La BCE laisse sans surprise ses taux inchangés

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Le dirigeant de la BCE, Mario Draghi.

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Benoit TOUSSAINT
Agence France-Presse
LA VALETTE

Renchérissement de l'euro, inflation en berne, craintes sur l'économie mondiale: les motifs d'inquiétude sont légion pour la BCE, qui n'a pas modifié ses taux jeudi et, faute de visbilité, devrait aussi s'en tenir au statu quo sur le reste.

Le président de l'institution monétaire européenne, Mario Draghi, doit s'exprimer devant la presse à 8h30 (heure de Montréal) de Malte, où s'est réuni dans la matinée le conseil des gouverneurs, à savoir les six membres de son directoire et les 19 présidents des banques centrales de la zone euro.

À l'issue de cette réunion, la BCE n'a pas touché à ses taux directeurs. Une décision largement attendue, même si des spéculations isolées avaient ressurgi tout récemment concernant un nouvel abaissement du loyer de l'argent en zone euro.

M. Draghi devrait «livrer un message rassurant, indiquant que la BCE est extrêmement attentive aux risques liés au faible niveau d'inflation en zone euro et qu'elle est prête» à agir encore davantage en faveur de l'économie européenne, anticipe Howard Archer, chef économiste chez IHS Global Insight.

«La BCE va confirmer sa volonté d'étendre son programme d'achat d'obligations si cela s'avérait nécessaire», complète Lutz Karpowitz, de Commerzbank.

«Difficultés techniques»

La banque centrale, qui tente par tous les moyens de faire repartir les prix en zone euro, a lancé en mars une vaste opération de rachats de dettes, baptisée «assouplissement quantitatif» ou «QE», qui la voit débourser 60 milliards d'euros par mois jusqu'en septembre 2016 au moins.

«Les difficultés techniques que pose une intensification du QE et les trop nombreuses incertitudes entourant l'évolution de la croissance et de l'inflation devraient inciter la BCE à reporter toute décision visant à élargir ce programme», estime Carsten Brzeski, chef économiste chez ING.

La perspective d'un ralentissement des économies émergentes, notamment la Chine, nourrit bien les inquiétudes de la BCE qui veut manifestement se donner plus de temps pour évaluer la nature réelle des risques avant toute nouvelle intervention.

Discuter d'un élargissement du QE est «prématuré», a insisté la semaine dernière Benoît Coeuré, membre du directoire de l'institution. Lundi le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a lui aussi jugé qu'il n'y avait pas encore matière à recalibrer le «QE».

Officiellement, l'institution monétaire se dit toujours confiante quant à l'efficacité de sa politique. Le QE «a comblé et même surpassé nos attentes initiales», a récemment déclaré M. Draghi.

Le patron de la BCE s'est félicité de la baisse du coût et des conditions des prêts consentis par les banques au secteur privé européen. La faiblesse du crédit est l'un des freins à la croissance dans la région.

Inflation en berne

Celle-ci demeure atone et l'inflation dans la région ne redécolle pas. En septembre, les prix à la consommation se sont repliés de 0,1% sur un an, loin de l'objectif de la BCE d'une inflation légèrement inférieure à 2%.

Autre motif d'inquiétude à Francfort, le taux de change de l'euro face au dollar, qui était tombé à 1,05 en mars, s'apprécie depuis plusieurs mois. En fin de semaine dernière, la monnaie unique s'est rapprochée du seuil de 1,15 dollar.

Qui dit euro plus cher, dit baisse de la compétitivité des entreprises européennes à l'étranger et baisse des prix des produits importés.

Surtout, le renchérissement de la monnaie européenne remet en question l'efficacité des rachats de dette conduits par la BCE. L'un des effets collatéraux du «QE» devrait au contraire être une baisse de la monnaie unique.

Pour Marco Valli, économiste d'Unicredit, «il semble qu'un taux de change euro-dollar à 1,15 - 1,20 représente une sorte de seuil de tolérance (pour la BCE). Cela implique que la rhétorique accommodante de l'institution va se poursuivre, voire même s'intensifier».

Si les perspectives d'inflation de l'institution continuent à se dégrader, «la BCE va élargir le montant mensuel et la durée de ses rachats d'actifs. Nous attendons cette annonce pour le mois de décembre», affirme Johannes Mayr, de BayernLB.




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