Gad Bitton met le pied dans le Vieux-Montréal

Le 507, place d'Armes à Montréal, communément appelé... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE)

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Le 507, place d'Armes à Montréal, communément appelé édifice Aldred.

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André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Le tandem d'investisseurs qui vient d'acquérir le 507, place d'Armes, dans le Vieux-Montréal, se promet de renouveler son plaisir à la prochaine occasion.

Dans une rare entrevue accordée à un média, le propriétaire de l'entreprise de location et de financement d'automobiles Holand, Gad Bitton, a expliqué ses visées au sujet de sa plus récente acquisition: le 507, place d'Armes, communément appelé édifice Aldred.

Édifice patrimonial de style Art déco du Vieux-Montréal, le bâtiment haut de 23 étages, dont la silhouette est inspirée de l'Empire State Building de New York, a été construit au début des années 30. M. Bitton et son partenaire à parts égales - la famille de Michael Serruya, président de CoolBrands International, de Toronto - ont acquis la propriété du fondateur de Guess Jeans, Georges Marciano, le 30 juin pour la somme de 23,5 millions.

«J'aime diversifier mes risques, dit Gad Bitton, 51 ans, qui a oeuvré toute sa vie dans le domaine automobile. J'ai acquis de l'expérience en immobilier avec les années.» Il a, en effet, fait ses premières armes en multipliant les achats à compter de 1995 dans les environs du métro De la Savane, au carrefour des autoroutes 15 et 40, là où se trouve le siège social de son entreprise, Holand. Le secteur est depuis en complète transformation, pour le mieux.

Mais, c'est la vision de M. Marciano et sa rencontre avec lui, soutient-il, qui l'ont convaincu d'investir dans le Vieux-Montréal. «C'est un homme qui a accompli des choses remarquables dans son industrie. Il m'a dit d'aller marcher dans le Vieux-Montréal avec ma famille un dimanche matin. Je n'avais jamais fait ça de ma vie. Je l'ai fait et je n'en reviens pas de ce que j'ai vu. J'ai ensuite pris la calèche dix fois de suite et j'ai passé une journée entière sur la place d'Armes à regarder et écouter les passants.»

Quand M. Marciano l'a plus tard approché pour dire qu'il vendait son portefeuille pour des raisons personnelles, M. Bitton était prêt. Il a d'abord acheté le 11-15, rue Notre-Dame Ouest, puis le 200, sur la même rue, et le 249, rue Saint-Jacques. Fin juin, il mettait le grappin sur le 507, place d'Armes.

«J'aime beaucoup le Vieux-Montréal, fait savoir M. Bitton. Si les occasions se présentent, on envisagera d'autres acquisitions potentielles, autant dans les bureaux que dans le résidentiel locatif», ajoute-t-il.

Une préférence pour le partage de bureaux

Pour ce qui est du joyau de son portefeuille, M. Bitton entend miser sur la proximité du palais de justice pour le remplir. Le taux d'inoccupation de la tour de 240 000 pieds carrés atteint actuellement 23%.

«Avec la technologie, les juristes n'ont plus besoin de grands bureaux pour fonctionner», dit-il. L'avenir du 507, place d'Armes passe, selon lui, par la venue de centres d'affaires qui loueront des bureaux aux cabinets indépendants d'avocats et études de notaires. «Ce n'est pas tout le monde qui a les moyens de louer à 50 ou 60$ le pied carré au centre-ville», souligne-t-il.

Le fils de Gad Bitton, Meir, s'occupera de la gérance de l'immeuble. La gestion et la location de la propriété ont été confiées à la société Cogir, dirigée par Mathieu Duguay.

Un partenaire aux poches profondes

M. Bitton est associé à Serruya Private Equity (SPE) dans l'édifice Aldred. SPE détient un portefeuille de plus d'un million de pieds carrés dans la grande région de Toronto. Le holding familial possède notamment l'hôtel King Edward. «Ça nous intéresse toujours d'investir dans des immeubles d'exception comme celui-ci», dit Michael Serruya, cofondateur la chaîne Yogen Früz, dans un entretien.

L'édifice Aldred constitue le premier investissement immobilier de la famille à Montréal. «Nous pouvons toujours nous tromper, mais nous pensons que le marché torontois est en surchauffe, alors qu'il y a encore des occasions sur le marché montréalais. Notre famille souhaite y bâtir un portefeuille significatif au cours des dix prochaines années.»

Ces investissements se feraient idéalement en partenariat avec Gad Bitton, a-t-il précisé.




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