Papier: l'hémorragie se poursuit

La révolution numérique qui a fait mal aux... (Photo Daniel Acker, archives Bloomberg)

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La révolution numérique qui a fait mal aux producteurs de papiers va finir par avoir des répercussions sur la demande des économies émergentes.

Photo Daniel Acker, archives Bloomberg

Hélène Baril

Les pertes d'emplois continuent à s'accumuler dans le secteur des pâtes et papiers, en dépit de la baisse du dollar canadien et des signaux encourageants venus du sud de la frontière et la baisse du dollar canadien.

Les fermetures de deux machines aux usines de Produits forestiers Résolu, à Clermont et à Baie-Comeau, sont les plus récentes de la longue liste de rationalisations annoncées dans ce secteur depuis le début de l'année.

Les perspectives s'améliorent, c'est vrai, mais pas pour le papier journal, explique Frédéric Bouchard, spécialiste du secteur de la forêt chez PwC à Montréal, en soulignant que les licenciements annoncés cette année sont majoritairement dans ce secteur en déclin.

Ce déclin est inévitable et va se poursuivre, selon le spécialiste. Il est grand temps que les producteurs de papier journal arrivent avec des plans de diversification.

L'exportation, notamment vers la Chine et l'Inde où la demande de papier journal reste importante, n'est pas la planche de salut qu'on pensait pour les usines québécoises.

«L'exportation a ses limites, à cause des coûts de transport», souligne Frédéric Bouchard. Et surtout, la révolution numérique qui a fait mal aux producteurs de papier va finir par avoir des répercussions sur la demande des économies émergentes.

Les producteurs de papier journal du Québec vont devoir se repositionner, selon lui. «On peut faire de l'argent dans un marché en déclin, mais il faut savoir quoi faire d'autre avec cet argent, où investir si on veut être encore là dans 10 ou 15 ans.»

Domtar, grand spécialiste des papiers d'impression, a décidé de canaliser ses profits dans un nouveau secteur d'activité, les couches jetables et les produits d'hygiène, où les perspectives de croissance sont meilleures.

Domtar poursuit dans cette voie, avec l'annonce récente d'un investissement de 160 millions US dans son usine d'Ashdown, en Arkansas, pour y fabriquer de la pâte spécialisée dans ces nouveaux produits.

Les autres entreprises devront faire la même démarche, dit Frédéric Bouchard. «Ce secteur va être intéressant au cours des prochaines années.»

De nouveaux produits pourraient être fabriqués avec les copeaux rendus disponibles par la baisse de la production de papier journal, comme des granules pour le chauffage.

Dans l'autre activité importante liée à la forêt, le bois d'oeuvre, l'avenir s'annonce radieux. Selon Exportation et développement Canada, les ventes aux États-Unis pourraient croître de 15% en 2015. Ce sont les ventes de bois d'oeuvre qui mèneront le bal, encouragées par un dollar bas et un redressement du secteur de la construction aux États-Unis.

Production de papier journal au Canada

> 2000: 13 millions de tonnes

> 2014: 4,1 millions de tonnes

Emplois perdus

> Juin: Fortress Paper Thurso: 75 employés

> Juillet: Cascades East-Angus: 175 emplois

> Octobre: Résolu Shawinigan: 275 emplois

> Novembre: Kruger Bromptonville: 98 employés

> Décembre: Résolu Baie-Comeau et Clermont: 120 emplois - Iroquois Falls, en Ontario: 180 emplois




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