Moratoire sur les travailleurs étrangers: Ottawa refuse d'exempter le Québec

Dans les cuisines du restaurant L'Atelier à Québec,... (Photo Erick Labbé, Le Soleil)

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Dans les cuisines du restaurant L'Atelier à Québec, Guillaume Dubot (ci-dessus) est l'un de ces travailleurs étrangers dont le propriétaire James Monti ne pourrait se passer.

Photo Erick Labbé, Le Soleil

(OTTAWA) Les restaurateurs québécois devraient recruter des cuisiniers et des serveurs au Québec au lieu d'espérer la levée du moratoire sur l'embauche de travailleurs étrangers temporaires, a affirmé le gouvernement Harper, lundi.

La nouvelle ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, a rencontré son homologue fédéral Chris Alexander dans l'espoir de convaincre Ottawa d'exempter les restaurants québécois du moratoire sur ce programme controversé. Mais elle s'est butée à un refus net du gouvernement conservateur.

Le ministre responsable du dossier, Jason Kenney, a déclaré aux Communes que le moratoire restera en place pour «quelques semaines», le temps que le gouvernement mette au point une réforme du Programme des travailleurs étrangers temporaires.

M. Kenney a souligné que le taux de chômage est actuellement de 14% chez les jeunes au Québec et qu'il dépasse 20% chez les nouveaux immigrants dans la province. C'est dans cet imposant bassin de main-d'oeuvre que les restaurateurs devraient recruter, a dit M. Kenney.

«Il me semble que les employeurs peuvent trouver des travailleurs parmi les jeunes chômeurs québécois et les nouveaux Québécois, a-t-il déclaré. Il faut tout d'abord engager ces personnes.»

Son collègue à l'Immigration, Chris Alexander, a qualifié de «très bonne» sa rencontre avec la ministre Weil. Mais elle ne l'a pas convaincue de faire marche arrière.

«On veut renforcer le message aux employeurs qu'il faut avoir recours au marché canadien de l'emploi dans chaque cas, a-t-il indiqué à sa sortie des Communes. Il faut se servir de notre système d'immigration canadien et québécois. Et les travailleurs étrangers temporaires sont un dernier recours. C'est ça que quelques un d'entre eux ont oublié - pas au Québec - mais ailleurs.»

La ministre Weil compte poursuivre ses représentations auprès du gouvernement fédéral malgré le refus de lundi.

«Si les médias ont révélé des cas d'employeurs fautifs dans d'autres provinces canadiennes, l'industrie québécoise de la restauration ne doit pas en subir les conséquences», a indiqué la ministre dans un communiqué.

Elle a offert d'aider Ottawa à mettre au point sa réforme du Programme.

Le gouvernement Harper a gelé le Programme des travailleurs étrangers temporaires dans le secteur de la restauration le mois dernier. Des reportages venaient de montrer que des restaurants McDonald's de Victoria, en Colombie-Britannique, s'en étaient servis pour remplacer des employés canadiens par des étrangers.

Le moratoire national pénalise indûment les établissements québécois, estime l'Association des restaurateurs du Québec (ARQ). Car pour plusieurs restaurants et bars du Québec, le programme fédéral est le seul moyen de recruter des employés.

C'est particulièrement vrai dans les centres touristiques et les régions isolées, indique le porte-parole de l'ARQ, François Meunier.

«Présentement, si vous placez une annonce pour un chef cuisinier à 60 000$ par année à Québec, vous ne trouverez personne, a illustré M. Meunier. On n'est pas dans des emplois non spécialisés. Il y a un vrai problème de pénurie de main-d'oeuvre.»

CHIFFRES - Entrées de travailleurs étrangers temporaires au Québec

2009 - 9746

2010 - 10 000

2011 - 10 955

2012 - 11 355

2013 - 11 467

Source : Ministère de l'Immigration du Québec




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