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Sécheresses et pénuries d'eau: le Québec pourrait en profiter

Le Québec pourrait tirer profit de ses immenses... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse)

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Le Québec pourrait tirer profit de ses immenses réserves d'eau potable en raison des nombreuses sécheresses dans le monde, croit Desjardins.

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Hélène Baril

La planète a soif. En Californie, en Australie, au Brésil et même dans l'Ouest canadien, la disponibilité en eau suscite de l'inquiétude. La Californie voit diminuer depuis 2012 sa capacité à approvisionner le pays tout entier en produits frais. Cette sécheresse historique, qui ranime les vieux projets d'exportation de l'eau, pourrait chambouler les canaux traditionnels d'approvisionnement alimentaire du continent. Et le Québec pourrait en profiter, selon une étude économique de Desjardins qui sera publiée aujourd'hui.

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Le Québec pourrait tirer profit de ses immenses réserves d’eau potable en raison des nombreuses sécheresses dans le monde, croit Desjardins.

Photo Mike Blake, Archives Reuters

Exporter l'eau

Chaque fois que les sécheresses et les pénuries d'eau font la machette, la possibilité pour le Québec d'exporter l'eau qu'il a en abondance resurgit. Le Québec, qui compte pour 0,1% de la population mondiale, détient 3% des réserves d'eau douce de la planète. La viabilité d'une telle solution reste à démontrer, selon Joëlle Noreau, économiste principale chez Desjardins et auteure de l'étude. Il n'y a pas non plus de consensus sur cette question qui soulève les passions. La Californie a envisagé puis abandonné l'idée d'importer de l'eau potable par bateau ou de construire un aqueduc pour amener l'eau de l'Alaska, en raison des coûts trop élevés.

Technologies à la rescousse

Le recyclage des eaux usées et la désalinisation de l'eau de mer apparaissent comme une solution plus réaliste au problème de pénurie d'eau. De nombreuses villes de la Californie ont recours au recyclage pour rendre les eaux usées suffisamment propres pour pouvoir servir à l'irrigation et au fonctionnement des toilettes. Cette solution implique toutefois la construction d'un réseau de distribution parallèle au réseau d'eau potable. La technologie permet aussi de recycler l'eau usée suffisamment pour la rendre potable. Deux entreprises québécoises ont mis au point des technologies de recyclage et de désalinisation qui sont actuellement utilisées en Californie.

Le troc des cultures

La Californie produit le tiers des légumes et les deux tiers des fruits et des noix consommés aux États-Unis. À cause du manque d'eau, la culture des oignons, de l'ail et des tomates a déjà commencé à diminuer. Le prix des autres cultures est en augmentation, ce qui peut ouvrir des débouchés aux produits québécois, estime l'économiste de Desjardins. « L'État de New York, par exemple, qui compte 20 millions d'habitants, se trouve à 600 km de la province et à plus de 4000 km de la Californie », souligne Joëlle Noreau. Les Québécois, en outre, seront incités par les prix de plus en plus élevés à substituer les légumes californiens par les produits locaux, dont la variété augmente. Les producteurs maraîchers québécois se préparent déjà à tirer parti de ces changements.

Du foin recherché

Cultiver du foin, du mil et d'autres céréales qui servent à l'alimentation du bétail nécessite beaucoup d'eau. C'est une des raisons qui expliquent que le fourrage québécois est déjà exporté aux États-Unis. La sécheresse diminue la capacité de production de nombreux pays, dont l'Espagne, ce qui augmente la demande européenne pour le foin québécois. Des marchés aussi lointains que l'Arabie saoudite sont dans la ligne de mire des producteurs québécois de fourrage. Les coûts élevés de transport peuvent être réduits par le pressage, qui réduit le volume des céréales.

1,51 $ le mètre cube

L'eau que le Québec a en abondance est gratuite, mais en apparence seulement. Le coût de revient de l'eau potable traitée par les municipalités est de 1,51 $ le mètre cube, selon les chiffres du gouvernement du Québec. Le défi est de rénover les réseaux d'aqueduc qui, à cause des fuites et des ruptures, font qu'un litre d'eau traitée sur trois ne se rend pas jusqu'à l'utilisateur. La qualité de l'eau naturelle est aussi en cause, puisque le traitement de l'eau détériorée est plus complexe et plus coûteux. Même s'il n'a jamais manqué d'eau, le Québec reçoit des signaux d'alerte qui doivent l'inciter à préserver ses ressources, selon l'étude de Desjardins, qui rappelle qu'en 2012, les bateaux transitant par la Voie maritime ont dû réduire leur chargement pour pouvoir naviguer en raison des bas niveaux d'eau historiques du fleuve Saint-Laurent.




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