Après l'acier et l'aluminium Trump s'attaque aux automobiles

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Si Donald Trump a dans son collimateur les constructeurs allemands en particulier, ces derniers jouent un rôle non négligeable dans les exportations américaines à l'instar de BMW qui assure être le plus grand exportateur automobile des États-Unis depuis 2011 sur la base de la valeur des exportations.

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Ali BEKHTAOUI
Agence France-Presse
New York

À quelques jours de la fin du délai exonérant l'Europe de taxes punitives sur l'acier et l'aluminium, Donald Trump à de nouveau frappé fort mercredi, envisageant d'imposer de nouvelles taxes douanières sur les importations de véhicules aux États-Unis.

«J'ai demandé au secrétaire (au Commerce Wilbur) Ross d'envisager d'initier une enquête sous la Section 232 sur les importations de véhicules, y compris les camions et les pièces détachées, pour déterminer leur impact sur la sécurité nationale américaine», a indiqué le président des États-Unis, cité dans un communiqué de la Maison-Blanche.

Cette annonce est survenue quelques heures après que le président américain a promis sur Twitter «de grandes nouvelles pour nos fabuleux constructeurs automobiles», victimes selon lui de «décennies de pertes de (leurs) emplois au profit d'autres pays».

M. Ross a aussitôt lancé cette enquête, selon un communiqué du secrétariat au Commerce publié peu après celui de la Maison-Blanche.

«Il y a des preuves suggérant que, durant des décennies, les importations depuis l'étranger ont érodé notre industrie automobile nationale», a affirmé M. Ross cité dans ce communiqué, indiquant que «durant les vingt dernières années, les importations de véhicules particuliers sont passées de 32% à 48% du total des véhicules vendus aux États-Unis».

L'enquête devra déterminer «si le recul du nombre de véhicules et la baisse de la production de pièces détachées menacent d'affaiblir l'économie nationale, notamment en réduisant la recherche développement, les emplois pour les travailleurs qualifiés dans le secteur des véhicules connectés et autonomes (...) et les autres technologies de pointe», a encore précisé le ministère.

D'après un article du Wall Street Journal publié peu avant l'officialisation de la nouvelle par la Maison-Blanche, ces taxes, si elles étaient imposées, pourraient culminer à 25% sur les importations de véhicules.

Après cette annonce, les actions des constructeurs d'automobiles japonais chutaient jeudi matin à la Bourse de Tokyo, Toyota, Nissan et Honda perdant entre 1,3 et 2,4%.

Nissan, qui a vendu 1,59 million de véhicules aux États-Unis l'an dernier, affirme en avoir fabriqué 930 000 sur le sol américain, ce qui suppose l'importation de plus du tiers de ses ventes locales.

L'Allemagne visée 

Le constructeur allemand BMW précise quant à lui que 66% de ses véhicules vendus aux États-Unis l'an dernier ont été importés, ce qui représente plus de 200 000 véhicules.

L'américain Ford, qui a vendu 2,6 millions de véhicules sur le territoire américain en 2017, fait état d'une production de 80% de ses véhicules aux États-Unis, les 20% restants provenant pour la plupart des pays partenaires de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), soit le Canada et le Mexique.

M. Trump a déjà maintes fois évoqué des taxes punitives pour protéger l'industrie automobile américaine qui viseraient notamment l'Allemagne, dont les excédents commerciaux exaspèrent le président américain.

Selon lui, les voitures américaines sont frappées de taxes supérieures à celles imposées sur les automobiles européennes.

Les taxes européennes sur les importations de voitures en provenance des États-Unis et des pays hors UE s'élèvent en effet à 10%, quand les droits de douanes américains sur celles en provenance de l'Union européenne ne s'élèvent qu'à 2,5%.

Toutefois, au sein du secteur automobile, les États-Unis taxent les importations de camions et de pick-up (camionnettes à plateau) à hauteur de 25% alors que les importations de ces mêmes produits au sein de l'Union européenne sont taxés dans une bien moindre mesure, à 14% en moyenne.

Les menaces américaines sur les importations de voitures interviennent après la décision de la Maison-Blanche en mars d'imposer des droits de douane de 25% sur l'acier et 10% sur l'aluminium à ses partenaires commerciaux.

Alors que certains, à l'instar de l'Inde, de la Russie et du Japon, ont annoncé ou bien la saisine de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), ou bien une riposte commerciale, l'Union Européenne en est exemptée jusqu'au 1er juin.

La commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström a redouté mardi que sa proposition commerciale pour dissuader les États-Unis d'imposer leurs tarifs soit «insuffisante».




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