Le rouble à un creux historique face à l'euro

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Pris dans la tempête qui touche l'ensemble des monnaies émergentes, le rouble a désormais chuté de plus de 6,5% par rapport à l'euro depuis le début de l'année, ce qui inquiète de plus en plus la population.

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Agence France-Presse
Moscou

La monnaie russe est tombée mardi à son plus bas niveau jamais atteint face à l'euro, poussant les autorités à se montrer rassurantes sur les conséquences sur les prix.

La monnaie européenne est montée jusque 48,55 roubles, contre un précédent record de 48,46 roubles atteint vendredi. Elle valait vers 6h30 (heure de Montréal) 48,50 roubles, alors que le dollar s'inscrivait également en hausse à 35,31 roubles.

L'effet «Sotchi» espéré par certains économistes --au minimum une stabilisation du rouble grâce à l'afflux de visiteurs liés aux JO-- n'a pas eu lieu.

Pris dans la tempête qui touche l'ensemble des monnaies émergentes, le rouble a désormais chuté de plus de 6,5% par rapport à l'euro depuis le début de l'année, ce qui inquiète de plus en plus la population.

Vendredi, la banque centrale a prévenu qu'elle était prête à relever ses taux si la dépréciation du rouble avait des répercussions importantes sur l'inflation.

Les autorités monétaires de Turquie ou du Brésil ont eu récemment recours à cette arme pour soutenir leur monnaie en difficultés. Mais les économistes sont sceptiques quant à la marge de manoeuvre de la Banque de Russie, toute hausse des taux pouvant tuer dans l'oeuf tout redémarrage de l'économie.

«J'espère que cela n'arrivera pas», a estimé mardi le vice-ministre de l'Économie, Andreï Klepatch, interrogé sur l'éventualité d'un resserrement monétaire.

«L'inflation ne montre pas de signe indiquant que cela pourrait arriver», a-t-il martelé, jugeant que l'effet sur les prix devrait rester contenu.

Les produits importés constituent plus du tiers du panier de la ménagère et surtout la brusque chute de la devise pourrait constituer un choc psychologique sur une population traumatisée par plusieurs douloureuses dévaluations depuis la chute de l'Union soviétique.

Au Kazakhstan voisin, la semaine dernière, la banque centrale a brutalement dévalué de 16% la monnaie locale, le tengué, provoquant des petites manifestations dispersées par la police.

La dépréciation du rouble, comme celle de la plupart des monnaies émergentes, a commencé l'an dernier en raison de la volonté de la banque centrale des États-Unis de réduire son soutien à l'économie américaine.

Les investisseurs se préparent à une hausse des taux aux États-Unis et y rapatrient leurs actifs.

Dans le même temps, l'économie russe a subi un fort ralentissement avec une croissance du produit intérieur brut de 1,3% l'an dernier contre 3,4% un an plus tôt.

Et la tendance ne semble pas s'améliorer. Des statistiques publiées lundi ont révélé un repli inattendu de la production industrielle en janvier (-0,2% sur un an). Les économistes tablaient sur un net rebond, de 1,1%, et la nouvelle a douché les espoirs de reprise.

«La production industrielle reste au point mort», ont résumé les analystes de VTB Capital.

De leur côté, les analystes d'Alfa Bank se sont inquiétés de la «dégradation continue» de l'opinion des investisseurs concernant la situation macroéconomique. Cela pourrait pousser les entreprises à placer leurs fonds en devises pour maintenir leur rentabilité et ainsi peser encore plus sur la valeur du rouble, ont-ils expliqué.

Le mouvement s'est précipité depuis le début de l'année, la banque centrale ayant réduit le spectre de ses interventions sur le rouble, qu'elle souhaite voir flotter librement en 2015.




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