L'ancienne usine Hyundai revient sur le marché

L'usine a été construite en 1987-1988 au coût... (Photo Jean Goupil, archives La Presse)

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L'usine a été construite en 1987-1988 au coût de 450 millions de dollars pour assembler 100 000 voitures par année. Les 840 travailleurs de l'usine Hyundai ont produit moins de 30 000 voitures par année, des modèles Sonata, jusqu'à sa fermeture en 1994.

Photo Jean Goupil, archives La Presse

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André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Vingt ans après avoir assemblé sa dernière voiture Sonata, l'ancienne usine de Bromont du constructeur automobile coréen Hyundai est de nouveau à vendre. Mais avis aux acheteurs intéressés: le prix demandé, de 23 millions de dollars, est 10 fois plus élevé que ce que Hyundai en a obtenu en 2004.

La société immobilière Olymbec, de Montréal, demande 23 millions pour un bien qu'elle a payé 2,6 millions en 2004. Le courtier Jones Lang LaSalle a le mandat de vendre la propriété, laquelle comprend un bâtiment de 1,15 million de pieds carrés et un terrain de 18 millions de pieds carrés.

Olymbec, de Montréal, a accéléré le rythme de ses acquisitions à Memphis, Tennessee ces derniers mois. Elle a aussi fait une incursion dans les marchés d'Atlanta, Géorgie et de Colombus, Ohio. Les fruits de la vente de ses propriétés des Cantons-de-l'Est serviront peut-être à nourrir cette expansion américaine. Olymbec a confié au même courtier la disposition du 290, rue Milner à Cowansville, un local industriel de 80 000 pieds carrés.

Négociateur féroce, la société Olymbec est reconnue pour acheter à vil prix des immeubles impopulaires. Elle les reloue rapidement avec des loyers qui défient toute concurrence.

Ni Richard Stern, vice-président d'Olymbec ni Jean-Philippe Daunais, de Jones Lang LaSalle, n'ont rappelé La Presse.

L'usine de Bromont revient sur le marché au moment où le gouvernement du Québec tente de convaincre un acteur majeur de la construction des véhicules électriques à venir s'établir au Québec.

La première ministre Pauline Marois a rencontré la direction de Volvo au cours de son passage à Davos, tandis que son ministre Jean-François Lisée s'est entretenu, lors de sa mission nippone avec de hauts dirigeants de Nissan, constructeur de la voiture électrique Leaf.

Il serait toutefois surprenant que l'usine revienne à sa vocation originale, confie Benoit Lévesque, commissaire industriel.

«Depuis l'époque de Hyundai, on est passé à autre chose, dit-il. On a une masse critique au niveau de la microélectronique et la fabrication de pointe. On est rendu avec quatre centres de recherche», fait remarquer le conseiller industriel du centre local de développement Brome-Missisquoi.

M. Lévesque trouve plus plausible de recycler le bâtiment manufacturier en un centre de données informatiques. «On a les bons paramètres à Bromont au niveau de l'électricité et de la fiabilité. C'est un actif industriel intéressant, poursuit-il. Les bâtiments sont amortis ce qui représente des opportunités sur le plan immobilier.»

Un nouveau chapitre qui s'ouvre

Quoi qu'il en soit, c'est un nouveau chapitre qui s'ouvre dans l'histoire mouvementée de ce bâtiment gigantesque.

L'usine a été construite en 1987-1988 au coût de 450 millions pour assembler 100 000 voitures par année. Les 840 travailleurs de l'usine Hyundai ont produit moins de 30 000 voitures par année, des modèles Sonata, jusqu'à sa fermeture en 1994.

La fermeture avait causé un choc à Bromont et dans les environs. La masse salariale des travailleurs Hyundai s'élevait à 40 millions par année et l'usine rapportait annuellement 3 millions en taxes à la ville.

De sa fermeture définitive en 1994 à sa vente à Olymbec en 2004, des projets plus prometteurs les uns que les autres se sont succédé. L'ancienne usine automobile a failli également devenir un super motel industriel ou un studio de cinéma digne d'Hollywood.

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DES RUMEURS DEPUIS LONGTEMPS

De tout temps, la propriété a souvent fait l'objet de rumeur. En 2000, Bombardier a songé à y assembler ces futurs avions de la CSeries. L'équipe du propriétaire de l'intrigant constructeur de véhicules hybrides Tectane a visité les installations de Bromont en 2004. Puis, en 2005, il a été question que le détaillant IKEA y aménage un imposant centre de distribution qui aurait occupé la moitié de l'usine. En 2010, l'entreprise ferroviaire espagnole CAF envisageait de s'y installer pour construire les voitures de remplacement du métro. Aujourd'hui, le fabricant d'armoires de cuisine Fabritec est le principal occupant de l'usine du boulevard de l'Aéroport qui est louée à 30%.




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