Mine du lac Bloom: le temps presse pour Cliffs

Le moment de vérité est arrivé pour la mine de fer du lac Bloom, située à... (Photo François Roy, archives La Presse)

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Sylvain Larocque
La Presse

Le moment de vérité est arrivé pour la mine de fer du lac Bloom, située à Fermont, sur la Côte-Nord: elle cessera ses activités d'ici la fin de l'année si son propriétaire, l'entreprise américaine Cliffs Natural Resources, ne trouve pas de partenaires pour développer une phase II.

C'est le message sans équivoque qu'a lancé mardi le nouveau PDG de Cliffs, le Brésilien Lourenço Gonçalves, au cours d'une téléconférence avec les analystes financiers, sa première depuis son entrée en fonctions en août.

«Pour accroître la rentabilité et réduire nos coûts à moins de 50$US la tonne, la phase II doit être développée», a-t-il déclaré, soulignant que la mine actuelle avait subi une perte d'exploitation de 33 millions US au troisième trimestre.

Trois partenaires en vue

Gonçalves a précisé que l'entreprise était en pourparlers avec 3 partenaires potentiels pour financer ce projet de 450 millions US. Pour une participation de 10% en capital-actions, chacun obtiendrait le droit d'acheter 25% de la production de la phase II. Selon Dominic Lemieux, un représentant du Syndicat des Métallos qui a assisté à une rencontre avec la direction de la mine du lac Bloom la semaine dernière, des aciéristes japonais seraient sur les rangs.

Pour Cliffs, le temps presse. L'arrivée de Lourenço Gonçalves fait suite à des pressions exercées par l'un des principaux actionnaires de Cliffs, le fonds de couverture new-yorkais Casablanca Capital, insatisfait de la gestion de l'entreprise. Mardi, le dirigeant a tenu à dire qu'il avait bien reçu la commande.

L'acquisition de la mine du lac Bloom, faite au prix exorbitant de 4,9 milliards en 2011, était «peu judicieuse», a martelé M. Gonçalves. Il faut dire que les cours du fer ont chuté d'environ 50% depuis.

Cliffs vient d'ailleurs d'annoncer une radiation d'actifs de 5,7 milliards US, dont 4,5 milliards US pour la mine du lac Bloom. L'an dernier, l'entreprise avait déjà enregistré une dépréciation de 1 milliard US pour cette mine.

M. Gonçalves n'a pas peur de se mettre de la pression. «Plusieurs des investisseurs [qui ont appuyé le changement de direction chez Cliffs] ont fait beaucoup d'argent avec Lourenço Gonçalves auparavant, et nous allons en faire ensemble une fois de plus», a-t-il promis.

Action en hausse

En tout cas, il a fait plaisir à bien des actionnaires en affirmant que Cliffs n'aurait pas à assumer les conséquences financières d'une éventuelle fermeture de la mine du lac Bloom. «Il n'y a pas de risque de contamination pour la société mère», a-t-il soutenu. L'action de Cliffs a bondi dans les minutes suivant cette déclaration, clôturant à 11,29$US à la Bourse de New York, en hausse de 22,1%.

Quoi qu'il en soit, les syndiqués de la mine du lac Bloom ont bon espoir que la phase II aille de l'avant, a indiqué M. Lemieux. Le syndicaliste a toutefois souligné que des compressions étaient à prévoir cet automne aux installations de Cliffs à Sept-Îles.




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