Questions pour un patron: assurer la pérennité de La Cage au Québec

Jean Bédard est le président et chef de... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE)

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Jean Bédard est le président et chef de la direction du Groupe Sportscene.

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Emilie Laperrière

Collaboration spéciale

La Presse

La Presse Affaires donne la parole aux grands dirigeants du Québec. Chaque semaine, un patron répond à cinq questions posées par le chef d'entreprise interviewé la semaine précédente. Et ainsi de suite.

Jean Bédard, président et chef de la direction du Groupe Sportscene, répond aujourd'hui aux questions de Louis T. Lemay, président et facilitateur de l'excellence de la firme d'architectes Lemay.

Quels genres d'expériences vous ont amené à diriger une chaîne de restaurants d'ambiance sportive ?

Je suis comptable agréé de formation, mais je suis tombé amoureux du concept de La Cage aux Sports quand j'étais à l'université. Quand j'ai lancé mon bureau de comptables à Saint-Hyacinthe, des amis m'ont demandé de me joindre à eux pour acheter la franchise de la ville. J'ai commencé à m'occuper de l'administration comme franchisé, et c'est vraiment là que j'ai commencé à m'intéresser à la restauration et aux opérations. Quand j'ai eu 30 ans, le fondateur [George Durst] m'a demandé de l'aider avec la société qui avait grandi très vite et qui avait des problèmes de structure et d'organisation. C'est donc un heureux hasard pour moi qui aimais les affaires et le sport.

D'après vous, quelles sont vos principales qualités vous ayant permis d'obtenir votre succès actuel ?

La restauration, c'est - comme on dit en anglais - un people business, un secteur basé sur les gens. La plus grande dépense, c'est les salaires des employés. Pour réussir, il faut que tu aies des compétences sociales, que tu sois bon avec le monde, que tu sois capable d'aller chercher le maximum des gens, que tu les inspires. C'est une de mes forces, m'entourer des bonnes personnes. Il faut aussi dire que les employés sont bien différents d'il y a 20 ans. Il faut les comprendre, changer nos façons de communiquer et s'adapter.

L'attraction et la rétention de talents sont un enjeu majeur pour toute entreprise. Quelle est votre stratégie pour recruter le meilleur personnel ?

La gestion des ressources humaines est beaucoup plus complexe qu'avant. Un peu comme on le fait avec notre marque auprès des consommateurs, on veut établir notre positionnement d'employeur. Je pense que c'est important d'avoir un positionnement clair, de dire quel genre d'employeur tu vas être. C'est plus facile ainsi de recruter et de communiquer un message clair.

La restauration est un domaine très compétitif. Comment réussissez-vous à vous démarquer ?

On a été les premiers à être dans la restauration d'ambiance avec un positionnement sportif. En transformant La Cage, l'aspect nourriture passe vraiment à l'avant-plan de notre stratégie. On veut adapter notre concept de restauration aux nouveaux goûts des consommateurs, qui veulent manger mieux, connaître les ingrédients et manger moins de trucs commerciaux. On passe donc d'un sports bar à une brasserie sportive, avec de la nourriture meilleure et une meilleure offre de bière dans un environnement sportif. Et les résultats sont meilleurs que ce qu'on aurait pensé, ils nous amènent même à accélérer la transformation de notre réseau.

Nous avons récemment été témoins de la vente de chaînes de restaurants à des intérêts hors Québec. Comment envisagez-vous les perspectives d'avenir de La Cage ?

Ça m'a un peu donné un choc quand j'ai vu que St-Hubert avait été vendue. Ça me préoccupe. Je suis un Québécois qui est très fier de ce qu'on a fait. La Cage est une des pionnières dans la restauration. On engage en ce moment un paquet de jeunes au siège social, on renouvelle un peu notre équipe de direction. Je veux qu'on ait les moyens financiers pour s'assurer que La Cage reste au Québec. C'est pour ça qu'on a investi dans sa transformation et qu'on travaille actuellement sur un plan pour assurer sa pérennité. Ce qu'on veut plutôt faire, une fois qu'on aura bien établi notre concept ici, c'est de voir si on peut exporter notre modèle, probablement à Ottawa ou dans les Maritimes.

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À lire la semaine prochaine : le président et fondateur de Trévi, Clément Hudon, répond aux questions de Jean Bédard.

Le parcours de Jean Bédard en bref

Âge : 52 ans

Études : Titulaire d'un baccalauréat en comptabilité de HEC Montréal, il est comptable agréé.

Président depuis : 1995

Nombre d'employés : 2500

Avant de diriger le Groupe Sportscene : Il a eu son bureau de comptables durant plusieurs années. Il a acheté une franchise de La Cage aux Sports avec quatre autres investisseurs, avant d'être embauché au siège social en 1994. Après un mandat de redressement, ses associés et lui ont pris le contrôle de l'entreprise.




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