Postes Canada remonte la pente

Postes Canada affiche déjà une meilleure situation financière au dernier... (Photo Archives La Presse Canadienne)

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Postes Canada affiche déjà une meilleure situation financière au dernier trimestre, grâce à la hausse importante du coût des timbres et à la baisse de coûts touchant son personnel.

Pour son deuxième trimestre de l'exercice 2014, Postes Canada a enregistré un profit avant impôt de 53 millions $, comparativement à une perte avant impôt de 104 millions $ lors du trimestre correspondant de 2013.

Et pour le premier semestre de 2014, la société affiche un profit avant impôt de 26 millions $, comparativement à une perte avant impôt de 36 millions $ pour le premier semestre de 2013.

Ce revirement de situation s'explique par la hausse du coût des timbres, par la croissance du service de livraison des colis et par la baisse des coûts de certains avantages sociaux du personnel, affirme Postes Canada.

Ces résultats ont suscité un appel de la part du syndicat représentant bon nombre des travailleurs à se pencher sur les solutions de rechange aux compressions.

«Postes Canada a été rentable presque sans faute au cours des 20 dernières années. Donc, le genre de compressions que Postes Canada et les conservateurs tentent de nous imposer sont tout à fait inutiles», a affirmé par communiqué Denis Lemelin, président national du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes.

«Postes Canada doit emboiter le pas au reste du monde en améliorant le service postal, et non pas en réduisant les services», a-t-il ajouté.

Pendant ce temps, le service de livraison de courrier a continué son déclin, du moins en termes de volume. Mais il a généré davantage de revenus. Ainsi, les revenus du secteur «courrier transactionnel», qui inclut les lettres, les factures et les relevés, ont atteint 823 millions $ pour le deuxième trimestre de 2014. Il s'agit d'une hausse de 14,3 pour cent par rapport au trimestre correspondant de l'exercice précédent. Postes Canada attribue cette hausse, malgré une baisse du volume, aux majorations de ses tarifs de postes-lettres.

Postes Canada admet que «l'érosion des volumes de courrier transactionnel pour le deuxième trimestre a été inférieure à celle qui avait été prévue». Elle attribue ce phénomène aux élections provinciales en Ontario et au Québec et à son timbre permanent.

Pour l'ensemble du semestre, les revenus de ce secteur ont atteint 1,6 milliard $, soit une augmentation de 3,5 pour cent par rapport à 2013.

Loin de vouloir ralentir le rythme de ses changements en profondeur qu'elle a annoncés en décembre 2013, Postes Canada estime que ces résultats démontrent le besoin urgent de se transformer à long terme.

La société indique que pour le deuxième trimestre seulement, le coût des avantages sociaux de son personnel a été réduit de 58 millions $ par rapport à 2013. Depuis le début de l'exercice, la réduction nette du coût de ces avantages atteint 113 millions $.

La livraison de colis, grâce aux achats en ligne, est en croissance, tant en termes de volumes que de revenus.

La société a annoncé l'an dernier un train de mesures de resserrement qui ont été contestées, parmi lesquelles la cessation éventuelle de la livraison du courrier à domicile et son remplacement par des boîtes communautaires. Elle parle à ce chapitre de «progrès considérables» depuis le début effectif de l'exercice.

D'ici la fin de 2014, quelque 100 000 adresses dans 11 collectivités passeront aux boîtes communautaires. En 2015, environ 1,17 million d'adresses feront de même. Postes Canada se donne cinq ans pour convertir aux boîtes communautaires le dernier tiers des ménages canadiens qui reçoivent encore leur courrier à la porte.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD), qui a dénoncé haut et fort le plan de restructuration de Postes Canada, ne croit pas que les profits enregistrés démontrent que les changements apportés ont porté fruit.

«Cela prouve tout le contraire», a lancé le chef Thomas Mulcair en point de presse, mercredi, sur un autre sujet.

«La solution de Stephen Harper de tuer cet important service pour le Canada n'était absolument pas nécessaire», a-t-il ajouté.

«C'est un incompétent en série», a dit M. Mulcair au sujet du premier ministre et de ses habiletés de gestion.

Quant au Groupe d'entreprises de Postes Canada - qui inclut le secteur Postes Canada et trois filiales en propriété non exclusive: Purolator Holdings, le Groupe SCI et Innovapost - il affiche un profit avant impôt de 86 millions $ pour le deuxième trimestre de 2014, comparativement à une perte avant impôt de 76 millions $ pour le trimestre correspondant de 2013.

Et pour le premier semestre, il a enregistré un profit avant impôt de 49 millions $ comparativement à une perte avant impôt de 25 millions $ pour la même période en 2013.




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