Comment le Canadien tirera profit de la baisse du dollar

Alors que la quasi-totalité des revenus est en... (Photo Paul Chiasson, La Presse Canadienne)

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Alors que la quasi-totalité des revenus est en dollars canadiens, le principal poste de dépenses d'une équipe canadienne de la LNH - les salaires des joueurs - est en dollars américains, une règle de la convention collective.

Photo Paul Chiasson, La Presse Canadienne

La baisse du dollar canadien devrait faire mal aux finances du Canadien de Montréal, non? Si le Tricolore a été prudent comme à son habitude, il pourrait au contraire faire davantage de profits cette saison en raison de la baisse du huard.

C'est que le Canadien se protège contre les fluctuations du huard, au même titre que toutes les équipes canadiennes de la Ligue nationale de hockey (LNH), selon les renseignements recueillis par La Presse Affaires auprès de plusieurs sources bien informées. Une précaution qui aura rarement été aussi rentable que cette saison, alors que le huard est passé de 0,94$US à 0,80$US depuis juillet dernier.

Alors que la quasi-totalité des revenus est en dollars canadiens, le principal poste de dépenses d'une équipe canadienne de la LNH - les salaires des joueurs - est en dollars américains, une règle de la convention collective. Cette saison, la masse salariale du Canadien est d'environ 63,6 millions US. Si l'équipe devait payer ses joueurs pour l'année d'un seul coup au taux de change actuel, il lui en coûterait 79,5 millions CAN.

Protection contre les variations

Mais voilà, comme bien des entreprises qui connaissant à l'avance leurs besoins en dollars américains, le Canadien et les autres équipes canadiennes de la LNH achètent des dollars américains (par l'entremise de contrats à terme ou d'options), se protégeant ainsi contre une baisse du huard à court terme. De façon générale, les équipes se protègent à hauteur de 75 à 100% de leurs dépenses en dollars américains, généralement un an à l'avance, parfois plus. Le Canadien, qui discute rarement de ses finances publiquement, n'a pas voulu commenter ce dossier. Il est donc impossible de savoir avec exactitude à quel degré il s'est protégé contre les fluctuations du huard cette saison et pour les prochaines saisons. «C'est le type d'entreprise qui connaît son risque car la masse salariale est fixe. Une équipe canadienne de la LNH sait de combien de dollars américains elle aura besoin dès le début de l'année», dit Frédéric Mayrand, premier vice-président responsable des devises chez BNP Paribas au Canada.

Le coût de telles opérations - qui est lié à la différence des taux d'intérêt entre le Canada et les États-Unis - est relativement faible, surtout dans les présentes conditions. Actuellement, comme les taux sont plus élevés au Canada, il faut payer un léger supplément inférieur à un centième (0,01) sur le taux de change en vigueur pour acheter des dollars américains. On doit donc payer entre 1,25 et 1,26$CAN pour 1$US si le taux de change officiel est de 1,25.

Pour une équipe canadienne de la LNH, l'important est d'avoir acheté ses dollars américains avant la chute du huard. À titre d'exemple, l'achat de 63,6 millions US (la masse salariale du CH cette saison) aurait coûté environ 68,1 millions CAN au début de juillet (coût d'achat de 1,00$US à environ 1,07$CAN) comparativement à 79,5 millions CAN actuellement (coût d'achat à environ 1,25$CAN). Si le CH a été, comme à son habitude, prévoyant, il ne devrait donc pas subir actuellement les effets de la baisse récente du dollar canadien.

Le régime de partage des revenus

Mais comment la chute du huard peut-elle augmenter ses profits? Le Tricolore paiera moins d'argent au régime de partage des revenus, dont il est l'un des plus importants contributeurs saison après saison. Pour les fins du calcul du partage des revenus de la LNH, les revenus des équipes canadiennes sont convertis en dollars américains. Résultat: un huard plus faible équivaut à des revenus moins élevés et une facture diminuée de péréquation pour les équipes canadiennes les plus riches, comme le Canadien.

À court terme, les équipes canadiennes qui ont été prévoyantes sont immunisées. «Mais aucune entreprise ne se couvre à vie», dit Frédéric Mayrand, de BNP Paribas. Dès la fin de sa protection actuelle, une équipe canadienne devra acheter ses nouveaux dollars américains pour ses salaires futurs au taux de change actuel (environ 1,25$CAN pour 1$US).

Un huard en déclin sera néfaste à long terme pour les finances des équipes canadiennes de la LNH. C'était d'ailleurs pour venir en aide aux équipes canadiennes à la fin des années 90 - quand le dollar oscillait entre 64 et 70 cents US - que la LNH a instauré son premier régime de partage des revenus destiné uniquement aux équipes canadiennes.




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