Delta choisit Airbus pour ses longs-courriers

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Cette commande de 50 long-courriers a une valeur de 14 milliards de dollars au prix catalogue, c'est-à-dire avant les rabais traditionnellement accordés par les constructeurs.

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Delphine TOUITOU
Agence France-Presse

L'avionneur européen Airbus (EADSY) est en passe de signer avec la compagnie américaine Delta Air Lines (DAL) un contrat portant sur 50 long-courriers, coiffant son rival américain Boeing (DAL) au poteau.

Le contrat avec la troisième compagnie américaine porte sur 25 appareils A350-900, le nouveau biréacteur long-courrier d'Airbus qui a reçu la semaine dernière la certification des autorités américaines, et sur 25 A330neo, version remotorisée du best-seller de l'avionneur qui doit entrer en service fin 2017, selon une source proche qui a requis l'anonymat.

Cette commande a une valeur de 14 milliards de dollars au prix catalogue, c'est-à-dire avant les rabais traditionnellement accordés par les constructeurs.

«La commande devrait être finalisée d'ici quelques jours. L'annonce pourrait être faite en début de semaine prochaine», a indiqué une autre source également sous couvert d'anonymat.

L'avionneur et la compagnie se sont refusé à tout commentaire.

L'A350-900, qui doit entrer en service courant décembre, rivalise avec les Boeing 777 et 787 Dreamliner. Il comptait jusqu'à présent 750 commandes nettes.

En avril, Delta Air Lines avait demandé à Airbus et Boeing de lui soumettre des devis en vue du remplacement de sa flotte de gros porteurs Boeing 747-400 et 767-300, précisant que la commande devrait être annoncée «d'ici la fin de l'année».

Équipé des moteurs Trent XWB de Rolls-Royce et capable de transporter 315 passagers sur une distance de 14 500 kilomètres, l'A350-900 est stratégique pour le constructeur, engagé dans une course avec Boeing pour la domination du marché lucratif des avions long-courriers.

L'A330neo (pour New engine option) avait été lancé en juillet lors du salon aéronautique de Farnborough près de Londres. Son lancement avait été assorti d'intentions d'achat portant sur une centaine d'appareils mais Delta n'avait pas alors annoncé d'accord.

Airbus espère finaliser une partie de ces engagements de commandes d'ici la fin de l'année afin de les intégrer à son bilan commercial 2014.

Plus économe en carburant que les A330 actuels, cet avion se décline en deux versions, A330-800neo et A330-900neo.

Il était réclamé par un certain nombre de compagnies utilisatrices de l'A330 dont Delta Air Lines.

«Delta est un client relativement historique d'Airbus», souligne Christophe Ménard, spécialiste du secteur aéronautique chez Kepler Cheuvreux.

La compagnie américaine exploite déjà en effet une flotte importante d'Airbus dont 126 appareils de la famille A320 et 32 de la catégorie A330.

En juin, elle avait en outre commandé 15 exemplaires du moyen-courrier A321. En septembre 2013, elle avait aussi annoncé l'achat de 40 appareils (10 A330-300 et 30 A321) qui seront livrés enter 2015 et 2017.

Pénurie de créneaux de livraisons pour les 787

«Si cette commande est officialisée, elle illustrera la politique de la compagnie américaine de se porter plutôt sur des avions matures, à l'efficacité éprouvée», commente M. Ménard.

Il ajoute que les dirigeants de Delta avaient d'ailleurs eux-mêmes incité Airbus à lancer une version remotorisée de l'A330. «Cette commande serait donc logique», dit-il.

Comme toutes les compagnies, Delta s'efforce de renouveler sa flotte avec des avions plus économes en carburant. Ces appareils, utilisés pour ses nombreux vols transatlantiques (Delta est partenaire d'Air France-KLM et d'Alitalia au sein de la coentreprise), lui permettront d'optimiser son réseau.

S'agissant de l'A350, Airbus bénéficie sans doute du fait qu'il dispose de créneaux de livraisons disponibles depuis l'annulation de la commande de 70 A350 d'Emirates «alors que Boeing n'a, au contraire, pas de slots disponibles à brève échéance pour son 787», poursuit M. Ménard.

Cette commande illustre aussi que le manque de créneaux de livraisons est devenu crucial dans le choix des compagnies, commente d'ailleurs le courtier Westhouse Securities dans une note d'analyse.

Dans tous les cas, cela reste une très bonne nouvelle pour Airbus et pour Rolls Royce «qui ont une part de marché relativement faible auprès des compagnies américaines», ajoute-t-il.

«C'est d'autant plus important que les transporteurs américains traditionnels ont une flotte vieillissante qu'ils doivent renouveler. Celle de Delta atteint 17 ans», rappelle-t-il enfin.

Et, une annonce aux États-Unis, terre de Boeing, reste toujours une bonne nouvelle, dit-on chez Airbus.

À la Bourse de Paris, le titre de la maison mère Airbus Group cédait pourtant 1,13% à 46,47 euros à la mi-journée dans un marché en baisse de 1,19%. Le cours temporise depuis lundi après avoir bondi vendredi à l'annonce des résultats trimestriels.




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