Les réfugiés et l'emploi: travailleurs manuels recherchés

Philip Shapiro, propriétaire d'Atelier Mirage, de Ville-Émard, a... (Photo Alain Roberge, archives La Presse)

Agrandir

Philip Shapiro, propriétaire d'Atelier Mirage, de Ville-Émard, a justement téléphoné au numéro sans frais du gouvernement. «C'est dur. On fait tout à la main. Ce genre de travail n'existe plus vraiment par ici. Mais ça existe encore en Europe, au Moyen-Orient et en Russie».

Photo Alain Roberge, archives La Presse

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Les premiers contingents de réfugiés en provenance du Moyen-Orient arrivent au pays ces jours-ci. Un facteur-clé de leur intégration réside dans leur capacité à dénicher rapidement du travail. La Presse Affaires s'est entretenue avec des entrepreneurs prêts à donner une chance aux nouveaux venus qui auraient les compétences recherchées.

De la parole aux actes chez Cogeco

Le président et chef de la direction de Cogeco, Louis Audet, qui exhortait publiquement le gouvernement canadien d'ouvrir les frontières pour accueillir jusqu'à 100 000 réfugiés pour l'année 2016 seulement, entend passer de la parole aux actes.

«C'est clair que Cogeco va contribuer à l'effort sur le plan de l'emploi pour un certain nombre de réfugiés, assure René Guimond, porte-parole de l'entreprise. C'est trop tôt pour dire combien et dans quels marchés. Nos gens des ressources humaines sont à évaluer attentivement la situation de même que les différents programmes proposés.»

Couturier chez Bouty

Bouty, de Montréal-Nord, fabrique des chaises et des fauteuils de bureau. Son président, Éric Morin, a mandaté sa responsable des ressources humaines de trouver de l'information sur les compétences professionnelles des réfugiés.

L'entreprise, qui emploie une quarantaine de personnes, devra faire face à des départs à la retraite prochainement. Elle vient d'ailleurs d'engager un jeune tailleur tout frais sorti du Centre de formation professionnelle des Moulins.

«Je suis sur le marché pour un couturier, dit M. Morin à La Presse Affaires. Si on a la possibilité d'évaluer les aptitudes de ces nouveaux arrivants, c'est certain que ça nous intéresse.»

Un appel à tous qui a été entendu

Le gouvernement du Québec a lancé un appel aux entreprises pour qu'elles accueillent des réfugiés dans leur effectif. Il les invite à communiquer les postes ouverts en téléphonant au 1 877 644-4545.

Le programme d'aide à l'intégration des immigrants et des minorités visibles en emploi (PRIIME) fournit un appui financier couvrant une partie du salaire de la personne embauchée et le coût de son accompagnement. En date du 11 décembre, 50 entreprises avaient répondu à l'appel, offrant jusqu'à 250 postes.

Rembourreur recherché chez Mirage

Philip Shapiro, propriétaire d'Atelier Mirage, de Ville-Émard, a justement téléphoné au numéro sans frais du gouvernement. La PME de 11 employés fabrique sur mesure du mobilier résidentiel haut de gamme depuis 21 ans. L'entreprise, qui a le vent dans les voiles, est toutefois freinée dans son élan par la difficulté de recruter des rembourreurs d'expérience.

«C'est dur. On fait tout à la main. Ce genre de travail n'existe plus vraiment par ici. Mais ça existe encore en Europe, au Moyen-Orient et en Russie», dit M. Shapiro, en entrevue. Six postes ont été ouverts récemment chez Mirage.

Aromas Naturales est une petite entreprise de Saint-Léonard... (Photo François Roy, La Presse) - image 2.0

Agrandir

Aromas Naturales est une petite entreprise de Saint-Léonard créée par Angel Sutil, Espagnol d'origine établi au Québec depuis 40 ans. Elle conçoit et vend des produits aromatiques d'ambiance depuis 1996. Il est à la recherche d'un céramiste capable de lui fabriquer des diffuseurs en céramique.

Photo François Roy, La Presse

Céramiste chez Aromas

Aromas Naturales est une petite entreprise de Saint-Léonard créée par Angel Sutil, Espagnol d'origine établi au Québec depuis 40 ans. Elle conçoit et vend des produits aromatiques d'ambiance depuis 1996. Il est à la recherche d'un céramiste capable de lui fabriquer des diffuseurs en céramique.

«Il y en a beaucoup, des céramistes, au Québec, mais ils se prennent tous pour des artistes. Ils n'aiment pas le travail en série», dit-il, au téléphone.

Il est même prêt à engager le conjoint ou la conjointe de son éventuel céramiste pour qu'il ou elle tienne un stand lors d'expositions.

Quelque 66 000 postes à pourvoir

Une étude récente de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante estime à 66 200 le nombre de postes à combler au Québec au troisième trimestre 2015. Ces postes sont restés vacants pendant au moins quatre mois.

«On s'imagine toujours que ce sont strictement des emplois spécialisés. On a beaucoup de postes à combler qui sont des emplois manuels», dit Martine Hébert, vice-présidente principale de la FCEI. Ça fait longtemps qu'on milite pour que les politiques d'immigration permettent aussi aux personnes qui ne sont pas spécialisées d'entrer au pays», dit-elle. L'occasion est belle avec la présente vague de réfugiés.




Les plus populaires : Affaires

Tous les plus populaires de la section Affaires
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer