Usine d'Olymel: un arbitre donne raison aux travailleurs

Un tribunal d'arbitrage a récemment donné raison à un groupe de travailleurs... (Photo Robert Nadon, archives La Presse)

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Photo Robert Nadon, archives La Presse

Lia Lévesque
La Presse Canadienne

Un tribunal d'arbitrage a récemment donné raison à un groupe de travailleurs d'Olymel qui avaient perdu leur emploi en 2007, lors de la fermeture de l'usine de découpe de porc de Saint-Simon, en Montérégie, ouvrant ainsi la porte à ce que des compensations financières leur soient versées.

Selon la CSN, la centrale à laquelle est affilié le syndicat des travailleurs, la compensation pourrait atteindre 14 millions $ en salaires et avantages sociaux perdus par 406 travailleurs, avec intérêts.

Mais la direction d'Olymel assure qu'aucun montant n'a encore été établi et qu'un éventuel débat à ce sujet resterait à faire.

L'arbitre Claude H. Foisy est catégorique: «j'ordonne à l'employeur de payer à ses salariés de Saint-Simon affectés par la fermeture illégale de l'établissement (...) un montant équivalent aux salaires et avantages prévus dans la convention collective et auxquels ils auraient eu droit, n'eût été de la fermeture hâtive et illégale de leur usine».

Jointe au téléphone mercredi, la direction d'Olymel a affirmé qu'elle n'avait pas encore décidé si elle contesterait cette décision du tribunal d'arbitrage. La décision de l'arbitre est présentement à l'étude, a indiqué le porte-parole d'Olymel, Richard Vigneault.

La saga de l'usine d'Olymel avait défrayé les manchettes, en 2006 et 2007. L'employeur, confronté à une situation difficile dans l'industrie porcine, avait décidé en 2006 de fermer son usine de Saint-Simon et son usine d'abattage de Saint-Valérien, a rappelé M. Vigneault. La fermeture a finalement eu lieu en avril 2007.

À l'époque, le syndicat de l'usine de Saint-Simon avait fait valoir des dispositions d'une lettre d'entente, jointe à la convention collective, qui stipulait que l'employeur devait poursuivre le travail de découpe de porc effectué à l'usine de Saint-Simon jusqu'à la fin de l'application de la convention collective, soit en octobre 2007.

Mais l'usine avait tout de même été fermée en avril 2007, avant la fin de la convention collective - ce qui a donné lieu au dépôt des griefs par le syndicat dont il est question dans la présente décision de l'arbitre.

L'arbitre Foisy affirme qu'«aux termes de la lettre d'entente, l'employeur se devait de continuer à Saint-Simon le travail de découpe de porcs jusqu'à la fin de l'application de la convention collective. En fermant l'usine de Saint-Simon le 20 avril 2007, il a contrevenu à cette obligation et violé la convention collective».

Il concède toutefois qu'Olymel a pu vouloir ainsi assainir sa situation financière. «Il n'y a rien d'anormal à vouloir atteindre la rentabilité, bien au contraire. Cet objectif légitime ne la libère cependant pas de ses obligations. L'engagement de l'employeur de continuer à faire le travail de découpe à Saint-Simon inclut l'obligation de prendre les moyens nécessaires pour remplir son obligation», écrit encore l'arbitre.

«C'est une victoire éclatante, après sept ans de saga judiciaire», s'est exclamé de son côté Jean Lacharité, vice-président de la CSN, au cours d'un entretien téléphonique.

Il espère que la direction d'Olymel ne contestera pas la décision du tribunal d'arbitrage. «Nous, ce qu'on souhaite, c'est de pouvoir s'asseoir avec Olymel pour échanger sur les montants qui sont dus. On a fait nos calculs», a ajouté M. Lacharité.

Il souligne que 17 des travailleurs concernés par la décision sont aujourd'hui décédés.




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