Le «shadow banking» menace la stabilité financière, selon le FMI

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Selon le FMI, une coopération internationale est nécessaire pour éviter qu'un renforcement des règles dans un État ne conduise à une «migration» de ce marché vers des pays plus cléments.

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Le FMI a mis en garde mercredi contre la «croissance excessive» du système bancaire parallèle, ou «shadow banking», qui voit transiter des milliers de milliards de dollars et pourrait menacer la stabilité financière, notamment aux États-Unis.

Les acteurs de ce marché en pleine expansion (fonds d'investissements, fonds monétaires, sociétés de financement, assureurs...) agissent «comme les banques» en prêtant de l'argent collecté auprès d'investisseurs, mais ne sont soumis à aucune régulation, indique le Fonds monétaire international dans un rapport.

Les sommes transitant par ce système parallèle totalisent aujourd'hui jusqu'à 60 000 milliards de dollars dans les principales économies du globe, pas si loin des 72 105 milliards du produit intérieur brut mondial en 2013, selon le FMI, qui évoque une «croissance excessive» de ce secteur.

Lors d'une conférence de presse, un des responsables du département stabilité financière au Fonds, Gaston Gelos, a précisé que le montant total sur le globe était estimé «à plus de 70 000 milliards de dollars». «C'est donc assez important», a-t-il indiqué.

Les États-Unis sont les plus exposés (entre 15 000 et 25 000 milliards de dollars), suivis par la zone euro (entre 13 500 et 22 500 milliards) et les pays émergents (7000 milliards), indique ce rapport sur la stabilité financière.

«Le 'shadow banking' a tendance à prospérer quand des régulations bancaires strictes sont mises en place, menant à un contournement des règles», estime M. Gelos, cité dans un communiqué, en référence au renforcement des normes bancaires sur le globe (Bâle III...)

Ce marché prospère également du fait des taux d'intérêt faibles dans les grands pays industrialisés qui poussent les investisseurs vers une course aux «rendements plus élevés».

Selon le FMI, le «shadow banking» peut certes être bénéfique pour stimuler l'activité dans les pays émergents où le secteur bancaire traditionnel est limité par ses «capacités» ou par des obstacles «réglementaires».

Mais il est également porteur de «risques»: si les investisseurs réclamaient leur dû simultanément, les acteurs de ce marché pourraient être incapables de les rembourser et de vendre rapidement leurs créances, note le Fonds.

«Cela pourrait conduire à des ventes et à des achats au rabais similaires à ceux qui ont eu lieu pendant la crise financière mondiale» de 2008, écrit le Fonds, appelant les pays à surveiller ce marché afin de garder le système financier «sûr».

Selon le FMI, une coopération internationale est nécessaire pour éviter qu'un renforcement des règles dans un État ne conduise à une «migration» de ce marché vers des pays plus cléments.




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