Lunice: bien luné!

Le Montréalais Lunice et l'Écossais Hudson Mohawke forment... (Photo fournie par Igloofest)

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Le Montréalais Lunice et l'Écossais Hudson Mohawke forment le tandem TNGHT, en vedette samedi à l'Igloofest.

Photo fournie par Igloofest

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Né de père haïtien et de mère philippine en 1988, Lunice Fermin Pierre II a grandi à Lachine, habité à LaSalle, puis à Notre-Dame-de Grâce et... parcourt le monde en solitaire. De concert avec le DJ et réalisateur écossais Hudson Mohawke, il forme aussi le tandem TNGHT (prononcer Tonight) qui fait l'objet d'un vrai engouement sur la planète électro. Et qui figure aujourd'hui parmi les têtes d'affiche de la grande scène (Sapporo) à l'Igloofest.

Depuis plusieurs mois, la singularité de ses propositions ont mené Lunice, 24 ans, à se produire à l'étranger. Entre deux avions, faisons connaissance: «Je ne suis pas un clubber, prévient-il, d'emblée. Je fréquente les clubs parce que j'y travaille. J'ai eu mon premier contrat à 19 ans, soit un an après avoir commencé à faire exclusivement de la musique. Un peu par hasard, d'ailleurs. Impliqué dans l'organisation d'une fête d'anniversaire, j'avais préparé un set... qui m'a mené plus loin!»

En cours de route, Lunice a croisé un allié de taille, soit le DJ/compositeur/réalisateur Jacques Greene, autre jeune Montréalais très actif sur la planète électro.

«Notre intérêt mutuel pour ces musiques, celle de Rustie notamment, nous a conduits à participer aux mêmes soirées. J'ai alors senti qu'on appréciait ce que je proposais. J'ai vu un nombre croissant d'amis s'intéresser à mes projets. La vibration est bonne depuis ma première embauche.»

Lunice est de cette nouvelle frange de musiciens évoluant dans un monde essentiellement virtuel.

«Je ne me considère pas comme un DJ. Oui, je scratche chez moi, mais en public, je travaille sans table tournante ni CDJ. Au début, je me présentais avec un ordinateur portable et puis j'ai ajouté de nouveaux éléments aux premiers logiciels utilisés - MPD Controller, nombreux plugiciels (plugins), etc. Ainsi, mes pièces originales peuvent être sectionnées en plusieurs parties avec lesquelles je peux improviser en temps réel et que je peux transformer selon l'humeur du moment.»

Côté création, l'approche s'est raffinée au fur et à mesure que sa musique a pris du muscle.

«Lorsque je me suis mis sérieusement à la musique, j'ai d'abord passé beaucoup de temps à apprendre plutôt qu'à créer. Il me fallait savoir utiliser mon matériel, comprendre comment une bonne pièce électro était construite. Puis, j'ai fini par composer mes propres musiques, faire les choses comme je les ressentais.»

Environnement virtuel

Au fait, que signifie «composer» pour un musicien n'ayant que quelques notions de piano et dont la formation relève de la communication et de la création vidéo (Dawson et Concordia)? Encore là, l'environnement virtuel domine l'esthétique de Lunice. «Je travaille avec des échantillons de musiques préexistantes, mais je crée surtout mes propres sons. Les plugiciels disponibles aujourd'hui permettent de composer à partir de sons d'instruments traditionnels ou de voix humaine, en plus d'offrir la possibilité de créer des sons inédits. Ainsi on peut composer une mélodie au clavier et ensuite la transformer et l'orchestrer avec l'aide des plugiciels. Ces outils deviennent de mieux en mieux connus.»

Quant aux styles choisis, difficile de les identifier clairement. «Ce que je propose puise dans plusieurs styles, au-delà des genres admis par la musique électronique. Soul, urban, hip-hop, musiques brésiliennes, death metal... il y a sans cesse de nouveaux sons qui captent mon attention. Grâce à l'internet, je m'inspire des sons du monde entier. Par exemple, j'ai eu récemment un coup de coeur pour la bossa-nova, et j'ai pu approfondir mes recherches sur la Toile. Au bout du compte, j'essaie de présenter quelque chose de personnel et rafraîchissant sans prétendre à la nouveauté absolue. Je m'efforce de faire valoir mon point de vue, sans copier quiconque.»

Rencontre

Autre étape marquante de sa trajectoire, Lunice a fait la rencontre de l'Écossais Hudson Mohawke (Ross Birchard de son vrai nom) à l'occasion du Turbo Crunk montréalais. «Après quoi nous nous sommes retrouvés à plusieurs événements, pour ensuite travailler ensemble sur un remix de Gucci Mane. Par la suite, nous avons entrepris de créer ce premier maxi - étiquette LuckyMe/Warp.»

En juillet dernier, la critique a beaucoup apprécié ce TNGHT, Lunice et Hudson Mohawke surfent encore sur l'enthousiasme à leur endroit. Surf des neiges à l'Igloofest, il va sans dire! TNGHT, en fait, se produit à l'occasion... mais «nos carrières solos l'emportent, tient à préciser Lunice. Deux réalisateurs travaillent sur une idée, mais ne forment pas un véritable groupe».

Parole d'un jeune homme bien... luné!

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