Le FMI a déploré mardi l'absence de «réel progrès» des États-Unis pour garantir la transparence des sociétés-écrans, qui sont accusées de favoriser le blanchiment d'argent et valent aux pays d'être parfois considérés comme des paradis fiscaux.

«Il n'y a pas eu de réel progrès», a estimé le Fonds monétaire international dans un rapport sur les États-Unis.

Plusieurs États américains, et notamment le Delaware, dans l'est du pays, autorisent la création de sociétés sans exiger que le nom de leur bénéficiaire réel soit identifié, les plaçant virtuellement hors d'atteinte des autorités judiciaires ou fiscales.

«Cela fait longtemps que l'on sait que les entreprises américaines peuvent être détournées de leur usage à des fins de blanchiment d'argent et des délits qui y sont associés», écrit le FMI dans cette annexe à son rapport annuel sur l'économie américaine.

Le célèbre trafiquant d'armes russe, Viktor Bout, surnommé le «marchand de mort», avait utilisé cette technique pour effacer ses traces tout comme l'ex-lobbyiste américain Jack Abramoff, condamné en 2006 à près de six ans de prison pour corruption. Des escrocs à l'assurance-maladie ont suivi la même voie.

Pour mettre fin à ces pratiques, le FMI appelle les autorités américaines à créer «urgemment» un registre des sociétés dévoilant l'identité de leur bénéficiaire réel et auquel les autorités pourraient avoir accès «en temps utile».

Selon le FMI, les établissements, financiers ou non, d'aide à la création de ces sociétés devraient également être tenues d'identifier le bénéficiaire réel et de prendre les «mesures raisonnables» pour vérifier authenticité de ces informations.

Le projet de budget 2015 de l'administration Obama avait fait des recommandations sur le sujet mais il est resté lettre morte, tout comme une proposition de loi bipartisane déposée à intervalles réguliers au Congrès des États-Unis.