General Motors jette l'éponge en Russie

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Germain MOYON, Mathilde RICHTER
Agence France-Presse

Le géant américain General Motors (GM) est devenu mercredi le premier poids lourd de l'industrie automobile à jeter l'éponge en Russie, d'où il va retirer sa marque Opel et cesser toute production propre face à l'effondrement du marché.

L'annonce du groupe de Detroit, un an jour pour jour après l'annexion formelle de la Crimée par la Russie, illustre les effets de la récession qui s'amorce probablement dans le pays, isolé par la crise ukrainienne et plombé financièrement par la chute des cours du pétrole.

Après s'être contenté comme ses concurrents de réduire ses effectifs et de décréter des périodes de chômage technique, «GM» est finalement passé aux mesures drastiques.

«GM va se concentrer sur le segment premium du marché russe», précise un communiqué, en l'occurrence les marques Cadillac et une poignée d'«icônes américaines» de Chevrolet, notamment la Corvette.

Quant aux véhicules de sa filiale européenne Opel, ils auront disparu des concessionnaires d'ici au mois de décembre.

Conséquence de cette nouvelle stratégie, le constructeur va mettre à l'arrêt d'ici la mi-2015 son usine de Saint-Pétersbourg (nord-ouest), qui emploie un millier de personnes. Il va mettre fin à son contrat pour produire sur les lignes du constructeur russe GAZ à Nijni-Novgorod, à l'est de Moscou.

Le groupe américain n'assemblera donc plus de véhicules en propre en Russie, la production étant désormais limitée à sa société commune avec le russe Avtovaz pour sa Chevrolet Niva, héritier du robuste toute terrain Lada Niva de l'époque soviétique.

Sa décision «n'était pas vraiment attendue mais semble logique: le marché baisse fortement et s'il rebondit, cela se fera lentement», juge Vladimir Bespalov, analyste de la banque VTB Capital. «Dans tous les cas, la concurrence sera très forte dans les années à venir surtout dans les segments de masse» où GM est très présent.

«Certains petits acteurs du marché décideront peut-être aussi de partir mais il n'y aura probablement pas de départ aussi important que GM», avance l'expert.

Crise de long terme

Le marché russe, à un niveau record en 2012, subit une déroute avec l'effondrement du rouble qui plombe le pouvoir d'achat et entraîne de fortes hausses de prix. GM a ainsi vendu trois quarts de voitures en moins en janvier et février qu'un an plus tôt, souffrant bien plus que le marché dans son ensemble (-32%).

Pour aider le secteur, le gouvernement russe prépare un nouveau programme de prime à la casse et des subventions pour les crédits auto.

La grande majorité des constructeurs multinationaux, qui ont investi des sommes importantes en Russie, martèlent de leur côté que la tempête est passagère et que le pays est promis à la première place du podium en Europe.

Le directeur financier de Volkswagen Hans-Dieter Pötsch a déclaré récemment que malgré la situation «difficile», le constructeur ne prévoyait pas de quitter la Russie, mais de produire davantage localement pour le marché russe, réduisant les effets liés aux montagnes russes du rouble.

Même son de cloche pour l'américain Ford qui, malgré des réductions d'effectifs dans son usine près de Saint-Pétersbourg actuellement affectée par une grève, va lancer six nouveaux modèles en Russie cette année.

GM lui-même, qui a investi 300 millions de dollars pour ouvrir son usine de Saint-Pétersbourg en 2008, assurait encore l'été dernier au salon de Moscou que le pays était incontournable pour atteindre ses objectifs de croissance.

Le discours a radicalement changé. Les perspectives «ne sont pas bonnes, non seulement à court terme mais aussi à moyen et long terme», a justifié le patron d'Opel Karl-Thomas Neumann, dans une interview au journal allemand Handelsblatt de jeudi, dont des extraits ont été publiés à l'avance mercredi.

M. Neumann a insisté sur l'objectif de la filiale européenne d'inscrire des bénéfices à l'horizon 2016. Les 70 000 voitures qui devaient être vendues en Russie cette année seront écoulées sur d'autres marchés européens, assure-t-il.

Cette décision, qui va coûter au groupe une charge de 600 millions de dollars dans les comptes de General Motors, «évite des investissements significatifs dans un marché qui présente des perspectives très difficiles à long terme», a plaidé de son côté le président de GM Dan Ammann.




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