Boeing et Embraer proches d'un accord dans les avions commerciaux

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La prise de contrôle des avions de ligne d'Embraer permettrait à Boeing de compléter son portefeuille en y ajoutant des appareils d'une capacité allant jusqu'à 150 sièges et de regagner du terrain dans le moyen-courrier face à Airbus, qui a annoncé mi-octobre un partenariat stratégique avec Bombardier portant sur les avions C Series.

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Agence France-Presse
Brasilia

Les avionneurs américain Boeing et brésilien Embraer s'acheminent vers un accord pour créer une société qui comprendra seulement les avions commerciaux du second et dans laquelle le gouvernement brésilien aura son mot à dire, a indiqué mardi à l'AFP une source proche du dossier.

Un peu plus d'un mois après avoir fait état de discussions entre eux en vue d'un rapprochement, les deux constructeurs aéronautiques ont peaufiné leur projet destiné à obtenir le feu vert des autorités brésiliennes, inquiètes d'une éventuelle mainmise de Boeing sur les activités militaires d'Embraer.

Les grandes lignes de l'accord prévoient que Boeing détienne de 80% à 90% de la nouvelle entreprise dont le siège pourrait être basé à Chicago, quartier général actuel du constructeur du 747, a dit la source à l'AFP.

Les opérations militaires d'Embraer resteraient, elles, sous contrôle brésilien, a ajouté cette même source sous couvert d'anonymat.

Boeing a présenté ces propositions au gouvernement brésilien, qui garderait une «golden share», soit un droit préférentiel lui donnant un droit de veto sur les décisions stratégiques impliquant la nouvelle entreprise.

«Les discussions avancent dans la bonne direction», a encore dit mardi la source.

Boeing devrait signer un gros chèque à Embraer qui à son tour versera des dividendes à ses actionnaires actuels, affirme de son côté le journal brésilien Valor, citant des sources anonymes.

Contacté par l'AFP, Boeing n'a pas souhaité faire de commentaire. «Nous n'avons aucune information ou confirmation», a répondu pour sa part un porte-parole d'Embraer.

À Wall Street, le titre Boeing gagnait 2,8% à 336,05 dollars dans les premiers échanges, tandis que l'action Embraer montait de 4,65% à 26,56 dollars.

Le groupe brésilien, qui a une double cotation, voyait son titre progresser également de 2,82% à la Bourse de Sao Paulo où l'indice Ibovespa ne gagnait que 1,18%.

Refaire son retard

«Nous savons que le gouvernement du Brésil a fait état de certaines craintes et soulevé des questions que nous respectons. (Nous) y travaillons, notamment sur les éventuelles options», avait déclaré fin janvier Dennis Muilenburg, le PDG de Boeing lors de la publication des résultats annuels. «Je suis optimiste quant au fait que nous pouvons parvenir à un accord, mais il y a encore du travail».

Au nom de «la souveraineté nationale», le gouvernement brésilien a répété exclure de céder le contrôle d'Embraer, tout en se disant ouvert à un partenariat entre ce fleuron national et une société étrangère au moment où le secteur aéronautique local est désespérément à la recherche d'argent frais pour remplir ses caisses vidées par deux années de récession.

Troisième constructeur mondial avec près de 6 milliards de dollars de chiffre d'affaires et 16 000 employés, Embraer, privatisé en 1994, est un des joyaux du Brésil avec une gamme d'avions civils, militaires, mais aussi de jets d'affaires.

Sa branche défense comprend des modèles comme le A-29 Super Tucano destiné à des missions d'attaque ou d'entraînement et le KC-390, destiné au transport militaire.

La prise de contrôle des avions de ligne d'Embraer permettrait à Boeing de compléter son portefeuille en y ajoutant des appareils d'une capacité allant jusqu'à 150 sièges et de regagner du terrain dans le moyen-courrier face à Airbus, qui a annoncé mi-octobre un partenariat stratégique avec Bombardier portant sur les avions C Series.

Embraer a lancé en 2013 la famille E-Jets E2, une nouvelle génération d'appareils dont l'entrée en service est prévue à partir de 2018 et qui sont les futurs concurrents des C Series.

«Nous estimons que Boeing va beaucoup en profiter, en entrant dans un segment du marché des avions commerciaux où il n'est pas présent (les avions de ligne de moins de 150 sièges, NDLR)», estime Jim Corridore, expert chez CFRA Research.




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