Oser exporter, mais avec prudence, dit le président de la BDC

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Jean-René Halde, président et chef de la direction de la Banque de développement du Canada (BDC), souhaite que grimpe la proportion de PME exportatrices, qui représente seulement 9% des entreprises canadiennes.

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Rudy Le Cours
La Presse

Trop peu d'entreprises canadiennes, les petites et les moyennes avant tout, osent exporter. S'il est bien de conclure des accords de libre-échange avec l'Europe ou la Corée du Sud, ça prend avant tout des entrepreneurs pour rendre ces ententes internationales profitables pour le Canada.

Jean-René Halde, président et chef de la direction de la Banque de développement du Canada (BDC), souhaite que grimpe la proportion de PME exportatrices, qui représente seulement 9% des entreprises canadiennes.

«La marque «Made in Canada» est assez bonne à l'étranger», a-t-il rappelé hier devant le Conseil des relations internationales de Montréal.

À ses yeux, ne pas s'être mesuré à la concurrence internationale, c'est se donner l'illusion qu'on est productif et compétitif. «Un jour, la réalité nous rattrape.»

L'erreur trop souvent commise par des entreprises consiste à se concentrer sur le marché local en croissant par augmentation de la gamme de produits.

Pareille approche multiplie les coûts fixes, rappelle le conférencier. Les fabricants qui ont du succès sont avant tout ceux qui excellent avec peu de produits. Ceux-ci leur permettent en revanche de gagner des parts de marché à l'étranger.

Mise en garde

M. Halde met cependant les entreprises en garde contre les risques d'éparpillement ou de débordement d'optimisme, lorsqu'elles se lancent dans la conquête d'un marché étranger ou dans la délocalisation d'une partie de leur production.

Il faut éviter à tout prix de mettre l'entreprise en péril («Never bet the company!»).

Voilà où la BDC peut intervenir: en amont pour préparer l'entrepreneur à son déploiement hors Canada. La mise sur pied d'un comité consultatif formé de personnes s'étant déjà rompues aux affaires avec des partenaires étrangers peut, par exemple, permettre d'éviter bien des pièges.

Il y a aussi la liste de contacts, la connaissance de l'environnement réglementaire, des lois du travail, des réseaux de distribution, etc.

Le cas Ango Mode

Pour illustrer son propos, M. Halde a mené une entrevue avec un des clients de la BDC. Jean-Sébastien Octeau est président d'Ango Mode, un designer de vêtements qui réalise sa production destinée au marché canadien depuis longtemps en Inde, mais qui réussit aussi à percer ce marché, tout comme ceux de la Finlande et, bientôt, des pays baltes.

M. Octeau a compris que le fait d'être détenteur de marques de prestige (Hörst, Klaus Boeher et Modango) représente un atout pour percer dans la plus grande démocratie du monde.

La BDC l'a aidé à prendre contact avec plusieurs distributeurs potentiels, mais c'est M. Octeau qui a choisi celui de Delhi pour prendre pied là-bas.

M. Halde a rappelé que la BDC a conçu des outils qui aident l'entrepreneur désireux d'exporter à faire son diagnostic.

Durant la période des questions venant de la salle, les interventions ont surtout porté sur les particularités de chaque marché, un écueil pour les entreprises mal préparées.




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