Projet Énergie Est: Gaz Métro refuse de payer

La présidente de Gaz Métro, Sophie Brochu, multiplie les... (PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE)

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La présidente de Gaz Métro, Sophie Brochu, multiplie les sorties publiques contre le projet Énergie Est, après avoir tout fait pour éviter ça. Mais plus d'un an de négociations avec TransCanada n'ont rien donné, a-t-elle expliqué, et le temps presse.

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Hélène Baril

Gaz Métro refuse de payer pour le projet Énergie Est de TransCanada, qui réduira la capacité de transport du gaz naturel vers l'Ontario et le Québec et en fera augmenter le prix pour ses clients.

Ce que TransCanada propose, c'est un marché de dupes, a dénoncé hier la présidente et chef de la direction de Gaz Métro, Sophie Brochu. «Ils nous proposent un tuyau plus petit qui serait construit à grand prix pour remplacer un tuyau plus gros dont les coûts sont amortis depuis des années», a-t-elle dénoncé hier à la tribune de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

La présidente de Gaz Métro multiplie les sorties publiques contre le projet Énergie Est, après avoir tout fait pour éviter ça. Mais plus d'un an de négociations avec TransCanada n'ont rien donné, a-t-elle expliqué, et le temps presse.

Hier, Sophie Brochu s'est présentée en compagnie des dirigeants des principaux distributeurs gaziers ontariens, Union Gas et Enbridge Consumer Gas, et avec le directeur principal d'Équiterre, Steven Guilbeault, pour plaider sa cause.

Équiterre s'oppose à Énergie Est, mais pas Gaz Métro, dont la présidente a déjà appuyé publiquement le projet. C'est le tracé du pipeline qui pose problème pour les consommateurs de gaz.

Tel qu'il est actuellement, le projet Énergie Est, qui veut acheminer le pétrole albertain vers l'Atlantique, signifie des augmentations du coût du gaz de 95 millions par année pour les consommateurs du Québec.

«Ultimement, des usines pourraient fermer, et d'autres pourraient choisir de ne pas s'implanter au Québec», a soutenu Mme Brochu.

Le gaz naturel est là, mais la capacité des tuyaux qui l'acheminent vers le Québec et l'Ontario est limitée. L'hiver dernier, alors qu'il a fait très froid, cette capacité a été utilisée à 100%, a fait valoir la présidente de Gaz Métro, et le prix du gaz a grimpé en flèche.

Pour son projet Énergie Est long de 4600 kilomètres, TransCanada veut convertir 3000 kilomètres de tuyaux existants du gaz naturel au pétrole. Ce faisant, la capacité de transport du gaz naturel serait réduite de 20% sur un tronçon du gazoduc, entre North Bay et Ottawa.

Gaz Métro, qui veut prendre de l'expansion dans la liquéfaction du gaz afin de desservir des clients qui n'ont pas accès à son réseau, pourrait voir ses projets contrecarrés par une augmentation du prix du gaz. Ce sont les producteurs de pétrole de l'Ouest qui doivent payer pour leur accès à des nouveaux marchés, pas les consommateurs de gaz naturel, a plaidé sa présidente.

TransCanada, de son côté, affirme que son projet Énergie Est est rentable parce qu'il convertit un lien existant plutôt que de construire à neuf. Les coûts du projet, estimés à 12 milliards, grimperaient de 1 milliard si le tronçon entre North Bay et Ottawa devait être construit à neuf, a expliqué un dirigeant de TransCanada à Bloomberg.




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