Le pétrole porté à New York par les tensions en Irak

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Agence France-Presse
New York

Le pétrole a terminé en hausse lundi à New York après la prise de contrôle par les forces irakiennes du siège du gouvernorat de Kirkouk, une province riche en brut que se disputent Bagdad et la région autonome du Kurdistan.

Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en novembre, référence américaine du brut, a gagné 42 cents pour clôturer à 51,87 dollars sur le New York Mercantile Exchange.

La province de Kirkouk, qui ne fait pas partie de la région autonome du Kurdistan irakien, est au coeur d'un contentieux entre Bagdad et Erbil que le récent référendum sur l'indépendance kurde a encore exacerbé.

Depuis dimanche, l'armée a repris plusieurs zones et infrastructures dont les Kurdes s'étaient emparés en 2014 dans le chaos né de la percée fulgurante de l'EI. Parmi elles, un des six champs pétroliers.

« Jusqu'à présent la menace la plus immédiate [dans la région] était la fermeture par la Turquie du flux de pétrole passant par l'oléoduc allant de Kirkouk à Ceyhan », a souligné James Williams de WTRG Economics.

Avec l'avancée des forces irakiennes, « on ne sait pas vraiment si Bagdad cherche juste à contrôler Kirkouk ou si l'intention est de prendre le contrôle de l'ensemble du Kurdistan », a-t-il noté.

« À quel point la production est perturbée, ce n'est pas complètement clair, mais l'inquiétude grimpe sur une escalade de la situation alors que des échanges de tirs ont déjà eu lieu », a aussi expliqué Michael Hewson, analyste chez CMC Markets.

Les six champs pétroliers de la zone fournissent 340 000 des 550 000 barils par jour (b/j) qu'exporte en moyenne le Kurdistan irakien.

Les Kurdes géraient jusqu'à présent directement trois de ces champs pétroliers, qui produisent 250 000 b/j. Les trois autres - dont Baba Gargar - étaient gérés officiellement par la NOC, institution publique responsable du pétrole, mais les recettes revenaient aux Kurdes.

Le Kurdistan exporte normalement le pétrole via un oléoduc de 1000 kilomètres de long reliant Kikourk à Ceyhan en Turquie.

Ce dernier « va être difficile à protéger, et il nous paraît probable qu'il soit paralysé au moins temporairement dans un futur proche, qu'il s'agisse d'une intervention irakienne, turque ou d'un sabotage », a estimé Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB.

Mais pour Neil Wilson, analyste chez ETX Capital, « toute perturbation des exportations ne devrait être que temporaire, car aucune des parties n'a intérêt à ce que la production soit arrêtée trop longtemps ».




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