La chute des prix du pétrole, provoquant un ralentissement généralisé dans le secteur au Canada, met en péril environ 23 000 emplois, a annoncé jeudi l'Association canadienne des entreprises de forages pétroliers.

Ce groupement professionnel prévoit une baisse importante du nombre de nouveaux puits de pétrole dans une étude basée sur un baril à 55 dollars. Le baril a clôturé à 46,31 dollars jeudi et la Banque du Canada a calqué mercredi ses prévisions sur un baril à 60 dollars.

Le nombre de plateformes actives passera de 370 par jour en 2014 à 203 en 2015, soit une baisse de 41%, a indiqué cette association dans un communiqué.

Cette baisse de l'activité dans le secteur pétrolier et gazier canadien, concentré surtout dans la province de l'Alberta (ouest), devrait entraîner la suppression d'environ 3400 emplois directs et de 19 500 emplois indirects dans d'autres secteurs, selon l'association.

L'impact négatif de la baisse des prix du pétrole sur l'économie du Canada, pays qui est un exportateur net d'or noir, a forcé mercredi la banque centrale canadienne à réduire son taux directeur d'un quart de point, à 0,75%, dans l'espoir de soutenir l'économie par les exportations et la consommation.

Faisant le point sur sa politique monétaire, la Banque du Canada a dit s'attendre à une réduction de près de 30% des investissements dans le secteur pétrolier et gazier canadien en 2015. Or les investissements dans ce secteur représentent environ 30% des investissements totaux des entreprises au Canada, a précisé la banque.

L'organisation de prévision économique Conference Board prévoit de son côté une contraction de 12 milliards de dollars des investissements dans le secteur pétrolier et gazier cette année, situation qui, selon elle, risque de précipiter la richissime province de l'Alberta en récession.