Le pétrole chute, plombé par l'offre américaine et saoudienne

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Agence France-Presse
NEW YORK

Les cours du pétrole ont chuté mercredi à New York et Londres, revenant largement sur leur flambée du début de semaine, face à une série d'éléments laissant craindre une offre toujours élevée des États-Unis comme de l'Arabie saoudite.

Le prix du baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en mai a baissé de 3,56 dollars à 50,42 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), après avoir monté de près de cinq dollars lors des deux précédentes séances pour atteindre mardi son plus haut niveau de clôture depuis le début de l'année.

A Londres, les cours du Brent ont aussi chuté, perdant 3,55 dollars à 55,55 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE).

«On avait observé une hausse très importante en deux jours, les cours gagnant près de 10%, donc ce repli n'a rien d'étonnant», a jugé Matt Smith, de Schneider Electric. «L'environnement est très incertain, donc les prix vont sûrement continuer à beaucoup fluctuer.»

Pour le moment, c'est l'annonce par Washington d'un bond très supérieur aux attentes des réserves américaines de pétrole brut, la semaine dernière, qui a fait plonger un marché déjà dans le rouge à l'ouverture.

Alors que les analystes ne tablaient que sur une hausse de 3,25 millions de barils, le département de l'Énergie a fait état d'une progression de plus de 10 millions, et donné ainsi «un coup bas à un marché qui était entièrement concentré sur ce rapport», a jugé M. Smith.

Certains analystes relativisaient cependant la signification de ce bond des réserves, en soulignant qu'il est largement dû à la hausse des importations, qui ont monté de 870.000 barils par jour pour atteindre plus de 7,7 millions.

«Si les importations repassent sous les 7 millions de barils par jour (mbj) et la cadence des raffineries continue d'augmenter saisonnièrement, nous devrions bientôt éviter une nouvelle hausse des réserves de brut, même sans réduction de la production», a jugé Torbjorn Kjus, analyste chez DNB.

En effet, la production américaine s'est maintenue à plus de 9,4 millions de barils par jour et a ainsi déçu les investisseurs qui espéraient voir s'accentuer un léger repli enregistré lors de la semaine précédente.

Ryad résiste

Inquiet de la surabondance d'offre, qui a contribué à faire chuter de moitié les cours du pétrole depuis juin, le marché n'a pas trouvé plus de soutien à l'international, après des propos jugés peu encourageants d'Ali al Naïmi, le ministre saoudien du Pétrole.

«La production saoudienne a dépassé 10 millions de barils par jour le mois dernier» et a atteint son plus haut niveau depuis plus de 13 ans, a souligné Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.

Le marché scrute particulièrement l'attitude de Ryad, qui domine l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), car, en s'abstenant en novembre d'abaisser son plafond de production, le cartel a largement accéléré la chute des cours.

«Les Saoudiens continuent manifestement à se battre pour défendre leur part de marché», ce qui ne laisse pas attendre de soulagement au niveau de l'offre, a estimé M. Smith.

Pour le moment, M. Naïmi a dit s'attendre à un maintien de la production saoudienne aux alentours de 10 millions de barils par jour et a prédit une amélioration des prix.

Il a également affirmé que son pays, premier exportateur au monde, était prêt à aider à faire remonter les prix du baril, mais qu'il avait besoin pour cela de la coopération des pays OPEP et non-OPEP.




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