Taxes aux États-Unis: Résolu inquiète pour ses usines de Kénogami et Dolbeau

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Richard Garneau, président et chef de la direction de Produits forestiers Résolu.

Photo Jeannot Lévesque, Archives Le Quotidien

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Julien Arseneault
La Presse Canadienne
Montréal

Sous le coup d'une importante augmentation de taxes pour l'exportation d'une catégorie de papier aux États-Unis, Produits forestiers Résolu (T.RFP) s'inquiète pour la compétitivité de deux de ses usines.

Depuis la mi-octobre, ses usines de Kénogami et Dolbeau, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, où travaillent plus de 310 personnes, font face à une taxe de 17,87% pour leurs exportations d'un certain type de papier glacé au sud de la frontière.

Ces droits compensatoires ont été imposés après que les producteurs se sont plaints que leurs concurrents canadiens obtenaient des subventions qui leur accordaient un avantage injuste en vertu des accords commerciaux internationaux.

« Nous croyons que cette décision est basée sur le refus de considérer toute l'information rendue disponible par notre entreprise », a déploré le président et chef de la direction de Résolu, Richard Garneau, jeudi.

Il a effectué ces commentaires dans le cadre d'une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du troisième trimestre, où la papetière québécoise a réduit sa perte nette.

Le département américain du Commerce avait estimé que Résolu n'avait pas offert de collaboration dans le cadre de son enquête, ce que la société réfute vigoureusement.

Concurrence déloyale

Les usines de Port Hawkesbury (Nouvelle-Écosse) et JC Irving (Nouveau-Brunswick) bénéficient d'un coup de pouce financier gouvernemental, ce que les producteurs américains considèrent comme de la concurrence déloyale.

Questionné par les analystes, M. Garneau a affirmé que les usines de Kénogami et Dolbeau n'ont pas reçu de subventions, ce qui explique pourquoi l'entreprise conteste l'augmentation.

« Il s'agit d'une révision administrative, a-t-il dit. Cela pourrait prendre entre 12 et 18 mois. J'espère que nous serons en mesure de trouver une façon plus rapide. »

Résolu estime que le droit de 17,87% imposé à ses produits - en hausse par rapport à un calcul préliminaire de 2,04% - est trop élevé parce que les États-Unis n'ont pas tenté de quantifier l'importance financière de deux « prétendues subventions » et qu'ils se sont plutôt fiés aux taux établis dans le cadre d'une révision administrative qui avait été menée en 1997 au sujet des importations de magnésium.

« Cette situation pourrait affecter négativement la compétitivité de nos usines à Kénogami et Dolbeau », a souligné M. Garneau, sans toutefois évoquer le scénario de mises à pied ou de fermetures.

Le grand patron de Résolu a rappelé que l'usine de Port Hawkesbury, relancée en 2012 grâce à une aide gouvernementale de 124,5 millions, avait été à l'origine de la fin des activités de son usine Laurentide, à Shawinigan, en 2014.

Quant à sa performance au troisième trimestre, l'entreprise a vu sa perte nette passer de 116 millions, ou 1,23 $ US par action, à 6 millions, ou sept cents par action, pour la période terminée le 30 septembre dernier.

Sur une base ajustée, en excluant les éléments non récurrents, Résolu a engrangé des profits de 14 millions, ou 15 cents par action, par rapport à 15 millions, ou 16 cents par action, à la même période l'an dernier.

Les revenus trimestriels ont glissé de 17% pour s'établir à 905 millions. Le bénéfice d'exploitation ajusté a été de 82 millions, comparativement à 75 millions au troisième trimestre en 2014.

Cette performance trimestrielle a dépassé la prévision de l'analyste Paul Quinn, de RBC Marchés des capitaux, qui tablait sur un profit ajusté par action de trois cents.

Elle n'a toutefois pas répondu aux attentes des investisseurs, puisque le titre de Résolu a abandonné 1,33 $, soit 11,6%, à la Bourse de Toronto, pour clôturer à 10,12 $.

Résolu exploite environ 40 usines de pâtes, de papiers et de produits du bois au Canada, aux États-Unis ainsi qu'en Corée du Sud.




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