Frida Kahlo, côté jardin

Un autoportrait de la peintre la voit métamorphosée... (Photo: ARS)

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Un autoportrait de la peintre la voit métamorphosée en une sorte de tournesol.

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Yves Schaeffner

collaboration spéciale

La Presse

Après Claude Monet et Charles Darwin, c'est au tour de l'artiste mexicaine Frida Kahlo de faire l'objet d'une exposition au Jardin botanique de New York. Dépaysement assuré, à grand renfort de cactus et d'autoportraits.

Deux autoportraits, quelques natures mortes, une poignée de croquis, quelques reproductions de photos d'époque: la partie clairement artistique de l'exposition Frida Kahlo: Art, Garden, Life du Botanical Garden occupe finalement peu d'espace. Mais ces 14 oeuvres sont un peu l'arbre qui cache la forêt. Soigneusement choisies, elles soulignent l'intense relation de l'artiste avec la culture mexicaine indigène, tant humaine que végétale.

Il y a notamment un portrait du botaniste Luther Burbank dont le corps, mi-arbre, mi-humain, semble célébrer le cycle de la vie. Il y a aussi deux autoportraits de celle qui a été surnommée «la mère des égoportraits».

L'un, fort célèbre, la met en scène en compagnie d'un singe, d'un chat noir et d'une foule de symboles au milieu d'une végétation luxuriante. L'autre, plus étonnant, la voit métamorphosée en une sorte de tournesol.

Moins connues, une série de natures mortes se révèlent riches en sous-texte. Derrière ses fruits tranchés se cache en effet plus d'un symbole sexuel, social ou politique.

Racines indigènes

Fille d'un père allemand et d'une mère métisse, Frida Kahlo (1907-1954) fait partie de cette génération de Mexicains qui se sont mis à embrasser la culture indigène plutôt que de rester asservis au «bon goût» européen.

Avec son mari Diego Rivera, Frida Kahlo modifiera ainsi petit à petit le jardin de sa maison familiale, la fameuse Caza Azul (Maison bleue). Alors que ses parents n'en avaient que pour les roses et autres plantes populaires dans les jardins d'Europe, Frida et son peintre de mari cultiveront avec fierté des plantes locales.

Une série de photos, magnifiques, prises par un de ses amants, le photographe Nickolas Muray, montrent notamment Frida Kahlo dans le fameux jardin, entourée de cactus et de plantes indigènes.

Le Botanical Garden a d'ailleurs recréé certains éléments du jardin de la Maison bleue dans les immenses et splendides serres du conservatoire Haupt. On peut notamment y voir une sorte de pyramide surmontée de délirants cactus et une reproduction du bureau de Frida Kahlo, petits pots de peinture inclus.

On y retrouve également des philodendrons, dont les immenses feuilles en forme de coeur figurent sur le portrait de Luther Burbank, ou des dahlias que Kahlo arborait si souvent dans ses cheveux.

Dans un mode plus ludique, le Jardin botanique, qui a bien saisi le statut d'icône un brin caricaturale de Frida Kahlo, a aussi créé une application pour téléphone intelligent afin de «kahloïser» n'importe quel égoportrait. Les utilisateurs sont invités à se mettre des fleurs dans les cheveux ou à se dessiner des sourcils épais, en plus d'en apprendre davantage sur l'artiste.

Si cela peut faire sourire, l'exposition, pour sa part, prend ses distances avec les clichés liés à la peintre et éclaire de façon oblique ses convictions politiques, ses obsessions, ses questionnements. Bref, le genre de choses que l'on peut apprendre en explorant une partie du jardin (pas si) secret d'une grande artiste.

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Au Jardin botanique de New York jusqu'au 1er novembre.

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