)

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André Dudemaine, fondateur de Présence autochtone, dans ses bureaux aux côtés d'un tiki polynésien.

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Daniel Lemay
La Presse

Mine de rien, sur la même grande place que les géants, Présence autochtone présentera à compter de demain le 25e «grand festival des premiers peuples dans la métropole québécoise».

«Présence autochtone est une réussite commune des Montréalais et des Premières Nations», lance André Dudemaine, qui, avec trois autres rêveurs, dont le Québécois d'origine bretonne Daniel Corvec, a fondé ce festival en 1991... un an après la crise d'Oka, qui avait laissé beaucoup de ressentiment des deux côtés de la pinède.

Pas mal d'eau a coulé depuis sous le pont Mercier et André Dudemaine estime que les communautés amérindiennes vivent moins isolées qu'à l'époque, évoquant la «fluidité» et la «perméabilité» grandissantes dans les relations entre les sociétés. Progrès...

«L'indifférence un peu hostile des médias a nui à notre développement», dira M. Dudemaine, animateur culturel né en Abitibi d'une mère innue et d'un père canadien-français. «Au début, seuls les artistes nous ont donné leur appui...»

Du Quartier des spectacles à Kahnawake

Simple festival de cinéma autochtone sous le nom de Terres en vue dans les premières années, Présence autochtone est descendu dans la rue (Saint-Denis) en 1996, année où, sauf erreur, a eu lieu le premier spectacle extérieur gratuit. Depuis, l'événement n'a cessé d'élargir son offre et son rayonnement géographique.

En 2010, Présence autochtone s'est établi place des Festivals, toujours son épicentre, mais présentera jusqu'au 5 août des activités dans 12 autres lieux, de l'UQAM à la SAT, de Verdun à Kahnawake.

Parmi les supporteurs de la première heure, Florent Vollant et Richard Desjardins qui, au printemps de 1991, avaient été du premier , spectacle-bénéfice présenté au Café Campus, alors près de l'Université de Montréal. Vollant et Desjardins remettent ça vendredi sur la grande scène: un sixième remix qui va brasser. Pour ceux qui n'ont pas vu Vollant aux Francos...

«On fait partie de l'imaginaire festif urbain», dira encore André Dudemaine en rappelant qu'un grand virage est survenu en 2001 avec les célébrations du 300e anniversaire de la Grande Paix de Montréal, conclue entre le sieur de Callière, représentant de la France, et les chefs d'une quarantaine de nations amérindiennes. Joli clin d'oeil de l'histoire: les principaux éléments constituants de la Corporation de la Grande Paix de Montréal, en 2001, étaient Pointe-à-Callière, le musée d'archéologie et d'histoire de Montréal, et Présence autochtone.

André Dudemaine salue l'aide de la Ville qui participe à hauteur de 100 000$ au budget de moins de 1 million de Présence autochtone, et rappelle un lien indissoluble: «Les Premières Nations appartiennent à Montréal qui est devenue une métropole en 1701 quand la Grande Paix a été signée.»

Au-delà des méfiances et des incompréhensions, la Grande Paix tient toujours et Présence autochtone en est une preuve vivante.

Un programme touffu

Vingt-cinq ans après «l'acte inaugural» de Présence autochtone, voici de nouveau réunis pour un Blues Blanc Rouge Remix (place des Festivals, vendredi) Richard Desjardins et Florent Vollant: l'Abitibien en trio, la star innue de Maliotenam avec son band de la tournée Puamuna (Le rêve), du titre de ce disque sublime que Vollant vient de lancer.

Toujours forte en cinéma, Présence autochtone présente en ouverture la première montréalaise de Circus Without Borders, un film qui amène le spectateur du Nunavut à la Guinée-Conakry. Autres premières, mondiales, celles-là: Antigone Documentary, qui, avec le Cri Floyd Favel et sa troupe, campe la tragédie grecque dans une réserve amérindienne, et Nallua de Christina Mathieu Fournier, portrait d'une communauté inuite. En clôture, première nord-américaine du film Le Dep de la réalisatrice Sonia Bonspille-Boileau.

Jeff Veregge, artiste de la côte ouest américaine, expose ses superhéros à la place des Festivals: fusion de l'art des comic books et de l'art traditionnel salish. Le photographe Michel Dépatie accroche ses portraits de la Traversée/Ashu-takussen à la Maison de la culture Frontenac, tandis que l'artiste multidisciplinaire atikamekw Eruoma Awashish présente ses sculptures (Reliques et passages) à la bibliothèque Rivière-des-Prairies.

Bouffe de rue, danses traditionnelles, démonstration de savoir-faire anciens: Présence autochtone a beaucoup à offrir aux esprits curieux jusqu'au défilé de l'amitié Nuestroamericana avec plus de 700 participants costumés: départ du square Dorchester samedi à 16h et spectacle à la place des Festivals à l'arrivée.

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Info: presenceautochtone.ca

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