Cannabis: la SAQ se prépare comme elle le peut en attendant la légalisation

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Dès sa première année, la société d'État estime être en mesure de rapatrier 30 % des parts du marché noir grâce à des prix concurrentiels - qui devraient osciller aux alentours de 6 $ le gramme.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne

Alors qu'il s'affaire à mettre sur pied la future Société québécoise du cannabis (SQDC), le président-directeur général de la Société des alcools du Québec (SAQ), Alain Brunet, «travaille dans le noir» sur certains aspects en attendant que le cannabis puisse être consommé légalement à des fins récréatives au Canada.

Dès sa première année, la société d'État estime être en mesure de rapatrier 30 % des parts du marché noir grâce à des prix concurrentiels - qui devraient osciller aux alentours de 6 $ le gramme.

Si les succursales de la SQDC ainsi que son site web transactionnel sont en mesure de répondre à la demande des consommateurs dès que le cannabis récréatif sera légal, des ajustements seront nécessaires, prévient M. Brunet.

«Les projets de loi (à Québec et Ottawa) n'ont pas été adoptés, a-t-il expliqué au cours d'une table ronde, mardi, au siège social de la SAQ. Cela fait partie du défi.»

Si l'organisation de la vingtaine de points de vente de la SQDC se déroule rondement, des questions subsistent en ce qui a trait à l'embauche et les conditions de travail de ses employés ainsi que sur la manipulation du cannabis dans les succursales.

Voici certains des points abordés par M. Brunet, qui a rencontré les journalistes pendant environ une heure.

Couvrir le territoire:

Le dirigeant de la société d'État estime que les succursales de la SQDC, qui devraient ouvrir rapidement leurs portes une fois qu'il sera possible de consommer de la marijuana à des fins récréatives, couvriront l'ensemble des régions administratives de la province.

Déjà, la SAQ a une bonne idée de l'emplacement des points de vente à Montréal, Drummondville, Trois-Rivières et Lévis, notamment.

Chacune des succursales devrait compter entre 15 et 20 employés. Elles devraient être ouvertes de 10 heures à 22 heures, mais cet horaire pourrait être adapté si les municipalités le demandent.

«Nous allons nous ajuster, a assuré M. Brunet. C'est comme un laboratoire. Cela nous permet de tester des formules.»

Embauche et formation:

M. Brunet a expliqué que l'embauche se fera le plus tardivement possible, environ deux mois avant la légalisation du produit. Une fois qu'ils auront répondu aux conditions de vérification des antécédents, les employés seront formés.

«La base de la formation sur le plan technique du produit, c'est fourni par le ministère de la Santé et des Services sociaux, a précisé le dirigeant de la SAQ. Nous allons transposer cela. On va parler du cannabis, des nuances et des variétés, mais on ne le fera pas dans un souci de vente. La mission de l'entreprise n'est pas de développer le marché.»

Si les produits seront visibles derrière des présentoirs, on ignore pour le moment si les clients pourront par exemple sentir les différents types de cannabis sous la supervision du personnel de la SQDC.

Interrogé sur cette question, M. Brunet a expliqué que la SAQ échangeait avec les autorités provinciales.

«Nous sommes dans la conception du modèle opérationnel, a-t-il dit. C'est là-dessus que nous travaillons avec le ministère. On veut s'assurer, selon les règlements qui vont être mis en place, que nous allons respecter les bonnes pratiques.»

De l'ambiguïté

M. Brunet ne s'en est pas caché: la situation actuelle est particulière pour la société d'État, qui tente de se préparer à la légalisation du cannabis récréatif tout en attendant que Québec et Ottawa adoptent leurs projets de loi respectifs.

Il estime néanmoins qu'une «bonne base» est en place, prenant soin d'ajouter que la SAQ n'avait pas la prétention d'être parfaite.

«C'est de se dire "est-ce que l'on peut jeter de bonnes bases et faire en sorte qu'au fur et à mesure, nous ayons la capacité de s'adapter en fonction de la réalité ?", a affirmé M. Brunet. Il y a beaucoup d'hypothèses.»

Prévenant que le cadre législatif allait continuer de changer, ce qui forcera la SQDC à s'adapter, le président-directeur général de la SAQ a estimé qu'il fallait voir les premières succursales de la SQDC comme des «laboratoires».

Tout sera une question de «gros bons sens», a prévenu M. Brunet. Un «mauvais choix» sera rapidement corrigé, alors qu'une bonne initiative sera poussée encore plus loin.




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