Les gros ministères économiques échappent aux Québécois

«Nous ne sommes pas là, a déploré le...

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«Nous ne sommes pas là, a déploré le président des Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ), Éric Tétrault, dans une entrevue téléphonique avec La Presse Affaires. C'est la grande déception aujourd'hui.»

Il n'y a pas de Québécois à la tête des grands ministères économiques du gouvernement Trudeau, comme les Finances, le Commerce international et les Ressources naturelles.

«Nous ne sommes pas là, a déploré le président des Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ), Éric Tétrault, dans une entrevue téléphonique avec La Presse Affaires. C'est la grande déception aujourd'hui.»

Le nouveau ministre des Finances, Bill Morneau, est de l'Ontario, tout comme la ministre du Commerce international, Chrystia Freeland, et le ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Singh Bains. Ce dernier ministère semble remplacer le ministère de l'Industrie, un changement de nom qui a soulevé des interrogations.

«Je ne veux pas juger aux mots, mais aux résultats, a déclaré Stéphane Forget, vice-président à la stratégie et aux affaires économiques à la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), dans un entretien téléphonique avec La Presse Affaires. Nous voulons nous assurer que lorsqu'on parle de développement économique, on n'oublie pas l'importance du secteur industriel et du secteur manufacturier.»

L'importance de l'innovation

De son côté, Éric Tétrault craint de voir l'innovation, un enjeu très important pour le secteur manufacturier, se noyer au sein de ce grand ministère.

«Nous comprenons le désir de limiter le nombre de ministres, mais c'est clair que nous avons des appréhensions, a-t-il déclaré. Et le fait que ce n'est pas un ministre du Québec, c'est décevant pour nous. Mais il faudra attendre et voir.»

MEQ et la FCCQ se réjouissent de voir trois ministres montréalais au sein du nouveau conseil des ministres à Ottawa. Toutefois, ils se préoccupent au sujet du sort de l'Agence de développement économique du Canada pour le Québec, qui semble avoir disparu du paysage.

«Ça a toujours été sous la responsabilité d'un ministre important, comme Denis Lebel, a affirmé M. Forget, de la FCCQ. Ça permettait au milieu des affaires d'avoir une oreille attentive sur les enjeux économiques du Québec. Il faudra surveiller cela au cours des prochains jours et des prochaines semaines.»

Éric Tétrault a dit espérer qu'on «sauve les meubles» en confiant l'Agence de développement économique du Canada pour le Québec à un député québécois.

«Nous avons de nombreux programmes en développement avec eux, comme dans le domaine de l'innovation et de la main-d'oeuvre qualifiée, a-t-il souligné. Nous craignons que ça ne se mêle dans une politique nationale qui ne ferait pas nécessairement l'affaire du Québec. S'il faut faire des démarches jusqu'à Toronto ou Ottawa pour attirer l'attention du gouvernement sur des problèmes liés à l'économie du Québec, nous ne sommes pas sortis du bois.»

De l'espoir avec Jean-Yves Duclos

Stéphane Forget trouve cependant un peu d'espoir dans le fait que le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, sera également vice-président du comité chargé de la croissance et de l'innovation, en plus d'être membre de l'important comité des priorités.

«Nous espérons qu'à l'intérieur de ces comités, la place du Québec sera suffisamment importante», a-t-il déclaré.

L'important ministère des Ressources naturelles sera dirigé par un ministre du Manitoba, James Gordon Carr. Un ministère économique de moindre importance, celui de la Petite Entreprise et du Tourisme, sera dirigé par une ministre de l'Ontario, Bardish Chagger.

Navdeep Singh Bains

Le nouveau ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique n'est pas un nouveau venu en politique. Il a été député de 2004 à 2011 et a notamment été secrétaire parlementaire du premier ministre Paul Martin, en plus d'être porte-parole de son parti pour les Travaux publics, le Commerce international, la Petite Entreprise et le Tourisme. C'est lui qui devrait gérer l'épineux dossier de Bombardier.

Chrystia Freeland

La nouvelle ministre du Commerce international est journaliste de profession. Elle a notamment été rédactrice en chef adjointe du Globe and Mail et directrice de la rédaction du Financial Times. Elle a d'abord été élue lors d'une élection partielle en novembre 2013. Elle a été porte-parole de son parti en matière de commerce international, ce qui devrait l'aider dans son nouveau poste. Elle devra notamment se pencher sur le dossier du Partenariat transpacifique.

James Gordon Carr

Le nouveau ministre des Ressources naturelles a eu une carrière éclectique, d'abord comme hautboïste au Winnipeg Symphony Orchestra, puis comme journaliste au Winnipeg Free Press, avant de devenir député à la législature du Manitoba et de fonder le Business Council of Manitoba. Tout nouveau au Parlement canadien, il devra s'occuper de délicats dossiers: les sables bitumineux, les oléoducs et le gaz de schiste.

Bardish Chagger

La nouvelle ministre de la Petite Entreprise et du Tourisme n'a encore jamais siégé dans une législature, mais elle a été chef de cabinet du député Andrew Telegi. Bachelière de l'Université de Waterloo, elle s'est surtout fait connaître dans le milieu communautaire de Waterloo, en Ontario. Elle devra s'attaquer à des dossiers qui préoccupent les petites entreprises de l'ensemble du pays, comme la fiscalité, le fardeau réglementaire et la main-d'oeuvre.




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