L'électrification de la gamme de produits de BRP pas à l'ordre du jour

Le constructeur des Ski-Doo, Sea-Doo et Can-Am avait... (archives La Presse)

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Le constructeur des Ski-Doo, Sea-Doo et Can-Am avait déjà proposé une version électrique du Can-Am Commander, mais environ seulement 200 unités avaient été écoulées.

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La Presse Canadienne

Le constructeur de véhicules récréatifs BRP n'entrevoit pas l'électrification à court terme de ses six gammes de produits, se préparant plutôt au lancement d'une version de son véhicule à trois roues Spyder plus abordable en septembre.

Bien que la conversion des moteurs à combustion soit inévitable, il est difficile de prédire à quel moment se fera la transition, a estimé lundi le président et chef de la direction de la société de Valcourt, José Boisjoli.

«L'électrification, on se met le nez là-dedans, a-t-il dit, en marge d'une allocution devant le Cercle canadien de Montréal. On a (actuellement) de la difficulté à mettre suffisamment de batteries pour éviter des compromis pour les clients.»

En plus de l'espace disponible sur les véhicules tout-terrain, des motomarines, des motoneiges et des véhicules côte à côte, l'autonomie ainsi que la disponibilité des bornes pour recharger les véhicules sont également des éléments qui entrent en ligne de compte.

De plus, M. Boisjoli a concédé que de nombreux propriétaires de véhicules se plaisaient toujours à entendre le vrombissement du moteur de leur Ski-Doo, Sea-Doo, Spyder ou Can-Am.

Cela n'a pas empêché BRP de proposer une version électrique du Can-Am Commander, a rappelé son grand patron, précisant au passage qu'environ seulement 200 unités avaient été écoulées.

«Nous avons un prototype du Spyder hybride et un autre pour un Spyder électrique, a-t-il dit. La problématique, c'est qu'il n'y a pas assez de place pour les piles. L'autonomie est de 30 à 60 minutes selon l'utilisation.»

Un marché de 2 milliards $

Entre-temps, dans l'espoir de stimuler les ventes annuelles de Spyder, qui sont actuellement d'environ 350 millions $, BRP compte offrir dès septembre un véhicule à trois roues dont le prix de vente sera inférieur à 10 000 $ US.

De plus, la société a signé des ententes avec 150 écoles de formation dans 36 États au sud de la frontière pour faciliter la formation des nouveaux acheteurs.

«Il y a certains endroits où les concessionnaires ne sont pas engagés et ce n'est pas de leur faute, a dit M. Boisjoli. Plusieurs écoles de moto ne savent pas comment offrir la formation du Spyder. Nous entraînons des formateurs. On essaie que chaque école soit rattachée à trois ou quatre concessionnaires dans la région.»

En Amérique du Nord, si le taux de pénétration du Spyder devait être la moitié de ce qu'il est actuellement au Québec, la taille de ce marché pourrait représenter jusqu'à 2 milliards $, a estimé M. Boisjoli.

Le dirigeant de BRP a dit ignorer s'il serait possible d'atteindre cette cible, ce qui n'empêche pas la compagnie d'avoir des «plans agressifs» pour le Spyder.

La moto comme tremplin?

Par ailleurs, avec ses six gammes de produits, le constructeur de véhicules récréatifs s'estime bien outillé pour atteindre son objectif de réaliser un chiffre d'affaires d'environ 6 milliards $ à la fin de l'exercice 2021.

Cela n'empêche toutefois pas BRP de tabler sur son cinquième «moment déterminant» de son histoire, ce qui pourrait culminer vers un nouveau produit ou d'autres innovations.

«Le seul critère que j'ai donné à mon équipe, c'est qu'il y a de la valeur ajoutée lorsqu'on a un produit avec un moteur», a précisé M. Boisjoli.

Des analystes financiers ont déjà évoqué la possibilité que BRP puisse effectuer une percée dans l'industrie de la motocyclette afin d'établir son prochain vecteur de croissance, que ce soit par l'entremise d'une acquisition ou le développement à l'interne.

Interrogé, M. Boisjoli n'a pas totalement fermé la porte, rappelant toutefois qu'il s'agissait d'un marché «extrêmement concurrentiel» avec des joueurs bien établis comme Harley-Davidson, Honda, BMW et Yamaha, notamment.

«Si on entrait dans ce marché, nous voudrions y aller avec une technologie pouvant nous différencier, a-t-il dit. Ce n'est pas facile. C'est (néanmoins) quelque chose qui pourrait être perçu comme normal.»

Selon le Conseil de l'industrie de la motocyclette et du cyclomoteur, il s'est écoulé près de 600 000 unités sur le marché américain l'an dernier. En 2006, avant la crise financière, plus de 1 million de motos avaient été vendues.

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Quelques données sur BRP:

- Siège social: Valcourt, en Estrie

- Nombre d'employés: 10 100 répartis dans 26 pays

- Revenus: près de 4,49 milliards $ (exercice 2018)

- Bénéfice net: 274,5 millions $ (exercice 2018)




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