Osheaga: le sens de l'équilibre

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Jeremiah Fraites, Wesley Schultz et Neyla Pekarek du groupe The Lumineers.

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Le rendez-vous estival des amateurs de musique indépendante se met en branle demain. Au-delà des têtes d'affiche, le 11e festival Osheaga propose un équilibre entre vétérans et découvertes, gros noms et «saveurs» du moment et ne boude ni le rap ni la scène locale. Aperçu d'une programmation foisonnante.

LES GROS NOMS

The Lumineers

The Lumineers ont conquis la planète avec leur folk aussi dépouillé qu'accrocheur, qui les a menés au gala des prix Grammy et même dans l'iPod du président Obama. Entretien avec le batteur et percussionniste Jeremiah Fraites, cofondateur du groupe qui passe par Montréal après avoir attiré une foule considérable au Festival d'été de Québec.

Vous avez commencé cette aventure musicale avec Wesley Schultz (voix, guitare) en 2002, après quoi Neyla Pekarek (violoncelle, voix) s'est jointe à vous en 2010. Vous avez dû patienter un long moment avant de connaître le succès. Y a-t-il eu un moment où vous vous êtes dit que cela ne marcherait jamais?

Oui, c'est ce que je me suis dit il y a environ sept ans. Si vous voulez faire de l'argent et connaître le succès, vous devriez faire un autre métier. [...] Il y a six ou sept ans, je pensais qu'on deviendrait un gros groupe avec un tout autre son, puis j'ai réalisé que personne ne portait vraiment attention à nous... Quand on a fait notre premier album sous le nom The Lumineers [en 2012], je me suis dit que ça prendrait quatre ou cinq ans à faire embarquer les gens, et tout à coup, ça a débloqué. C'est comme si ça nous avait pris 10 ans à connaître un succès instantané!

On raconte que le groupe a été une façon de passer à travers la mort de votre frère, qui était aussi le grand ami du chanteur Wesley Schultz. The Lumineers doit-il être vu comme une sorte d'hommage au disparu?

Mon frère est mort en 2001, et je crois que Wes et moi avons commencé à faire de la musique en 2004 ou 2005, donc ce n'était pas nécessairement autour de cette tragédie. Mais il était l'ami de Wesley et il était, bien sûr, mon grand frère. Je pense toujours à lui. Il y a des choses qui ne disparaissent jamais, peu importe le nombre d'années qui passent... Le band est davantage un hommage à ce qui nous arrive dans la vie en général, que ce soit la mort de mon frère ou celle du père de Wes [en 2007]. Le groupe est comme notre Église sans religion; il nous procure un réconfort et de la paix, nous permet de vivre avec ces éléments difficiles et on espère que ça touche d'autres personnes. Au-delà de tout ça, on est obsédés par la musique, on n'y réfléchit pas trop, on ne peut juste pas s'arrêter!

Vous avez tourné pendant près de quatre ans avec votre premier album. Cela a-t-il eu une influence sur les chansons de Cleopatra?

Oui. Ça peut être épeurant quand on est en train d'enregistrer: on se dit qu'on doit vraiment aimer cette musique. Parce que pour le premier album, nous avons été en tournée pendant trois ans et demi. Sans compter qu'on tournait avant même que vous puissiez trouver The Lumineers sur l'internet.

On vous a souvent comparés à Mumford & Sons. Maintenant que Mumford & Sons est allé du côté électrique, ça vous laisse toute la glace voulue. Souhaitez-vous être les porte-étendards de cette musique folk ou pourriez-vous changer de direction musicale?

Tout est possible. Il y a beaucoup de similitudes entre Mumford & Sons et nous. Ces ressemblances ont parfois été exagérées; des gens ont laissé entendre qu'on avait voulu les copier, alors qu'on jouait déjà nos pièces depuis longtemps. Je crois que c'est simplement une coïncidence qu'on se soit retrouvés avec cette facture folk. Au bout du compte, Wes et moi essayons d'écrire la musique que nous aimons. [...] Mais j'aime penser que nous ne sommes pas un groupe qui ne fait qu'écrire dans un genre. Radiohead ou les Beatles sont d'excellents exemples de groupes qui ont changé leur son tout en demeurant reconnaissables. - Nicolas Houle, Le Soleil

Scène de la Montagne, demain, 20 h 20.

Haim

Los Angeles, États-Unis, Pop indé

On croyait que les soeurs Haim auraient sorti leur très attendu deuxième album pour Osheaga, mais ce sera pour plus tard. Pour y mettre la touche finale, elles ont même annulé tous les spectacles en Europe prévus après Osheaga. Bon ou mauvais signe? - Émilie Côté

Scène de la Rivière, samedi, 19 h 25.

Future

Atlanta, États-Unis, Hip-hop, trap

Très prolifique depuis le début de la décennie, Future compte parmi les principaux contributeurs du hip-hop sudiste, ce style trap qui irradie la planète. Pour son usage créatif de l'Auto-Tune et de la lutherie électronique, pour son flow à la fois souple et très typé et ses collaborations avec Drake et The Weenkd, ce MC a la cote. - Alain Brunet

Scène verte, samedi, 21 h 50.

Disclosure

Londres, Angleterre, Électro

Le deuxième album de Disclosure, Caracal, sorti en septembre 2015, n'a pas connu le succès monstre de Settle. Le duo formé des frères Guy et Howard Lawrence tient malgré tout le haut de l'affiche à Osheaga et il sait faire danser une foule. - Émilie Côté

Scène de la Montagne, dimanche, 19 h 40.

Grimes

Vancouver, Canada, Synth pop, dream pop

Le récent Art Angels peut en dérouter certains par le conformisme apparent de certaines chansons, mais on finit par repérer les qualités probantes de ce quatrième album au fil des écoutes. L'ex-Montréalaise aurait-elle réussi son virage pop sans allonger la sauce? - Alain Brunet

Scène de la Montagne, dimanche, 17 h 40.

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The Damn Truth

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

LES MONTRÉALAIS

The Damn Truth

Il y a 16 groupes ou artistes montréalais dans la programmation d'Osheaga cette année. Portrait du groupe The Damn Truth, boudé par la scène montréalaise, mais propulsé par la station de radio CHOM et par une publicité récente d'Yves Saint Laurent.

Lee-La Baum et Tom Shemer semblent sortis tout droit du festival Woodstock. La première, qui arbore un look à la Janis Joplin, chantait nue avec une guitare quand elle a fasciné le deuxième dans un festival hippie en Israël. «Elle interprétait l'une de mes chansons préférées, Almost Cut My Hair de Crosby, Stills, Nash & Young», raconte Tom.

C'était il y a 10 ans. Aujourd'hui, Lee-La et Tom forment un couple à Montréal. Ils ont eu un bébé et ils font partie du trio The Damn Truth, complété de Dave Traina.

Le 8 juillet dernier, The Damn Truth a lancé son deuxième album, Devilish Folk. Le groupe, surtout connu du Montréal anglo avec son rock'n'roll blues sixties au fort caractère social, espère défoncer davantage de portes.

Son extrait Heart Is Cold peut très bien rejoindre le public de The Black Keys.

«Avec notre premier album, nous nous sommes sentis comme des outsiders à Montréal. C'était difficile pour nous de jouer avec d'autres groupes», raconte Tom.

Heureusement, la station CHOM a fait jouer les chansons de The Damn Truth. «C'est là que le public a répondu à l'appel», indique Tom.

Une pub pour Yves Saint Lauret

Pour Devilish Folk, The Damn Truth a eu la chance de travailler avec le réalisateur montréalais émérite Jean Massicotte (Jean Leloup, Patrick Watson) ainsi qu'avec Tchad Blake (Black Keys, Arctic Monkeys), sans compter l'aide de John Davis (Led Zeppelin, Lana Del Rey) au matriçage.

«Jean est notre ami. C'est la première personne que nous avons rencontrée quand nous avons déménagé à Montréal», souligne Lee-La.

«Pour ce qui est de Tchad Blake, eh bien, c'est un dieu. Nous lui avons envoyé la chanson Get With You et il nous a aidés gratuitement. Nous l'avons approché de nouveau quand tout l'album était terminé.»

Autre cadeau du ciel: Lee-La qui reprend Love Is Blindness de U2 dans la sublime publicité télévisée du parfum Mon Paris d'Yves Saint Laurent.

«Un gars nous a repérés dans un spectacle que nous avons donné sur la rue Prince-Arthur au Ye Olde Orchard, raconte Lee-La. C'est fou: la pub est en ondes depuis trois semaines et nous recevons des courriels de partout dans le monde.»

Rock engagé

Pour The Damn Truth, il est primordial de reproduire en studio un son brut et organique, à l'image de son spectacle. Cela s'entend sur une chanson comme Get With You, qui rappelle l'énergie de The Gossip.

«Pour nous, c'est important d'avoir un message social, ajoute Tom. Surtout pour moi qui ai grandi en Israël. Le rock, signe de rébellion, m'a ouvert les yeux.»

Samedi, The Damn Truth en sera à sa troisième participation à Osheaga. Ensuite, il multipliera les concerts au Québec avant de parcourir le pays. - Émilie Côté

Sur la scène de la Vallée, samedi, 13 h 30.

Half Moon RunMontréal, Rock indé

Half Moon Run connaît du succès à l'étranger, mais entretient une relation presque intime avec son public québécois. Cet été, le groupe fait la route des festivals du Québec. Osheaga lui offre par ailleurs une visibilité de choix, en début de soirée sur l'une des scènes principales. - Émilie Côté

Scène de la Rivière, demain, 19 h 20.

Charlotte Cardin

Montréal, Chanson indé

Charlotte Cardin continue d'avancer lentement, mais (très) sûrement. Elle vient de sortir le délectable EP Big Boy avant un premier album officiel prévu à l'automne. Avec le fort public étranger d'Osheaga, elle poursuivra sa mission séduction au-delà des frontières du Québec. - Émilie Côté

Scène Verte, samedi, 13 h.

Coeur de pirate

Montréal, Chanson indé

Après le pari fort réussi de son spectacle «carte blanche» au Festival d'été de Québec sur les plaines d'Abraham, Coeur de pirate peut s'immiscer sans aucun complexe dans la programmation internationale d'Osheaga avec une case horaire fort enviable. - Émilie Côté

Scène de la Vallée, samedi, 19 h 15.

Dead Obies

Montréal, Rap

Dead Obies se produit sur la belle scène de la Vallée... en même temps que Radiohead. Un défi intéressant à relever, puisque son public n'a rien à voir avec celui de la bande à Thom Yorke. Le groupe vient d'annoncer une tournée automnale qui le mènera en Europe. - Émilie Côté

Scène de la Vallée, dimanche, 20 h 50.

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Låpsley

PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE L'ARTISTE

LES «SAVEURS» DU MOMENT

Låpsley

Mai dernier. Le Théâtre Fairmount affiche complet pour le premier spectacle à Montréal de Låpsley, jeune chanteuse britannique de 19 ans sous contrat avec le label de prestige XL Recordings (Adele, Kaytranada).

Rencontrée en après-midi, l'auteure-compositrice-interprète aux racines écossaises et scandinaves porte un chandail ouaté canadien de marque Roots. Elle revient alors du festival Coachella. «J'ai pu voir Anderson .Paak, se réjouit-elle. Mais j'ai manqué Christine and the Queens.»

Une semaine après la sortie de son premier album, Long Way Home, Låpsley a les deux pieds sur terre. On sent que la jeune musicienne autodidacte ne veut pas répondre à des questions convenues.

«Je n'ai pas mis de musique en ligne pour avoir une carrière, mais des gens me posaient des questions sur la production. Ils étaient surpris d'apprendre que j'avais tout fait moi-même.»

Låpsley a été sélectionnée dans la cuvée du BBC Sound of 2015 grâce à un EP enregistré dans sa chambre à coucher. «J'ai commencé à faire de la musique quand j'avais 5 ans. Le piano, la guitare, la batterie... À 14 ans, j'allais à Liverpool pour écouter de la musique électronique. Puis, il y a trois ans, je me suis mise à la production, mais j'avais encore des influences classiques comme Joni Mitchell.»

Ceci explique cela.

Par la richesse de sa voix, Låpsley rappelle Adele. Mais une Adele capable de retenue à la James Blake. Résultat: ses musiques oscillent judicieusement entre audace minimaliste et grandes envolées pop, qu'elles aient des inflexions jazz, disco ou R&B.

Les études et les leçons

À 17 ans, Låpsley s'est retrouvée dans un studio dernier cri de Londres où elle a collaboré avec d'autres réalisateurs-producteurs. C'est là qu'elle a ajouté des chansons au format pop plus standard (Love Is Blind) à ses premières compositions dépouillées qui ont créé le buzz (Station).

Entre-temps, elle a pris la difficile décision de mettre de côté ses études.

«L'école, c'était très important pour moi. Mais quand j'ai eu un contrat d'album, je me suis mise à considérer la musique comme un emploi. Je veux juste être libre dans ma création.»

Trois mois avant notre rencontre, Låpsley avait par ailleurs commencé à prendre des leçons de chant pour mieux préserver sa voix en spectacle. «Je ne me considère pas comme une chanteuse. Je chante sur ma musique», dit-elle.

En spectacle, la désinvolture de Låpsley - en plus de sa voix - nous a rappelé celle d'Adele. La chanteuse, qui portait un bandeau et arborait un chignon, a avoué sur scène qu'elle avait les cheveux sales.

«L'honnêteté est importante pour moi. Je prends mes propres décisions à ma façon.»

Compris? - Émilie Côté

Scène des Arbres, demain, 21 h.

Jack Garratt

Londres, Angleterre, Électro

Âgé de seulement 24 ans, voilà un autre musicien électro solo à avoir à l'oeil. Son nom: Jack Garratt. En février dernier, il a lancé (après un buzz sur le web et en Angleterre) Phase, un premier album qui puise dans le blues et le R&B avec une voix de falsetto qui rappelle celle de son compatriote James Blake. - Émilie Côté

Scène de la Vallée, demain, 14 h 45.

Flume

Sydney, Australie, Beatmaking électro

Le jeune beatmaker australien de 24 ans derrière le projet Flume a sorti en 2012 un premier album au grand succès d'estime qui a plu à Lorde et Disclosure. Sortie il y a deux mois, la suite, Skin, comprend des collaborations avec Beck, Little Dragon, Tove Lo et Vince Staples. - Émilie Côté

Scène Verte, demain, 21 h 50.

Kaytranada

Montréal, Canada, Beatmaking électro

Des gens ont été déçus du spectacle en formule DJ que Kaytranada a donné au Métropolis en mai dernier. En 2016, quel mandat scénique ont les stars du beatmaking? Programmé sur la scène Piknic Électronik, l'enfant prodige de Montréal a heureusement le mandat de faire danser la foule avant de la divertir. - Émilie Côté

Scène Piknic Élecronik, samedi, 19 h 50.

The Strumbellas

Toronto, Canada, Indie-pop

Certains groupes indé-pop flirtent trop avec la pop au goût de certains. C'est le cas de The Strumbellas, dont la chanson Spirits est l'un des tubes de l'été. La formation torontoise est sous contrat avec Glassnote, étiquette de Mumford & Sons et Half Moon Run. - Émilie Côté

Scène de la Vallée, dimanche, 16 h 10.

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La formation Wolf Parade

MEQO Sam Cecil

LES VÉTÉRANS

Wolf Parade

À l'âge d'or du «Montreal sound», Wolf Parade a connu une ascension rapide dans la mouvance indie nord-américaine. Composé de musiciens originaires de Colombie-Britannique transplantés au Québec, le groupe a été mis sous contrat chez Sub Pop, a lancé trois albums - Apologies to the Queen Mary, At Mount Zoomer, Expo 86 - et puis... plus rien entre 2010 et 2016.

En janvier dernier, le groupe a annoncé une relance de ses activités. Quatre mois plus tard, quatre titres ont été rendus publics sur un maxi autoproduit, et voici venir les concerts à Osheaga.

Spencer Krug, Dan Boeckner, Dante DeCaro et Arlen Thompson reprennent du service pour vrai, et il ne s'agit pas d'une parenthèse nostalgique.

«Ce n'était pas une rupture finale. La porte est toujours restée ouverte. J'imagine que cette pause a été assez longue pour que ce groupe nous manque», soutient Dan Boeckner, joint hier.

Tels qu'ils sont aujourd'hui

Alors que Boeckner est de retour à Montréal après avoir passé quatre années à Los Angeles, les autres membres ont regagné leur province d'origine, tous installés sur l'île de Vancouver. Cela n'empêche en rien la remise à flot du vaisseau amiral: Wolf Parade a déjà enregistré six chansons, dont quatre se trouvent sur le maxi sorti en mai.

«Les deux premières crêpes du repas n'étaient pas tout à fait au point, nous devons les retravailler, explique notre interviewé. Nous sommes tous à Montréal actuellement, en plein travail de création dans mon studio situé à l'angle de [la rue] Bernard et [du boulevard] Saint-Laurent. Nous comptons enregistrer nos nouvelles chansons en décembre prochain, fort possiblement dans l'État de Washington.»

Redémarrer le processus de création comporte des exigences. 

«En tant que musiciens, nous avons tous évolué. Alors l'idée n'est pas de regarder derrière et de repartir là où nous nous étions arrêtés, mais bien de faire les choses ensemble tels que nous sommes aujourd'hui.»

«Cela dit, nous avons une langue commune en tant que groupe; il fallait réapprendre cette langue, refaire des phrases et des paragraphes avant de se remettre à la création de nouvelles chansons. C'est chose faite.»

Par rapport au Wolf Parade première mouture, les changements sont déjà observables, se réjouit Dan Boeckner.

«Il y a plus d'espace, le jeu collectif est plus succinct; nos choix, judicieux. Le son du groupe a changé, il s'est raffiné. Nous essayons d'écrire des chansons qui nous satisfont pleinement et nous évitons de considérer notre vieux matériel comme un point de référence. Ce serait très dangereux: si tu cesses d'être curieux et de découvrir de nouveaux sons, la mort de ta créativité n'est pas loin.»

Tout mobilisé qu'il soit par Wolf Parade, le musicien n'en délaisse pas pour autant ses projets personnels. «Je partirai bientôt en Europe pour une tournée d'un mois avec Operators, et un nouvel album est prévu l'an prochain. Ce groupe couvre un tout autre pan de mes intérêts musicaux, c'est aussi la continuation de [mon ancien groupe] Handsome Furs et j'y ai mis toute mon énergie créative au cours des dernières années.»

Sur la scène Verte, demain, 16 h 55; également au Corona, demain, 22 h.

Beirut

Santa Fe, États-Unis, Folk d'influence est-européenne

Beirut entretient une relation privilégiée avec Montréal, comme en témoigne le spectacle d'ouverture du Festival de jazz qui lui a été confié en 2015. Comme Cypress Hill, le groupe de Zach Condon revient à Osheaga après s'y être produit en 2011. Voilà un choix de programmation pour les mélomanes moins jeunes. - Émilie Côté

Scène de la Rivière, vendredi, 17 h 30.

Bloc Party

Londres, Angleterre, Indie rock

Au milieu des années 2000, ce groupe chapeauté par le frontman afro-britannique Kelechukwu «Kele» Okereke a été parmi les plus applaudis de la vague indie rock à l'anglaise. Hymns, cinquième album de Bloc Party, ajoute des couches de claviers à la proposition... sans en relever la saveur. Et sur scène? - Alain Brunet

Scène verte, vendredi, 18 h 25.

Cypress Hill

Los Angeles, États-Unis, Rap

Du rap «classique» à l'heure du souper? Une formule gagnante à Osheaga par le passé, notamment avec Snoop Dogg. Le leader du groupe B-Real sera de retour à Montréal le 23 août, puis à Québec le 30 août, au sein de la nouvelle formation Prophets of Rage, composée de membres de Public Enemy et de Rage Against the Machine. - Émilie Côté

Scène de la Montagne, vendredi, 18 h 20.

Death Cab for Cutie

Portland, États-Unis, Rock indé

Death Cab For Cutie a beaucoup plu à la première génération d'amateurs d'indie rock dans les années 2000. En mars 2015, il a sorti son huitième album, Kintsugi. Des chansons, le groupe en a plein les poches pour un spectacle qui peut rendre des trentenaires nostalgiques. - Émilie Côté

Scène de la Montagne, samedi, 20 h 25.

Vince Staples... (PHOTO ARCHIVES AP) - image 5.0

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Vince Staples

PHOTO ARCHIVES AP

RAPPEURS ET ASSOCIÉS

Vince Staples

Les sorties consécutives du maxi Hell Can Wait (octobre 2014) et de l'album Summertime '06 (juin 2015) ont propulsé Vince Staples, âgé de 23 ans, au rang des artistes hip-hop les plus prometteurs de sa génération.

Originaire de Long Beach, dans la grande région de Los Angeles, il s'est d'abord fait connaître au sein du collectif Cutthroat Boyz. En juin 2013, il a rayonné au-delà de la scène locale avec la parution du mixtape Stolen Youth, créé de concert avec Mac Miller - sous le pseudonyme de Larry Fisherman.

Mais la consécration est venue avec Summertime '06. Cet album visionnaire, conçu avec une tribu de jeunes auteurs, compositeurs et beatmakers - No I.D., DJ Dahi, Kidd, Clams Casino, Christian Rich et Mikky Ekko - a été créé à l'instinct, s'il faut en croire le principal intéressé.

«Il n'y a pas eu de longues conversations avec les beatmakers avant qu'ils se mettent au travail, affirme le rappeur, joint à Los Angeles. Je ne passais pas tout mon temps en studio avec eux ; j'ai plutôt misé sur la qualité des relations humaines pour parvenir à ce résultat créatif. Tu peux passer des milliers d'heures en studio, il importe d'abord que les choses se passent bien entre les individus concernés.»

Rien de délibéré

Lorsqu'il s'est mis lui-même à écrire, composer ou rapper, notre interviewé ne s'identifiait pas à un ou des artistes précis ni à quelque sous-tendance hip-hop.

«À vrai dire, je ne savais pas exactement ce que je faisais au départ. Je travaillais seul sans vouloir copier quiconque. On m'a dit par la suite à qui ou à quoi je pouvais me comparer... Il importe peu de mentionner ces artistes ou tendances, car il n'y avait rien de délibéré là-dedans.»

La signature Vince Staples est plutôt minimaliste; elle se fonde sur un mélange circonspect de sons consensuels et expérimentaux, qu'il est difficile d'inscrire dans un courant connu.

«Bien sûr, des artistes ressemblent aux leaders de certaines tendances ou peuvent encore s'identifier à un son régional, comme le trap à Atlanta, convient-il. On peut toujours trouver des points communs entre les MC et beatmakers d'une même grande ville.»

«En ce qui me concerne, il ne me vient pas à l'esprit de copier le voisin, surtout pas Kendrick Lamar. Lui-même a tout mis en oeuvre pour rester lui-même.»

Sur scène, le Californien indique qu'il se produit seul avec son DJ, Westside Ty.

«Il s'y trouve plein de sons que des instrumentistes traditionnels ne peuvent reproduire. Les sons proviennent de différentes sources, plusieurs sont perceptibles après les premières écoutes. Je n'ai aucun a priori sur les sons. Je choisis ceux qui m'interpellent et me séduisent. Il n'y a aucune règle. La musique ne peut se résumer en une série de catégories valables ou non valables.» - Alain Brunet

Scène de la Vallée, demain, 21 h.

The Range

Stroudsburg, Pennsylvanie, Hip-hop

Réalisateur, chanteur et rappeur (hip-hop, grime, synthpop, indie pop, dancehall, etc.), James Hinton a repiqué le travail d'illustres inconnus, en a assemblé et traité les fragments pour les inscrire dans ses propres chansons. Daniel Kaufman en a fait un film documentaire: Superimpose. - Alain Brunet

Scène Piknic Électronik, samedi, 17 h 40.

Jazz Cartier

Toronto, Canada, Hip-hop

La réputation de ce MC torontois monte en flèche depuis plusieurs mois. Certains vont jusqu'à affirmer qu'il sera le prochain à atteindre le statut de ses concitoyens Drake et The Weeknd. Nous verrons bien, mais Jazz Cartier propose d'ores et déjà un hip-hop supérieur. - Alain Brunet

Scène de la Vallée, samedi, 21 h.

Skepta

Tottenham, Angleterre, Grime, hip-hop

Ce MC trentenaire est parmi les artistes importants, voire les pionniers du style grime, puisant dans le hip-hop et des sous-genres électroniques ayant fleuri au Royaume-Uni: UK garage, dub, dancehall, jungle/drum'n'bass. Avec le récent opus Konnichiwa, le respect dont il jouit est toujours à son max. - Alain Brunet

Scène verte, dimanche, 16 h 55.

Hiatus Kaiyote... (Photo Wilk, fournie par Sony Music) - image 6.0

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Hiatus Kaiyote

Photo Wilk, fournie par Sony Music

À DÉCOUVRIR

Hiatus Kaiyote

Dans la nébuleuse future soul/R&B/groove/jazz/électro, ce quartette de Melbourne requiert toute votre attention: Hiatus Kaiyote, avec pour figure de proue la supérieurement douée Naomi «Nai Palm» Saalfield.

Les albums Tawk Tomahawk (2012) et Choose Your Weapon (2015) ont récolté d'excellentes critiques, mais la formation australienne ne rayonne pas encore au-delà d'un cercle d'initiés. Le seul passage montréalais de ce quartette top niveau remonte à août 2013 au Petit Campus. Escale pour le moins discrète!

Osheaga vous propose de combler le... hiatus, car Nai Palm et ses collègues sont désormais un must absolu pour les mélomanes férus de groove première classe, nouveau et rutilant maillon de la chaîne post-Stevie Wonder, post-Prince ou post-George Duke.

Comment expliquer cette germination australienne dans le terreau de la soul futuriste? La réponse est directe, terre à terre: «J'ai été élevée dans une famille où jouait énormément de musique soul, Aretha Franklin et tout ça. Très jeune, j'ai été exposée à un vaste éventail de styles musicaux. J'y ai porté attention, j'ai d'abord appris par oreille», résume Nai Palm, jointe cette semaine à New York, où se produisait Hiatus Kaiyote.

Refuser les étiquettes

En fait, notre interviewée aime décrire ses collègues et elle comme des enfants de l'internet.

«Nous sommes en 2016, la culture est mondialisée, chaque être humain connecté au web peut de mieux en mieux choisir une trajectoire qui n'a pas nécessairement à voir avec la culture de sa région d'origine. Des ados islandais peuvent être férus de gangster rap! C'est pourquoi le milieu musical de Melbourne, comme tous les autres des grandes villes, est extrêmement diversifié.»

«Je me méfie de cette étiquette funk-jazz-groove qu'on nous accole. Nous aimons aussi le punk rock et les musiques africaines; nos influences sont beaucoup plus vastes que certains ne le croient.»

Elle refuse tout autant de se considérer comme l'artiste clé de sa formation.

«Hiatus Kaiyote est vraiment un groupe collaboratif, insiste-t-elle. Toutes les idées sont évaluées avec le même intérêt. Nous sommes ce que nous sommes parce que nous avons eu la patience de trouver ensemble cette alchimie. En ce qui me concerne, je suis une compositrice "naturelle", j'imagine ne pas avoir la même vision du monde que la plupart des gens... Mais je ne me mets pas au-dessus des autres.»

On en déduit qu'il ne faut pas présumer de l'avenir esthétique façon Hiatus Kaiyote...

«Il n'y a pas de plan, affirme Nai Palm, la progression est naturelle. Nous ne sommes pas le genre de groupe qui va envisager d'enregistrer un album trap! En revanche, rien ne reste stable entre nous; nous trouvons d'ailleurs déprimants les groupes ou artistes qui se tiennent pour acquis.» - Alain Brunet

Scène des Arbres, samedi, 14 h 45.

Dear Rouge

Vancouver, Canada, Rock électro

Mariés dans la vie, les partenaires de scène Drew et Danielle McTaggart ont pas mal bourlingué avec ce dance rock électro très catchy, très bien construit, nommé Dear Rouge. Bien assez pour remporter le Juno du groupe révélation de l'année en avril dernier. - Alain Brunet

Scène des Arbres, demain, 16 h 10.

Fakear

Caen, France, Électro

Fils de professeurs de musique, Théo Le Vigoureux a fait partie d'un groupe caennais dont est sorti un autre doué DJ/réalisateur, Superpoze. Éduqué au jeu de maints instruments, Fakear est de cette vague de musiciens français dont l'approche mélodique est au coeur de la proposition électronique. - Alain Brunet

Scène Piknic Électronic, samedi, 16 h 30.

HAELOS

Londres, Royaume-Uni, Synth pop/dream pop

Depuis la sortie de l'album Full Circle, cet excellent trio tourne avec des instrumentistes chevronnés et crée ainsi une synth pop/dream pop/électro hautement mélodique, fine, sensuelle, accrocheuse. Dom Goldsmith, Arthur Delaney et Lotti Bernardout forment HAELOS, on ne s'étonnera pas de leur ascension. - Alain Brunet

Scène des Arbres, dimanche, 19 h 15.

Alex G

Philadelphie, États-Unis, Folk rock

Voilà une usine à chansons sur pattes. Alex G a la cote depuis la sortie automnale de l'album Beach Music en 2015. Ambitieux arrangements, approche intemporelle avec guitares, machines et distorsions, belles offrandes vocales, solides références folk, on pense parfois à Elliott Smith... - Alain Brunet

Scène de la Vallée, dimanche, 13 h 35.

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