Varennes ne deviendra pas un quartier chinois, assure le maire

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«Les investisseurs veulent favoriser un rapprochement commercial entre les fabricants qui sont en Chine et les acheteurs locaux», explique Martin Damphousse, maire de Varennes, à propos du futur centre de commerce international.

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Yvon Laprade

Collaboration spéciale

La Presse

Alors que des promoteurs chinois s'apprêtent à construire leur centre de commerce international à Varennes, le maire de la ville défend l'investissement de 60 millions de dollars et des retombées annoncées de 1 milliard. Cet optimisme n'est pas partagé par tous, à commencer par le maire de Vaudreuil-Dorion, qui s'est déjà opposé énergiquement au projet.

«Il est vrai que ça suscite des inquiétudes dans la population et chez les commerçants», convient le maire de Varennes, Martin Damphousse, en entrevue à La Presse.

«Mais il n'y a pas lieu de s'inquiéter, insiste-t-il. Il ne faut pas s'attendre à voir débarquer 1000 entrepreneurs avec leurs familles du jour au lendemain. Il n'est pas question, non plus, de créer un quartier chinois à l'intérieur de la ville.»

Des craintes non fondées

Il veut se faire rassurant. Selon lui, les promoteurs chinois sont «conscients» des craintes que suscite leur implantation dans le parc industriel Novoparc, sur un terrain de 1,5 million de pieds carrés qu'ils comptent acquérir du Groupe Robert.

À preuve: vers la fin du mois d'octobre, le bailleur de fonds MITC Management prévoit rencontrer les maires des municipalités environnantes, en présence du maire de Varennes.

«Il faut cesser de raconter toutes sortes d'histoires à propos de leur venue, soulève Martin Damphousse. Ils ne nuiront pas aux commerçants locaux. Un Walmart ou un Costco a des effets beaucoup plus dommageables pour le commerce de détail.»

«Les investisseurs veulent favoriser un rapprochement commercial entre les fabricants qui sont en Chine et les acheteurs locaux», précise-t-il.

L'immigration

Martin Damphousse dit avoir beaucoup appris au cours de sa visite en Chine, en juin dernier, à l'invitation des promoteurs Min Ying Holdings. Il affirme avoir profité de l'occasion pour discuter, sur place, des questions touchant l'immigration, et la venue des entrepreneurs chinois et leurs familles.

«J'ai eu des rencontres avec le consul canadien et l'ambassadeur, dit-il. Les Chinois vont venir ici avec des visas de travail renouvelables, sur six mois ou un an. Les entrepreneurs vont faire des allers-retours entre le Québec et la Chine. Ils vont séjourner dans des hôtels des environs.»

Il ne voit que des aspects positifs. «Nous serons plusieurs à en bénéficier, ajoute-t-il. Ce sera une occasion extraordinaire pour développer davantage le port de Montréal, à Contrecoeur, et pour augmenter le trafic aérien à l'aéroport de Saint-Hubert.»

Vaudreuil-Dorion avait dit un non catégorique

Avant de trouver un terrain à Varennes, les promoteurs chinois ont cogné à la porte de plusieurs municipalités dans la grande région de Montréal. Chaque fois, ils ont rencontré des obstacles.

«On a été les premiers à recevoir leur visite, il y a un peu moins de deux ans, rappelle le maire de Vaudreuil-Dorion, Guy Pilon. Et on s'est arrangés pour leur compliquer la vie pour qu'ils n'investissent pas dans notre ville!»

«Ils s'étaient présentés à nous en posant de nombreuses exigences, ajoute-t-il. Ils voulaient qu'on leur trouve de 300 à 400 terrains, dans les meilleurs endroits, près d'un cours d'eau, pour construire des maisons. Ils ne connaissaient visiblement pas la culture du Québec. Ça m'a allumé des lumières sur leurs intentions.»

Visiblement, le maire n'est pas favorable à l'implantation, en sol québécois, d'un centre de commerce international «qui risque de tuer une partie de notre économie» et «d'éliminer des emplois localement».

«Je connais leur plan, ajoute-t-il. Ils vont prendre des commandes ici, ils vont continuer de faire fabriquer dans leurs usines, et ils vont conserver tous les profits.»

Contrairement au maire de Varennes, il est convaincu que les entrepreneurs chinois vont vouloir vivre dans un même quartier. «Ils ne feront pas d'efforts pour se mêler à la communauté et il y a fort à parier qu'ils vont trouver un entrepreneur qui va accepter de leur construire des maisons.»




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