Pas de ruée à prévoir pour les hypothèques

Selon Benjamin Tal, économiste en chef adjoint à... (Photo Edouard Plante-Fréchette, archives La Presse)

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Selon Benjamin Tal, économiste en chef adjoint à la CIBC, l'attitude des emprunteurs est «asymétrique» par rapport aux taux d'intérêt. La récente baisse ne produira pas un grand impact, croit-il, mais une hausse de 0,25% causerait sans aucun doute un effet plus vif.

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Les acheteurs de maisons peuvent s'attendre à voir les taux d'emprunt reculer, une baisse qui ne sera toutefois pas suffisante pour donner un électrochoc au marché immobilier canadien, estiment plusieurs économistes.

La Banque du Canada (BdC) a causé une surprise de taille mercredi en réduisant d'un quart de point son taux directeur. Celui-ci est passé de 1,00% à 0,75%, alors que plusieurs analystes s'attendaient plutôt à une hausse.

«Pour tous ceux qui ont des hypothèques à taux variable, selon toute probabilité, le taux préférentiel va baisser d'un quart de point dès demain [jeudi], donc ça aura un impact favorable pour eux», a expliqué Mathieu D'Anjou, économiste principal chez Desjardins.

Les taux fixes - préférés par une majorité d'emprunteurs - devraient aussi fléchir au cours des prochaines semaines. Ces taux sont liés de près au marché obligataire, qui a affiché une baisse importante après l'annonce de la BdC.

Les économies en frais d'intérêt, pour certains, pourraient se calculer en milliers de dollars pendant un terme de cinq ans. Or, rien n'indique que les acheteurs de maisons se rueront dans les banques pour contracter de nouveaux prêts hypothécaires à la suite de cette baisse de 0,25%, croit Benjamin Tal, économiste en chef adjoint à la CIBC.

«On a toute une jeune génération d'acheteurs pour qui des taux d'intérêt très bas ne sont plus considérés comme une nouvelle excitante, a-t-il dit à La Presse Affaires. Je ne crois pas que cette baisse de 0,25% constituera un gros déclencheur à la relance du marché.»

Selon Benjamin Tal, l'attitude des emprunteurs est «asymétrique» par rapport aux taux d'intérêt. La récente baisse ne produira pas un grand impact, croit-il, mais une hausse de 0,25% causerait sans aucun doute un effet plus vif.

Plusieurs éléments imprévisibles risquent par ailleurs d'influencer la tenue du marché immobilier dans les différentes régions du pays. La baisse des cours du pétrole, par exemple, a déjà fortement affecté les ventes de maisons en Alberta, et nul ne sait où la chute s'arrêtera.

«Il faudra voir ce à quoi ressemblent les perspectives de l'économie canadienne plus tard cette année, avec le déclin des prix du pétrole et du dollar, a fait valoir Nick Exarhos, économiste à la CIBC. Il faudra voir dans quelle mesure cela profitera aux provinces centrales de l'Ontario et du Québec, qui ont de vastes industries manufacturières.»

Pas de hausses en vue

À quand les hausses de taux, dans ce contexte? L'annonce de la BdC a forcé tous les économistes à retourner faire leurs calculs en vitesse.

Nick Exarhos s'attendait auparavant à voir le taux directeur grimper de 1,00 à 1,25% au premier trimestre de l'an prochain. Il estime maintenant que le taux repassera à 1,00% au deuxième trimestre, pour enfin atteindre 1,25% à l'été 2016.




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